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Nutrition : les députés plaident pour un financement durable au Sénégal

Rédigé par leral.net le Mercredi 17 Juin 2026 à 19:33 | | 0 commentaire(s)|

L’Assemblée nationale, à travers la Commission de la Santé et de l’Action sociale, présidée par l’honorable député Khady Sarr et la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire , présidée par l’honorable député Cherif Dicko, a organisé le mercredi 17 juin 2026 un atelier de plaidoyer consacré à l’intégration des priorités de la nutrition dans le débat d’orientation budgétaire et à la sécurisation des ressources destinées aux interventions nutritionnelles.

Cette rencontre, tenue en partenariat avec Helen Keller International, IBP Sénégal et plusieurs organisations de la société civile, s’inscrit dans le cadre des engagements du Sénégal en faveur de l’Agenda 2030 et du Sommet Nutrition pour la Croissance de Paris (2025).

Les échanges ont mis en évidence l’importance stratégique de la nutrition pour la santé des populations, en particulier celle des enfants, ainsi que pour le développement du capital humain. Les participants ont souligné que le secteur est confronté à plusieurs défis, notamment la réduction progressive des financements extérieurs, l’augmentation des besoins sanitaires, les contraintes budgétaires croissantes, ainsi que les difficultés liées au financement des intrants nutritionnels essentiels tels que les aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (ATPE) et les vitamines. Les coûts logistiques et les défis liés à la distribution des produits nutritionnels ont également été identifiés comme des facteurs limitant l’efficacité des interventions.

Face à ces enjeux, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la mobilisation des ressources domestiques, d’intégrer durablement les produits nutritionnels dans la chaîne d’approvisionnement de la SEN-PNA et de leur accorder une place plus importante dans les politiques budgétaires nationales.

L’atelier avait pour objectif de renforcer les capacités des parlementaires afin de leur permettre de mieux défendre les crédits consacrés à la nutrition lors de l’examen de la Loi de finances rectificative (LFR) de 2026. À cet effet, les députés ont été sensibilisés aux enjeux du financement de la nutrition, aux déficits budgétaires observés dans le secteur ainsi qu’aux mécanismes permettant de protéger et de pérenniser les ressources qui lui sont destinées.

À l’issue des travaux, une note de plaidoyer pour un financement durable de la nutrition au Sénégal a été présentée aux participants. Cette note recommande notamment de renforcer l’engagement politique des parlementaires en faveur des objectifs du Plan stratégique multisectoriel de nutrition (PSMN) 2024-2028 et de faire de la nutrition une priorité budgétaire nationale. Elle préconise également une augmentation progressive des ressources publiques allouées au secteur, une meilleure intégration des interventions nutritionnelles dans les lois de finances et les cadres de programmation budgétaire, ainsi qu’une amélioration de la visibilité, de la traçabilité et de la protection des financements destinés à la nutrition.

Les recommandations portent également sur la sécurisation des ressources affectées à l’achat des intrants nutritionnels, le soutien durable au financement des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi, des vitamines et des autres produits nutritionnels essentiels. Elles invitent en outre à promouvoir l’équité territoriale dans l’allocation des ressources, à renforcer le contrôle parlementaire de l’exécution budgétaire et le suivi des résultats, à développer une culture de redevabilité fondée sur la performance et à accompagner la transition vers un financement domestique durable de la nutrition.

Au cours des discussions, les parlementaires ont également insisté sur l’importance de renforcer la souveraineté alimentaire du Sénégal, d’intensifier les actions de sensibilisation et d’éducation nutritionnelle en direction des populations, notamment des femmes, et de promouvoir les bonnes pratiques d’alimentation infantile ainsi que l’allaitement maternel. Ils ont également plaidé pour le renforcement de la surveillance nutritionnelle des enfants et pour une meilleure valorisation, transformation et consommation des produits locaux.

La rencontre a enregistré la participation des membres des commissions parlementaires concernées, du Conseil national de Développement de la Nutrition (CNDN), de la plateforme SUN de la société civile, d’experts d’IBP Sénégal, de Helen Keller International ainsi que de représentants des médias spécialisés dans les questions de santé.

À l’issue de l’atelier, les participants ont réaffirmé leur volonté commune de faire de la nutrition un levier majeur du développement humain, de la réduction des inégalités et du renforcement de la souveraineté sanitaire du Sénégal.