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Port minéralier Bargny-Sendou/ Pour leur indemnisation: Les impactés promettent d’investir la rue

Quatre ans après leur expropriation de leurs terres d’une superficie de 483 hectares pour les besoins de la construction du port minéralier et vraquier de Bargny- Sendou, les impactés du projet courent toujours derrière leurs indemnisations. Et ceci, malgré les multiples instructions données en ce sens par le chef de l’Etat Macky Sall. Déterminés, ils comptent effectuer une marche de protestation les 03 et 10 avril prochains, pour amener le Gouvernement à respecter cette promesse électorale.


Rédigé par leral.net le Mardi 30 Mars 2021 à 21:03 | | 0 commentaire(s)|

Port minéralier Bargny-Sendou/ Pour leur indemnisation: Les impactés promettent d’investir la rue
Les impactées du futur port de Bargny-Sendou haussent le ton. Réunis au sein du collectif Samm Lunu Moom, ils n’entendent plus rester impassibles face aux lenteurs notées dans le traitement de leur dossier. Meurtris et fatigués de courir derrière leurs indemnisations depuis quatre ans, ils demandent à l’Etat de respecter la loi…sur l’expropriation pour cause d’utilité publique. « Nous avons préparé une série de manifestations pour les 03 et 10 avril prochains. Nous comptons effectuer ces marches. Le port a fini de nous prendre 483 hectares et prévoit d’exproprier encore une bande de 250 m d’extension à Sendou et Miname. Ce qui oblige la délocalisation des populations alors qu’il n’y a pas encore de plan d’action à ce niveau », dénonce d’emblée Issa Guèye.

« L’Etat doit respecter la loi sur l’expropriation et travailler sur les plans d’action de réinstallation. En tant que garant de la sécurité des personnes et des biens, il doit veiller au respect de l’application de la loi sur l’expropriation. C’est ce que nous demandons. Nous avons donné nos terres, nous avons tout donné à l’Etat. Il lui revient maintenant de respecter ses engagements vis-à-vis des populations », s’écrie encore Issa Guèye, coordonnateur du collectif des impactés, lors d’un point de presse.

« L’Etat doit respecter la loi sur l’expropriation… »

Derrière les lenteurs notées dans le traitement de leur dossier, les agriculteurs et autres propriétaires terriens voient une insouciance du gouvernement à leur endroit. « Nous avions effectué des démarches auprès des autorités publiques. Des PV de conciliation ont été signés à la préfecture, mais jusqu’à présent, il n’y a rien de concret. Le chef de l’Etat s’est prononcé quatre fois sur le dossier et avait promis en pleine campagne électorale que, dès le mois de février 2019, les gens pourraient rentrer dans leurs fonds », a rappelé Issa Guèye pour s’en écœurer.

Depuis le début du projet en 2017, l’espoir des impactés ne cesse de s’amoindrir d’année en année, pour laisser place au désespoir. Une déception aussi grande que la promesse électorale faite par le président Macky Sall lors de la campagne présidentielle de février 2019. « A notre grande surprise, quatre ans après, rien n’a été fait. Le port continue de progresser dans ses travaux et les impactés ne sont toujours pas entrés en possession de leurs fonds. La pêche est rudement impactée (…). Il y a trop de difficultés », se plaint le coordonnateur du collectif Samm Lunu Moom.

Du côté des impactés, on martèle qu’il n’est plus question de céder face à la boulimie des investisseurs. D’ailleurs, informent-ils, les promoteurs ont émis l’idée de prendre encore quelque 250 mètres dans la commune de Sendou et le village de Miname. « Il n’est pas question, après avoir donné nos champs, de céder encore 250 m dans le village de Sendou. Nous ne reculerons pas d’un iota quitte à y laisser nos vies. L’Etat avait émis l’idée de prendre 250 dans le village de Sendou et un décret a été signé dans ce sens. S’il a renoncé à cela, qu’il le matérialise par décret », fulmine Mamadou Ndoye de Sendou.

Quatre ans après les épisodes des bulldozers, les agricultrices se voient maintenant privées de leur principale activité. Un supplice difficilement vécu par la dame Aby Diop. « Nous avons été surpris par le bruit des bulldozers qui ont réduit à néant nos récoltes qui étaient arrivées à maturation. Après toutes nos démarches à la préfecture avec la signature des PV de conciliation et la promesse en pleine campagne électorale, rien n’est fait pour notre indemnisation. C’est déplorable. Certains d’entre nous ne sont plus de ce monde », se lamente-t-elle dans les colonnes du journal "Le Témoin".



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