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Philosophie à l'école : la réforme voulue par Macky Sall n'a jamais vu le jour

Une réforme visant à introduire l'enseignement de la philosophie dès les classes de Seconde et de Première avait été envisagée sous la présidence de Macky Sall. Pourtant, malgré des travaux préparatoires et des propositions concrètes, le projet n'a jamais été mis en œuvre, révèle l'Inspecteur général de philosophie, Bado Ndoye.


Rédigé par leral.net le Mardi 28 Juillet 2026 à 10:56 | | 0 commentaire(s)|

Une réforme ambitieuse restée sans suite

Le débat sur l'enseignement de la philosophie au Sénégal refait surface. Dans une tribune publiée dans Le Soleil et intitulée « L'épreuve de philosophie : au-delà des polémiques », l'Inspecteur général de philosophie, Bado Ndoye, revient sur une réforme initiée sous l'ancien président Macky Sall, mais finalement abandonnée.

Réagissant à une pétition réclamant une révision de l'enseignement de la philosophie, l'enseignant à l'UCAD estime que cette réflexion dépasse largement le cadre d'une simple discipline scolaire. Selon lui, elle pose la question fondamentale de la formation de l'esprit critique, du jugement et de la liberté intellectuelle au sein du système éducatif sénégalais.

Macky Sall voulait élargir l'enseignement de la philosophie

Bado Ndoye révèle que Macky Sall avait demandé qu'une réflexion soit menée sur l'introduction de la philosophie dès les classes de Seconde et de Première. Pour l'ancien chef de l'État, cette matière constituait un pilier essentiel de la formation citoyenne, indispensable au bon fonctionnement d'une démocratie.

Cette initiative était intervenue à une période marquée par l'absence de lauréat en philosophie au Concours général, dont le philosophe Souleymane Bachir Diagne était le parrain.

Un document de travail élaboré

Chargé par l'Inspection générale de philosophie de réfléchir aux modalités de cette réforme, Bado Ndoye affirme qu'un document de travail avait été préparé, accompagné de plusieurs propositions destinées à faciliter sa mise en œuvre.

Toutefois, pour des raisons qu'il dit ne pas connaître, le projet est resté sans suite, probablement en raison des priorités successives du système éducatif.

Un regret face aux inégalités

L'Inspecteur général déplore que cette réforme n'ait jamais abouti. Selon lui, la philosophie ne devrait pas être réservée aux seuls spécialistes, mais constituer un apprentissage accessible à tous afin de développer l'esprit critique des futurs citoyens.

Il s'inquiète également des inégalités entre les établissements privés, où certains élèves sont initiés très tôt à la réflexion philosophique, parfois dès l'école primaire, et les écoles publiques, où cet enseignement intervient généralement à la veille du baccalauréat. Une situation qui, selon lui, risque d'accentuer les disparités sociales et éducatives.