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PLUS LOIN AVEC...Mamadou Lamine DIALLO, président du mouvement Tekki

Candidat indépendant à l’élection présidentielle de 2007, le professeur Mamadou Lamine Diallo est un homme politique moins bavard que ses pairs. Mais puisque l’occasion fait le larron, la journée du parrain organisée par l’université de Dakar, à laquelle il a pris part, lui a fait parler de la renaissance africaine, plus précisément du monument tant controversé du président Wade.
«C’est ridicule de vouloir représenter la renaissance africaine par un monument»

Par Diacounda SENE le quotidien


Rédigé par leral.net le Jeudi 1 Avril 2010 à 15:36 | | 1 commentaire(s)|

PLUS LOIN AVEC...Mamadou Lamine DIALLO, président du mouvement Tekki
Aujourd’hui, on parle de renaissance africaine. D’ailleurs, le monument de la Renaissance va bientôt être inauguré. Que pouvez-vous dire sur cette question ?
L’Afrique n’a jamais été morte pour renaître. Prétendre que l’Afrique renaît me paraît tout à fait curieux comme philosophie et comme démarche. Je pourrais comprendre, si on faisait référence à la période coloniale, où un certain nombre d’intellectuels africains, formés à l’école française, en réaction à la domination coloniale tendant à nier toute culture toute civilisation et toute histoire au peuple africain, de manière mimétique, disent que l’Afrique doit renaître, comme l’Europe a connu une renaissance au 15e siècle. Mais nous ne nous situons pas dans cette lancée. Puisque l’Afrique, avant l’arrivée des Européens, a produit des intellectuels qui, même s’ils ne produisaient pas en langue française, nous ont laissé un avoir. De ce point de vue, on ne peut pas dire que l’Afrique a été morte pour aujourd’hui renaitre.
L’Afrique traverse certainement par des situations difficiles, mais elle vit encore, par ces langues qui continuent à être parlées, les élites qu’elle produit. Ce qui est l’enjeu aujourd’hui pour l’Afrique, c’est un défi d’émergence, qui fait qu’elle doit exister et se faire respecter par les Etats-Unis, l’Europe, l’Inde, l’Iran, par exemple. Voilà le défi qui interpelle les universitaires, les jeunes et ce n’est un monument qui va relever ce défi. Il faut bâtir de nouveaux savoirs, une capacité scientifique et technique, managériale pour développer l’Afrique, en faire une puissance émergente comme les autres.
Comment voyez-vous ce monument que ces initiateurs ont dénommé celui de la renaissance africaine ?
C’est une statue à la gloire du Président Abdoulaye Wade, qui a envie de marquer l’histoire d’une certaine façon. Mais ce n’est pas un monument ayant une signification idéologique, historique et émotive qui voudrait que les populations se remémorent un événement important. Je trouve d’ailleurs ridicule et déplacé de vouloir représenter la renaissance africaine de cette manière. Et puis ce monument a été fait de manière unilatérale, construit par des Coréens et financé de façon rocambolesque. On a pris des terres qui nous appartiennent, qu’on a vendues. On a financé quelque chose qui ne me paraît pas tout à fait beau. La femme n’est pas représentative d’une Africaine. En tout cas, elle ne représente ni ma mère, ni ma grand-mère, ni ma sœur, encore moins ma voisine. Les priorités ne sont pas non plus dans l’érection d’un monument. Elles sont dans la construction progressive d’une capacité à la fois scientifique et technique. Les priorités de notre pays sont évidemment l’électricité, le renforcement des institutions, le réarmement moral et éthique. C’est tout le sens de la doctrine du mouvement Tekki.
L’échéance électorale de 2012 s’approche, pourrait-on s’attendre à ce que Mamadou Lamine Diallo se présente comme candidat ?
D’abord 2007, on avait lancé le mouvement «Tekki» qui est une réalité politique au Sénégal, qui se développe. Il est évident que de ce point de vue, ce n’est plus Mamadou Lamine Diallo comme candidat indépendant, qui est interpelé. Ensuite, le Sénégal a inventé quelque chose de beau : les Assises nationales, avec ceux qui comptent comme une force vive pour analyser les politiques publiques depuis 50 ans et définir les perspectives à venir. Ce dont il est question aujourd’hui, c’est de regarder les missions principales pour les prochaines années et, à partir de là, il faudra construire l’équipe capable de conduire cette mission. Nous n’en sommes pas à une élection présidentielle anticipée, nous en sommes à la préparation de ce type de mission dont le Sénégal a besoin pour redéfinir ses priorités.
Justement le Sénégal fête ses 50 années d’indépendance. Comment analysez-vous cet évènement ?
En 1960, quand on accédait à l’indépendance, le Sénégal était deux fois plus riche que la Corée du Sud. Par hasard, ce sont des ouvriers coréens qui construisent ce monument ; nous demandons l’aide publique au développement à la Corée du Sud. Ca dit un peu là où nous en sommes. 50 ans, c’est important ; c’est vrai qu’on a acquis des richesses, mais elles ne sont que relatives. Aujourd’hui, 60% des ménages vivent dans la pauvreté absolue ; 90% vivent dans la précarité. Ca donne une idée de ce qu’on a fait de nos 50 ans. On aurait certainement pu faire beaucoup mieux si on avait des élites émergentes à la tête de notre Etat. Malheureusement, l’histoire ne se décrète pas. Donc, il est nécessaire de former ces élites qui vont rattraper le temps perdu et développer le pays. Si le sénégal réussit, l’Afrique réussira et ce sera l’équilibre du monde qui sera sauvegardé.
Stagiaire



1.Posté par diallo beauvais le 01/04/2010 16:47 | Alerter
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suis d'accord avec toi on ne crie sous n'importe quelle forme qu'on se renait, c'est dans la pratique qu'on fait la démonstration, comme le disait Césaire "on ne crie pas sa tigritude, on saute sur sa proie et la dévore".

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