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Plan de paix avec l'Iran : Trump exige que Riyad et Doha signent les accords d'Abraham

Rédigé par leral.net le Mardi 26 Mai 2026 à 11:00 | | 0 commentaire(s)|

Le président américain Donald Trump a exhorté, lundi, les pays à majorité musulmane, notamment l'Arabie saoudite et le Qatar, à normaliser leurs relations avec Israël dans le cadre d'un potentiel accord de paix avec l'Iran.


Donald Trump a exigé, lundi 25 mai, de pays à majorité musulmane, en premier lieu l'Arabie saoudite et le Qatar, de normaliser leurs relations avec Israël dans le cadre d'un potentiel accord de paix avec l'Iran, une contrainte susceptible de compliquer les négociations avec Téhéran.

Dans un long message sur sa plateforme Truth Social, le président américain a énuméré les pays avec lesquels il a parlé samedi dans le cadre des discussions pour mettre fin à la guerre avec l'Iran : "J'ai déclaré qu'après tout le travail effectué par les États-Unis pour tenter de résoudre cette situation très complexe, tous ces pays devraient être obligés, au minimum, de signer simultanément les accords d'Abraham".

Signés en 2020 et parrainés par Donald Trump lors de son premier mandat, ces accords d'Abraham ont mené à la normalisation des relations entre Israël et des pays arabes : les Émirats arabes unis, Bahreïn, Maroc et Soudan. Le Kazakhstan a annoncé en novembre 2025 vouloir signer.

Mais nombre d'États ont jusqu'ici refusé de se joindre à ce processus, en particulier l'Arabie saoudite.

Avec la guerre à Gaza déclenchée par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, Riyad a écarté toute normalisation avec Israël sans la création d'un État palestinien souverain et viable. Un projet auquel s'oppose le gouvernement du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Une requête déjà formulée en octobre 2025

De son côté, le Qatar a joué un rôle de médiateur entre Israël et le Hamas sur Gaza, et Doha accueille depuis 2012 la direction politique du mouvement islamiste palestinien. Mais les frappes inédites d'Israël, début septembre 2025, contre des responsables du Hamas à Doha, avaient ulcéré ce petit pays du Golfe.

"Il me semble hautement improbable de voir à court terme un quelconque élargissement de ces accords", a estimé auprès de l'AFP Aaron David Miller, ancien diplomate américain et chercheur au cercle de réflexion Carnegie Endowment for International Peace.


Il dit ainsi "avoir du mal à prendre au sérieux cette requête" de Donald Trump, soulignant que le président américain l'avait déjà formulée dans le sillage de l'accord sur Gaza en octobre 2025.

Dimanche, déjà, alors que des responsables américains et iraniens faisaient état d'une percée dans les discussions pour trouver un accord mettant fin à la guerre, Donald Trump appelait à "ne pas se précipiter pour conclure un accord" avec Téhéran.

Un "boom financier, économique et social"
Pour le président américain, ce processus de reconnaissance de l'État israélien "devrait commencer par la signature immédiate de l'Arabie saoudite et du Qatar, et tous les autres devraient suivre."

"S'ils ne le font pas, ils ne devraient pas faire partie de cet accord [avec l'Iran], car cela révèle de mauvaises intentions", a écrit le président américain.

Les accords d'Abraham, assure-t-il, "se sont révélés être, pour les pays impliqués," à l'origine d'un "boom financier, économique et social, même en ces temps de guerre et de conflit."

Les Émirats arabes unis, signataires des accords en 2020, ont toutefois été une cible privilégiée de l'Iran depuis le début de la guerre le 28 février.

Pour Aaron David Miller, le "modèle supposé de Dubaï, qui repose sur une certaine sécurité et stabilité, est désormais susceptible d'être remis en question". Ce qui rendrait d'autant plus improbable que d'autres États du Golfe suivent l'exemple émirati et signent les accords d'Abraham.

"Les Saoudiens ne vont pas rejoindre les accords d'Abraham. La rivalité entre l'Arabie saoudite et les Émirats empêche cela", affirme en outre le chercheur, qui souligne que Riyad cherche à obtenir un accord séparé avec Washington.

Donald Trump est même allé lundi jusqu'à évoquer une signature par l'Iran des accords d'Abraham, estimant que "Wow, ça serait franchement quelque chose !", passant outre le fait que les deux pays sont ennemis jurés depuis des décennies.

FRance24 avec AFP