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ONU : la traite négrière reconnue comme « le crime le plus grave contre l’humanité »

L’Assemblée générale de Organisation des Nations unies a adopté mercredi une résolution historique qualifiant la traite transatlantique des esclaves africains de « crime le plus grave contre l’humanité », ouvrant la voie à des débats sur la mémoire, les excuses et la justice réparatrice.


Rédigé par leral.net le Mercredi 25 Mars 2026 à 22:20 | | 0 commentaire(s)|

Portée par le Ghana, la résolution a été approuvée par 123 États, rejetée par 3 (dont les États-Unis, Israël et l’Argentine) et enregistrant 52 abstentions, notamment du Royaume-Uni et de plusieurs pays de l’Union européenne. Bien que non contraignante, cette décision est qualifiée d’« historique » par ses promoteurs.

Le président ghanéen John Mahama, en première ligne de cette initiative, a souligné la nécessité de « proclamer la vérité » et d’engager un processus de « guérison et de justice réparatrice ». La résolution met en avant la singularité de la traite transatlantique : sa durée de plus de trois siècles, son caractère systémique, sa brutalité et ses conséquences encore visibles aujourd’hui à travers les discriminations raciales et les dynamiques néocoloniales.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a dénoncé l’idéologie raciste qui a légitimé l’esclavage, appelant à « déconstruire le mythe de la suprématie blanche » et à œuvrer pour la vérité, la justice et les réparations. La résolution propose notamment des excuses formelles des États concernés, des compensations pour les descendants, des politiques anti-racistes et la restitution de biens culturels spoliés.

Cependant, le consensus international reste fragile. Les États-Unis et certains pays européens ont exprimé leurs réserves sur les réparations et la portée juridique de cette reconnaissance, estimant que cela introduit une hiérarchisation des tragédies historiques. Pour Accra, il s’agit avant tout de faire reconnaître la spécificité et l’ampleur de la traite transatlantique, sans classer la douleur.

Cette adoption constitue une étape majeure dans la reconnaissance internationale des injustices historiques liées à l’esclavage et relance le débat mondial sur les réparations et la mémoire de la traite négrière.