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Recrudescence des négligences coupables dans les hôpitaux : A qui la faute ?

Le cas de la petite Aicha Diallo décédée à l’hôpital de Pikine, faute d’assistance adéquate, vient allonger la longue liste des personnes victimes de négligences coupables des blouses blanches. Le ministre de la Santé promet une enquête et des sanctions. Du déjà entendu…


Rédigé par leral.net le Jeudi 19 Octobre 2017 à 07:00 | | 0 commentaire(s)|

Recrudescence des négligences coupables dans les hôpitaux : A qui la faute ?
Le décès de la petite Aïcha Diallo pour cause de négligence du personnel médical de l’hôpital de Pikine a soulevé des torrents d’indignation et de colère chez les populations. Depuis lors, accusations, contre accusations et dénégations se succèdent. Et le constat est qu’aujourd’hui, ces cas de décès par négligence sont devenus récurrents dans les hôpitaux pour ne pas dire pathologiques. Il serait fastidieux de tous les lister, au point que certains n’hésitent même plus à qualifier les hôpitaux de mouroirs.

Aujourd’hui, pratiquement tous les gorgorgorlous prient pour ne pas tomber malades car ils savent ce qui les attend dans les hôpitaux. Des hôpitaux où la qualité de l’accueil est déplorable alors qu’il est un facteur déterminant pour soulager le malade. Car l’accueil du patient, la confiance, la discrétion et l’attention qu’on lui manifeste peuvent le réconforter et  avoir un effet   considérable sur sa guérison.
 
Malheureusement, le constat est qu’aujourd’hui au Sénégal, les gens ne travaillent plus par vocation mais juste pour se faire de l’argent. Et naturellement sans vocation, point de motivation. C’est pour cela que le personnel hospitalier est aussi inhospitalier et traite le plus souvent les patients comme quantité négligeable. Alors que dans un domaine aussi particulier et sensible, il faut nécessairement  la vocation mais aussi une fibre sensible et surtout, du cœur pour pouvoir soulager ces malades en détresse.

Malheureusement, ces critères indispensables pour une bonne prise en charge des malades sont de plus en plus négligés par les  personnels de santé dont le plus souvent, le recrutement  se fait sur la base du militantisme politique, de l’hérédité,  des liens d’amitié et autres considérations qui n’ont rien à voir avec les compétences. Pendant ce temps, d’autres qui ont le profil et la conscience professionnelle en bandoulière, sont laissés à quai faute de bras longs.
 
 Ainsi sans formation, sans conscience professionnelle, la majeure partie du personnel soignant se comporte selon son bon vouloir, ce qui entraîne souvent des cas dramatiques comme celui de la petite Aicha Diallo qui fait l’actualité.

Seulement il est trop réducteur de mettre tout sur le dos du personnel médical, qui faut-il le rappeler compte en son sein des hommes intègres, dévoués et conscients des responsabilités qui pèsent sur leurs épaules. Aujourd’hui, face au tollé soulevé par ce drame, le ministre de la Santé promet des sanctions, ce qui du reste n’est pas une première.

Car à chaque fois que survient un drame, c’est la même rengaine, on agite des sanctions qu’on aura vite laissé tomber une fois que la clameur se sera estompée, Mais à y regarder de près, l’Etat n’est pas exempt de tout reproche devant le calvaire que vivent les populations dans les hôpitaux. Des hôpitaux qui aujourd’hui sont devenues comme des structures semi-privées, étant donné que pratiquement toutes les charges sont à la solde du patient.
 
Même si la consultation est gratuite dans le cadre de la Cmu, les frais d’hospitalisation, les médicaments de même que les actes chirurgicaux sont à la charge du malade. En réalité, les hôpitaux sont aujourd’hui devenus des services privés qui ne disent pas leur nom, car obligés d’assurer leur propre fonctionnement à partir des recettes tirées des malades.

Même si l’Etat leur alloue une subvention, elle est loin de combler tous les besoins auxquels ils doivent faire face, sans compter les dettes qu’il tarde à éponger. Pour les consommables indispensables à sa fonctionnalité, c’est l’hôpital qui paye sans compter le personnel non étatique qui est aussi à sa charge en plus d’autres charges annexes. Ce qui, le plus souvent, oblige le personnel soignant à réclamer les sous avant les soins car c’est cet argent qui le fait fonctionner.
 
Donc au lieu de promettre des sanctions qui ne viendront jamais, le gouvernement qui est en grande partie responsable de cette situation de détresse que vivent les populations, devrait leur assurer une meilleure couverture sanitaire.

Cela commence par une injection massive de financements dans ces hôpitaux qui sont en réalité plus malades que les malades qu’ils sont censés soigner, faute de perfusion financière. Nul doute que si les milliards engloutis par ces politiciens dont l’utilité reste à démontrer étaient allés dans les caisses des hôpitaux, les patients dont le plus grand nombre sont des gorgorlous, pourraient bénéficier d’un meilleur traitement.

Mais tant  que l’Etat continuera à engraisser des Institutions budgétivores et à entretenir sa clientèle politique au détriment des structures sanitaires, les mêmes causes produiront les mêmes effets.



LA REDACTION LERAL



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