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SA COPINE DIEYNA BALDE RECONNAIT AVOIR AGI SOUS LE COUP DE LA JALOUSIE Bril Fight4 lui rétorque qu’il a lui aussi eu écho qu’elle était courtisée par des ministres

Rédigé par leral.net le Mercredi 1 Septembre 2021 à 12:39 | | 0 commentaire(s)|

Une victime de prédateurs sexuels, de personnes plus mûres et plus âgées à la recherche de proie, ce sont là les propos de Me Ciré Clédor Ly à la barre pour décrire sa cliente, la chanteuse de 18 ans Dieynaba Baldé, la copine de Bril. Cette dernière a reconnu avoir agi sous le coup de la jalousie à l’endroit de son amant, qui l’a trainée hier devant le juge des flagrants délits de Dakar pour des faitsde vol commis la nuit, collecte illicite de données à caractère personnel, tentative d'extorsion de fonds. Ce, même si son amant dit avoir eu écho qu’elle était courtisée par des ministres.


Dans l'affaire qui oppose Dieynaba Baldé à son copain, l'artiste-producteur Djibril Mbaye Fall alias Bril, on dirait que la montagne a accouché d'une souris. Même si l'accusatrice de Diop Iseg a été lynchée sur les réseaux sociaux où elle a été dépeinte comme une fille de mœurs légères, hier, les débats d'audience ont montré que ce n'était pas en réalité une affaire de sexe. Il s'agissait tout simplement de faits de vol commis la nuit, collecte illicite de donnéesà caractère personnel, tentative d'extorsion de fonds et de complicité desdits chefs. Et c'est sur ces chefs d'inculpation que le juge et le parquet ont fixé leur interrogatoire et non sur autre chose. Car, le président n'a même pas voulu laisser continuer certains qui voulaient extrapoler et détourner les faits, objet de la présente procédure.



Dieyna justifie son acte par sa jalousie et l'infidélité de son amant, lave son frère et présente ses excuses


En effet, après que le rappeur Bril adéposé une plainte contre X pour ces faits, l'enquête a fini par mener les agents sur la piste de sa copine Dieyna. Toutefois, hier, devant le tribunal des flagrants délits de Dakar où elle a été jugée, la dame de 18 ans a réfuté toutes les infractions excepté le vol de portable qu'elle a reconnu. Sur les raisons de ses agissements, elle a tout mis sur le compte de sa jalousie et de l'infidélité de son amant dont elle avait écho. «Ses proches et les miens m'ont appelée et m’ont prévenue de faire attention parce qu'il ne m'aimait pas puisqu'il avait d'autres copines. Je leur ai rétorqué que je l'aimais et lui aussi m’aimait. Je l'estimais aussi. Je le connaissais puisqu'on reste ensemble 24h/24. Après ces mises en garde, j'ai eu des soupçons avant de fouiller son portable. J'ai volé le portable nuitamment au moment où il dormait puisque j'étais chez lui cette nuit-là. Nous avons fait 11 mois de relation. Je voulais protéger notre relation. Parce que je ne pouvais pas concevoir une relation amoureuse avec lui et qu'il ne soit pas sincère envers moi, puisque je suis de nature jalouse. Je ne savais pas que les actes que j'ai posés allaient engendrer tous ces problèmes», dit-elle en présentant ses excuses. Sur le caractère des messages, elle ajoute:«après avoir volé le portable, je ne l'ai remis à personne. Ce sont des messages qu'il s'envoyait avec des filles que j'ai collectés avant de les lui envoyer. Personne ne l'a appelé au téléphone pour le menacer. C'est moi qui ai envoyé ses messages collectés de son portable dans le mien», a laissé croire la gamine qui révèle que la voiture dont fait état son amant et dont il réclame la clé ne lui appartenait pas, mais, dit-elle, c’est à un ami à elle. Elle a au passage déclaré n'avoir pas volé les clés dudit véhicule.


Bril : «s'agissant d'elle aussi, on m'a dit que des ministres la courtisaient»




Sur sa version des faits, le producteur Bril soutient: «c'est le jour de la Tamkharit qu'un individu m'a appelé et menacé de gâcher ma carrière si je ne laissais pas Dieyna. C'est après cela que j'ai reçu 27 captures de messages qui étaient contenus dans mon portable. Elle aussi les a reçues. Jusqu'à présent, on ne m'a jamais envoyé de vidéos. C'était juste des captures d'écran. Ils m'ont intimé l'ordre de laisser Dieynaba,sinon ils allaient publier mes images personnelles alors qu'il y avait juste une photo sur laquelle on me voyait avec une de mes ex. Et elle n'était pas obscène», a narré le rappeur de 34 ans. Poursuivant ses aveux, il assène : «comme elle vient de le dire me concernant, s'agissant d'elle aussi, on m'a mis en garde. Puisque des ministres la courtisaient». Là, le juge a nettement coupé Bril en lui faisant savoir que n'est pas l'objet des débats.



Amadou Aly Baldé, frère de Dieyna : «je n’ai rien à voir avec ça. J’ai juste demandé à Dieyna de quitterBril»



Pour sa part, le grand-frère de Dieyna, Amadou Aly Baldé, étudiant en Licence 3 en Lettres modernes, poursuivi pour le délit de complicité, a indiqué au tribunal qu'il n'est en rien mêlé à cette affaire. Selon lui, il a juste averti sa sœur de l'infidélité de son copain. «Je confirme lui avoir intimé l'ordre de quitter Bril. J'ai appelé ma sœur en lui rapportant les propos que l'ami de Djibril m'a dits sur lui, tout en lui demandant de faire attention. Je ne lui ai jamais conseillé de voler le portable de Bril. Comme elle l'a dit tantôt, elle ne m'a jamais remis ledit portable. Je n'étais pas au courant des faits puisque les faits se sont passés le 14 alors que j'ai quitté Kolda le 13, avant d'aller voir ma sœur le 17», a déclaré ce prévenu.

