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RDC-Israël : Kinshasa annonce le transfert de son ambassade à Jérusalem

Après la visite de Félix Tshisekedi en Israël, la RDC resserre ses liens avec l'État hébreu

Rédigé par leral.net le Samedi 5 Septembre 2026 à 21:01 | | 0 commentaire(s)|

À la suite d'une visite du président congolais Félix Tshisekedi en Israël, la République démocratique du Congo annonce le transfert de son ambassade de Tel-Aviv vers Jérusalem. Kinshasa envisage également d'accueillir une ambassade israélienne, alors qu'un chercheur interrogé par RFI s'interroge sur les motivations de ce rapprochement.


La République démocratique du Congo (RDC) et Israël vivent une phase de réchauffement diplomatique marqué. Cette semaine, le président congolais Félix Tshisekedi s'est rendu dans l'État hébreu, une visite qui s'inscrit dans un rapprochement affiché entre Kinshasa et Tel-Aviv.
À l'issue de ce déplacement, la RDC a annoncé son intention de déplacer son ambassade en Israël, actuellement située à Tel-Aviv, vers Jérusalem. Ce transfert, s'il se confirme, placerait la RDC parmi les rares pays à reconnaître de fait Jérusalem comme siège diplomatique, une position qui reste minoritaire sur la scène internationale compte tenu du statut contesté de la ville.
Par ailleurs, l'ouverture d'une ambassade israélienne à Kinshasa serait à l'étude, selon les informations rapportées par RFI. Cette perspective viendrait consolider davantage les relations bilatérales entre les deux pays.
Un rapprochement qui interroge Interrogé par RFI dans le cadre de l'émission Le Grand Invité Afrique, Jason Stearns, directeur de recherches à l'institut Ebuteli et professeur à l'université Simon Fraser de Vancouver, au Canada, a été amené à commenter les ressorts de cette proximité diplomatique. Selon lui, Félix Tshisekedi figurerait parmi les rares dirigeants africains à entretenir des liens aussi étroits avec Israël.
Ce constat soulève des interrogations sur les motivations qui poussent le président congolais à privilégier ce partenariat. Les questions posées à l'analyste portent notamment sur les enjeux stratégiques, économiques ou sécuritaires qui pourraient sous-tendre ce choix diplomatique, dans un contexte régional marqué par plusieurs défis pour la RDC, notamment dans l'est du pays.
Une diplomatie africaine partagée sur Israël La position de la RDC tranche avec celle d'autres pays africains, dont les relations avec Israël restent plus prudentes ou distantes, notamment en raison du conflit israélo-palestinien et de la question du statut de Jérusalem, ville revendiquée à la fois par Israël et par les Palestiniens comme capitale.
Le choix de Kinshasa de franchir ce pas, en officialisant le transfert de son ambassade vers Jérusalem, pourrait avoir des répercussions diplomatiques, tant sur le plan des relations avec les pays arabes et musulmans que sur la perception de la RDC au sein de l'Union africaine, où les positions sur la question israélo-palestinienne restent variées.
Les enjeux pour la RDC Au-delà de la dimension symbolique du transfert d'ambassade, ce rapprochement pourrait s'inscrire dans une stratégie plus large de diversification des partenariats internationaux de la RDC, un pays confronté à des défis sécuritaires importants, notamment dans sa partie orientale.
Les précisions apportées par Jason Stearns dans l'entretien accordé à RFI permettent d'éclairer les motivations possibles derrière ce choix diplomatique, sans qu'il soit possible, à ce stade, de tirer des conclusions définitives sur les retombées concrètes de ce rapprochement pour Kinshasa.
L'annonce du transfert d'ambassade et le projet d'ouverture d'une représentation israélienne à Kinshasa restent, pour l'heure, les principaux éléments tangibles de cette nouvelle phase des relations entre la RDC et l'État hébreu.