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Report des élections : Moussa Tine appelle au respect du calendrier républicain

Rédigé par leral.net le Dimanche 9 Août 2026 à 18:43 | | 0 commentaire(s)|

Sénégal  Atlanticactu/ Dakar/ Thiès/ Cheikh Saadbou Diarra  De plus en plus de voix se font entre au sujet du report ou non des prochaines élections locales.  Si du côté du camp du président Bassirou Diomaye Faye il ne fait plus aucun doute que le report est une priorité, du côté de Pastef c’est un noet […]
Sénégal 
Atlanticactu/ Dakar/ Thiès/ Cheikh Saadbou Diarra 
De plus en plus de voix se font entre au sujet du report ou non des prochaines élections locales.  Si du côté du camp du président Bassirou Diomaye Faye il ne fait plus aucun doute que le report est une priorité, du côté de Pastef c’est un noet catégorique. Même position pour l’ancien député Moussa Tine qui met en garde face aux nombreuses incertitudes sur le plan politique et social.
À l’approche des élections territoriales de 2027, le calendrier électoral s’impose comme un nouvel enjeu politique. Moussa Tine appelle au respect des échéances et met en garde contre les incertitudes liées à un éventuel couplage avec les législatives, estimant que chaque scrutin doit conserver sa logique et sa lisibilité.
 » Une élection ne se prépare pas seulement le jour où les électeurs sont appelés aux urnes. Elle commence bien avant, dans les textes, les listes électorales, les convocations et surtout dans la connaissance, par tous les acteurs, de la date du scrutin », a déclaré Moussa Tine, qui s’inquiète à quelques mois des élections territoriales prévues en janvier 2027.
Selon Moussa Tine, « Il n’est pas normal qu’un seul camp sache à quel moment on va organiser les élections locales ».
Pour le président de l’Alliance démocratique « Pencco », le Sénégal ne se trouve pas encore dans une impossibilité juridique d’organiser les locales. Le véritable problème se situe ailleurs : dans le retard pris sur les actes préparatoires et dans l’incertitude qui entoure désormais le calendrier électoral.
« Le problème ne date pas de maintenant », tient d’ailleurs à préciser l’ancien député. Selon lui, son camp avait déjà alerté le gouvernement d’Ousmane Sonko, plusieurs mois auparavant, sur les dispositions à prendre pour préparer le prochain scrutin.
« Le droit permet, la démocratie impose la visibilité », tranche l’ancien député.
Moussa Tine ne nie pas que le cadre juridique puisse permettre un report. Le Code électoral prévoit certaines circonstances dans lesquelles une exception peut être faite au calendrier. Mais pour le juriste, cette possibilité ne doit pas transformer le scrutin en rendez-vous à géométrie variable.
Son inquiétude porte surtout sur la prévisibilité de l’élection, qu’il considère comme une exigence fondamentale de l’organisation démocratique. Tous les candidats, tous les partis et tous les électeurs doivent pouvoir disposer de la même information pour se préparer.
Le débat ne porte donc pas uniquement sur la possibilité de repousser les locales. Moussa Tine pose une limite politique et institutionnelle : si un report devait intervenir, il devrait être justifié, expliqué et surtout discuté avec l’ensemble des acteurs.
Il invoque à ce propos la jurisprudence du Conseil constitutionnel sur la durée des mandats. Une fois élu pour cinq ans, un titulaire ne devrait pas voir cette durée modifiée au gré des circonstances politiques. Le report doit donc rester exceptionnel.
Et si le pouvoir estime que des circonstances particulières imposent de revoir le calendrier, le juriste appelle à une concertation. L’Acte 4 de la décentralisation, les questions liées aux cartes d’identité ou encore les difficultés liées aux listes électorales pourraient, selon lui, être exposés autour d’une même table.
« La République, ce n’est pas des hommes. La République, ce n’est pas des partis politiques. Il faut qu’on apprenne à fonctionner sur des principes », lance-t-il.
Pour éviter un clash frontal, Moussa Tine prône un retour à la concertation
En guise de conclusion,  Moussa Tine convoque la sempiternelle question sur la concertation comme si les textes législatifs n’étaient pas assez clairs pour entretenir la démocratie sénégalaise. 
Pour se donner bonne conscience,  l’ancien membre de Jëf Jeel cite le Code électoral de 1992, fruit d’un long processus impliquant les différents acteurs politiques et des experts. Pour lui, cette expérience démontre que les règles électorales gagnent à être discutées avant d’être arrêtées.
Bizarrement,  par la force des discours politiciens, le Sénégal risque à nouveau de se retrouver dans une situation inédite parce que certains politiques craignent le résultat des urnes si les élections locales se tiennent à date échue. Plus grave,  vouloir agiter comme prétexte la réforme sur la décentralisation,  la dissolution de l’Assemblée Nationale, la révision des listes électorales à un possible report ou couplage des scrutins, constituera une nouvelle attaque à la fébrile démocratie sénégalaise et aux principes républicains.


Source : https://atlanticactu.com/report-des-elections-mous...