Me Ciss, avocat de Bril : «Après avoir terrassé un puissant homme d'affaires, Dieyna vient vers Bril…»


Son acolyte Amadou Moustapha Ba alias Pape, poursuivi pour les mêmes faits, a lui aussi nié sa participation dans cette affaire. Le pool des avocats de la partie civile, constitué de Mes Souleymane Soumaré, Abou Alassane Diallo, Mamadou Ciss et Domingo Dieng,a plaidé dans le sens de l'apaisement. Après avoir porté à la connaissance du tribunal le désistement de leur client, Me Ciss n’a pas manqué de s'indigner sur le comportement de la mineure.«Je suis attristé de voir que vous êtes devant des jeunes. Après avoir terrassé un puissant homme d'affaires, elle vient vers Bril. On est au Sénégal et on doit préserver certaines valeurs. Il faut que l'on soit sérieux dans ce pays, personne n'aimerait voir sa fille en compagnie d'un homme hors les liens du mariage. Djibril a tout perdu dans cette affaire», a tonné le conseil.

La représentante du parquet a pour sa part requis l'application de la loi pénale contre les prévenus.


Me Abou Abdoul Daff, avocat de Dieyna : «Elle est entourée de loups. Elle n'est pas une voleuse. C'est elle qui finance Bril»


S'agissant pour la défense, Me Abou Abdoul Daff, après avoir évoqué la«vulnérabilité» de Dieyna, a révélé au grand public que c'est cette dernière qui finançait son copain. «Djibril a le double de l'âge de Dieyna. Je considère qu'elle est victime de ces personnes et des gens qui ont le double de son âge. Elle vous a dit avoir envoyé les vidéos à Djibril. En amour, tous les coups sont permis. Aujourd'hui, on l'a dépeinte comme une vipère qui fait tomber les hommes puissants, alors qu'elle a donné sa beauté physique et celle de son cœur à cet homme. Mais, lui, est-ce qu'il a été capable de l'aider, de l'assister et de la comprendre? Elle est entourée de loups. Ce procès est le procès de la honte! Parce qu'elle est loin d'être dans le besoin. Elle n'est pas une voleuse. C'est elle qui finance ses activités et qui finance cet homme», a pesté Me Daff avant que Me Abou Alassane Diallo qui rouspétait depuis son siège se lèvepour répliquer : «c'est faux». Me Aboubacry Barro, après avoir rappelé que nous sommes devant un tribunal judiciaire et non devant le tribunal des mœurs, a révélé qu'il fallait plaider les faits tels qu’ils sont et ne pas se tromper de combat. Pour sa part, Me Ndèye Anta Mbaye, très en verve, d'ajouter : «après le procès de la morale qu'on lui a fait, on la peint comme une femme tombeuse des hommes puissants. Je ne sais de cette histoire que ce qui a été dit dans ces journaux. Et la vérité qui a été rapportée n'est forcément pas la mienne. La prostituée qu’est l'opinion publique, quand elle frappe à la porte, la vérité sort. Et l'opinion publique n'est pas la mienne. Je ferai abstraction de la personne de Dieynaba, de Bril, du monde où ils évoluent et du fait qu'elle le finance. Cette affaire n'est point une affaire de sexe et c'est ce qui me choque parce que je n'ai pas vu une vidéo montrant une partie génitale. Si elle est attraite à la barre, c'est parce que c'est une affaire simple qui a mal tourné. Je vous demande de relaxer Dieyna parce que je ne vois pas une personne perdue, mais une mineure. Et on peut la sauver».


Me Ciré Clédor Ly :«ce procès est un théâtre alors qu'on s'attendait à un drame. Dieynaest une mineure de 18 ans une victime de prédateurs sexuels, de personnes plus mûres à la recherche de proie»


À sa suite,d'un ton ironique, Me Ciré Clédor Ly a confessé:«ce procès est un théâtre alors qu'on s'attendait à un drame. C'est un théâtre parce que c'est la victime qui a constitué 5 avocats pour défendre Dieynaba Baldé. Ce procès est le procès de l'infantilisme et du chagrin d'amour. Le ministère public l'a compris. Et je lui rends hommage puisqu'il a compris». Poussant le bouchon plus loin, il a précisé que ce sont les enquêteurs qui ont enfoncé sa cliente. «Elle vous dit que son intention était de scruter le portable et de s'assurer s'il le trompait ou non. Et elle a trouvé ce qu'elle craignait. S'il n'y a pas de vol entre époux, peut-il y avoir de vol entre concubins? Je vous pose la question. C'était des concubins qui partageaient une même chambre. C'est la police qui a chargé Dieyna, elle sait pourquoi et je sais aussi pourquoi. Il n'a pas été contesté que ces deux amoureux se partageaient tout et même les codes. Elle a acquis le code de Bril. Le caractère frauduleux n'a pas été caractérisé. Votre serment vous interdit de faire état de ce que vous savez hors de ce dossier, mais de ce qui a été dit à la barre. C'est une mineure de 18 ans qui est une victime de prédateurs sexuels, victime de personnes plus mûres et plus âgées qui sont à la recherche de proie. Il faut le dispenser de peine et ce sera pédagogique», a livré le conseil.
A la fin de leurs plaidoiries, les avocats de DieynabaBaldéont introduit une demande de mise en liberté provisoire, mais elle a été rejetée. Après les débats, le tribunal a fixé le délibéré au 7 septembre prochain.

Fatou D. DIONE



LES ECHOS



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