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Pénurie d’eau à Dakar: En attendant le 20 juillet, la souffrance s’accentue dans les ménages


Rédigé par leral.net le Lundi 16 Juillet 2018 à 16:00 | | 0 commentaire(s)|


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Depuis quelques semaines voire quelques mois, les Dakarois ont du mal à étancher leur soif à cause du manque d’eau. Une situation qui a entraîné beaucoup de souffrances chez les populations touchées par cette pénurie.

En plus des factures d’eau toujours au rendez-vous malgré le manque de service rendu, les populations payent très cher la pénurie d’eau, avec l’achat et le transport d’eau, sans compter les nuits blanches et les lourdes charges à porter au deuxième, au troisième étage.

Même si le ministre de l’Hydraulique a tenté à plusieurs reprises de rassurer la population qu’à la date du 20 juillet, la situation sera redevenue à la normale. Cependant, plus cette date approche, plus la situation empire dans les quartiers, selon les témoignages recueillis par le journal EnQuête, dans son édition du lundi 16 juillet 2018. « Nous sommes fatigués. Depuis plus d’un an, si nous avons de l’eau un seul jour, nous restons trois mois sans en avoir », se lamente Fatou Sarr, la cinquantaine. Je voudrais que les autorités m’entendent. Je vis le martyre durant 5 ans que je viens de passer dans cette cité (Fadia). Nous passons la plupart la plupart de notre temps à faire les nuits blanches pour pouvoir puiser de l’eau. Ce n’est pas une vie. Je n’ai personne pour m’apporter les bouteilles que je puise. Je suis obligée de le faire moi-même, malgré mon âge. La dernière fois, je suis tombée dans mes escaliers et j’ai eu une entorse depuis lors. C’est vraiment malheureux.»

Comme la dame Fatou Sarr, certaines sont obligées de recourir à l’eau de la pompe des rares camions-citernes qui sillonnent les quartiers. C’est le cas de Nafissatou Ndiaye, la trentaine, qui quitte l’Unité 17 des Parcelles Assainies pour venir chercher le liquide précieux jusqu’à la Cité Fadia, chez un vendeur de paille qui a, dans ses installations, une pompe directement branchée à la nappe phréatique. « Nous sommes certes conscients du danger que représente cette eau, mais nous n’avons pas d’autres solutions. On n’a pas les moyens d’acheter tout le temps en quantité, de l’eau de source. Et puis on ne peut pas faire le linge ou se laver tout le temps, avec l’eau de source qui coûte très cher », déclare-t-elle.

Comme le dit l’adage, le malheur des uns fait le bonheur des autres, cette situation est en effet une aubaine pour les charretiers. Ces derniers font la navette entre les quartiers pour approvisionner les riverains en l’eau. Des dépenses supplémentaires dont les habitants se passeraient volontiers, sans compter que lesdits charretiers ont augmenté leurs prix de manière drastique. « Voyez-vous, j’habite à seulement quelques ruelles du vendeur d'eau. Mais pour qu’ me transporte les bouteilles d’eau, il  me demande 1 500 ou 2 000 francs. C’est vraiment incroyable dans un pays où les spéculations s’effectuent à tous les niveaux, peste Ibrahima Ndiaye, un jeune marié de 30 ans. Et l’Etat dans tout ça ? ».

Le gouvernement est au banc des accusés dans cette situation. La population pointe du doigt les tenants du pouvoir, déplorant le fait qu’ils les ont alertes plusieurs fois sans suite. « Un gouvernement qui n’est pas capable d’assurer une fourniture correcte en eau et électricité, n’en est pas un », lance dépité, Djiby Ka.





EnQuête avec Ndeye Rokheya Thiane