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Moyen-Orient: les États-Unis organiseraient en secret le passage de pétroliers par le détroit d'Ormuz

Rédigé par leral.net le Vendredi 21 Août 2026 à 11:34 | | 0 commentaire(s)|

Le blocus iranien du détroit d’Ormuz ne serait pas aussi hermétique qu’annoncé. Selon le média américain Axios, les États-Unis organiseraient chaque nuit, depuis plusieurs semaines, une opération militaire secrète permettant à 15 à 20 pétroliers de franchir le détroit. Environ 10 millions de barils de pétrole sortiraient ainsi quotidiennement, soit près de la moitié du volume d’avant-guerre.


Moyen-Orient: les États-Unis organiseraient en secret le passage de pétroliers par le détroit d'Ormuz
Ce qu'il faut retenir

► Le président américain Donald Trump a menacé, dans un message publié sur son réseau Truth Social, d’imposer de « terribles » mesures économiques à « tout pays » qui offrirait à Téhéran « une quelconque forme de bouée de sauvetage ». Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, est allé encore plus loin, avertissant que les pays qui ne soutiendraient pas cette guerre économique seraient considérés comme étant « contre nous ». Le ministre iranien des Affaires étrangères a évoqué un « terrorisme économique des États-Unis ».

► Israël a implicitement reconnu avoir mené une frappe contre la base aérienne militaire d'Abou Douhour, au nord-ouest de la Syrie. Selon l'État hébreu, ces frappes visaient des troupes turques qui y étaient déployées. Ankara dénonce des « allégations infondées ». Les États-Unis ont dénoncé une « escalade inutile » israélienne.

► Le président libanais Joseph Aoun s'est rendu ce jeudi à Rome pour rencontrer Sergio Mattarella et Giorgia Meloni. Au cœur des discussions : l’avenir de la Finul, dont le mandat expire à la fin de l’année, et le projet franco-italien d’une force internationale pour lui succéder.

Le pétrole hésite, jaugeant le rapport de force entre Washington et Téhéran

Les cours du pétrole temporisent vendredi, après plusieurs séances de hausse, le marché cherchant l'équilibre entre l'affirmation par les États-Unis que des flux plus importants sortent du détroit d'Ormuz et celle de l'Iran qui dit maintenir le passage bloqué.

Le président du Parlement iranien appelle à une nouvelle stratégie face aux « sanctions injustes » de Washington

Dans un message publié sur son canal Telegram, le président du Parlement iranien, Mohammad Ghalibaf, a reconnu que Téhéran devait revoir sa stratégie face aux pressions américaines. Cette déclaration intervient après les menaces de Washington de faire « chuter le régime » grâce à une vaste offensive de pression économique contre l’Iran. Mohammad Ghalibaf dénonce les sanctions « les plus sévères » jamais imposées à son pays.

Xi Jinping

La Chine affirme que les « sanctions et pressions » américaines sur l'Iran ne sont pas une solution

La Chine a déclaré vendredi que les « sanctions et pressions » américaines ne permettraient pas de résoudre le conflit au Moyen-Orient, alors que Washington exhortait plusieurs gouvernements, dont celui de Pékin, à se joindre aux efforts visant à isoler l'économie iranienne.

« Les sanctions et les pressions ne contribueront pas à résoudre la question », a déclaré Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d'un point de presse, appelant « toutes les parties concernées à prendre des mesures responsables et à résoudre le problème par des voies politiques et diplomatiques. »

Plus de 80% des exportations de pétrole iranien étaient à destination de la Chine avant la guerre, selon la société d'analyse Kpler.

Les États-Unis organiseraient en secret le passage de dizaines de pétroliers par le détroit d'Ormuz

Le blocus iranien du détroit d’Ormuz ne serait pas aussi hermétique qu’annoncé. Selon le média américain Axios, les États-Unis organiseraient chaque nuit, depuis plusieurs semaines, une opération militaire secrète permettant à 15 à 20 pétroliers de franchir le détroit. Environ 10 millions de barils de pétrole sortiraient ainsi quotidiennement, soit près de la moitié du volume d’avant-guerre.

Une fois la nuit tombée, un véritable ballet de navires se mettrait en place dans le détroit d’Ormuz. Selon deux responsables américains cités par Axios, l’opération repose sur un corridor de navigation longeant les côtes omanaises, à l’écart des principales zones surveillées par les forces iraniennes. Cette route serait devenue praticable grâce à la campagne américaine de destruction des radars iraniens. Privé d'une partie de ses moyens de surveillance, Téhéran ne serait plus en mesure de contrôler efficacement ce corridor maritime.

Pour sécuriser ces passages, la marine américaine escorterait les navires, avec l'appui d'avions et de drones. Une opération particulièrement sensible, menée dans le plus grand secret depuis plusieurs semaines.

Une information qui contredit les données de Kpler (une entreprise qui cartographie en temps réel les flux de pétrole et des matières premières dans le monde) indiquant que le nombre ​de navires ayant traversé ​le détroit d'Ormuz ne cesse de baisser. Sept navires seulement auraient traversé le ‌détroit d'Ormuz ce jeudi 20 août, moitié moins que la veille. Il ​n'y aurait ni ​superpétroliers ni méthaniers parmi ces navires.

Le nombre de passages dans le détroit d'Ormuz baisse encore

Le nombre ​de navires ayant traversé ​le détroit d'Ormuz a encore baissé jeudi, montrent ​des données ‌préliminaires publiées ⁠vendredi, ce qui montre ‌que les armateurs continuent de craindre ⁠d'emprunter cet axe essentiel.

Sept navires seulement ​ont traversé le ‌détroit d'Ormuz jeudi, moitié moins que la veille, ‌montrent les données de Kpler. Quatre ​sont entrés dans la voie navigable tandis que trois ​en sont sortis.

Il ​n'y avait ni ​superpétroliers ni méthaniers parmi ces navires. ​Un très grand méthanier – transportant du propane et du butane – a toutefois ⁠transité par le détroit ⁠d'Ormuz, ​selon les données.

Donald Trump

Washington menace les pays qui ne rejoindraient pas sa guerre économique contre l'Iran

Au lendemain d'un post de Donald Trump sur son réseau Truth Social, menaçant de « terribles » répercussions économiques « tout pays » qui aiderait l'Iran dans son effort de guerre, Washington durcit encore le ton et menace cette fois les pays qui ne se joindraient pas à eux.

« Tout pays qui maintiendrait un lien avec Téhéran précipiterait sa propre économie vers les oubliettes, que ce lien soit entretenu volontairement ou délibérément ignoré », a menacé sur X le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent. Sans livrer aucun détail sur les mesures à l'étude, il avait déjà averti peu auparavant que les pays qui ne soutiendraient pas cette offensive seraient considérés comme étant « contre nous », dans un entretien avec la chaîne CNBC.

Les États-Unis ont ainsi pressé leurs alliés et la Chine à rejoindre une vaste opération de pression économique contre l'Iran, censée faire « chuter le régime » de Téhéran sans reprise des opérations militaires. « Nous sommes en quelque sorte dans une nouvelle phase où l'outil le plus efficace que nous ayons est la pression économique que nous pouvons leur imposer », a dit de son côté le vice-président JD Vance, invité d'un podcast conservateur.

RFI