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Sécurité / Défis de la région frontalière de Kédougou: Timbuktu Institute met en garde l’État

Une étude du Timbuktu Institute, en collaboration avec la Fondation Konrad Adenauer, fait ressortir «des interrogations et inquiétudes» sur la sécurité dans la région de Kégoudou, une zone pourtant culturellement riche, avec des prédispositions au développement sûres.


Rédigé par leral.net le Samedi 29 Mai 2021 à 09:43 | | 0 commentaire(s)|

Sécurité / Défis de la région frontalière de Kédougou: Timbuktu Institute met en garde l’État
L’étude intitulée «Défis transnationaux et sécuritaires aux frontières Guinée-Mali-Sénégal : entre vulnérabilité et résilience : cas de la région de Kédougou», a été présentée jeudi à la Maison de la Presse, à Dakar, en présence de diplomates et d’un représentant du ministère de l’Intérieur, entre autres.

La région de Kédougou, située à l’extrême Sud-est du Sénégal, est frontalière de la Guinée et du Mali. Selon le document consulté par l’Aps, «le partage des frontières avec un pays en crise, le Mali, est un fait légitimant des interrogations et inquiétudes sur la résilience face à l’insécurité malgré les paradoxes très prononcés notés dans la région».

«Au terme de cette recherche, on aura retenu que la région cosmopolite de Kédougou est à la fois une région culturellement riche, avec des prédispositions au développement sûres, mais où la population manque de beaucoup de choses», soulignent les auteurs.

Ils indiquent que «l’existence de socles socioculturels assez forts et une administration en qui les populations vouent une entière considération, sont à coup sûr des éléments de taille dans le maintien du vivre ensemble ».

Néanmoins, font observer les auteurs de l’étude, «l’accueil d’étrangers dans les mines d’or, en plus des pratiques dégradantes qui s’y déroulent, pose de véritables défis sécuritaires pour le Sénégal».

D’où, estiment-ils, «la nécessité de réorganiser le secteur de l’orpaillage mais surtout de veiller à la formation des jeunes dans les domaines miniers, afin qu’il y ait une main-d’œuvre qualifiée conformément aux besoins des entreprises sur place».

Selon eux, «les autorités sénégalaises gagneraient à accélérer les politiques et dispositifs pouvant réduire les frustrations socio-économiques, sources principales de radicalisation des jeunes (…)».

«L’enjeu majeur pour l’Etat du Sénégal, est une meilleure prise de conscience de la nécessité de couper les groupes terroristes, qui opèrent déjà non loin de Kayes, de potentielles couveuses locales au sein des populations, qui semblent ces derniers temps devenir de plus en plus sensibles aux avantages que procurerait une alliance avec des groupes extrémistes ou criminels opérant sur cette frontière sénégalo-malienne, plus que poreuse», soulignent-ils.

Face à ces différents défis, Timbuktu Institute fait plusieurs recommandations afin d’améliorer la sécurité dans une région frontalière comme Kédougou. Selon l’institut dirigé par Pr. Bakary Sambe, il faut «créer de meilleures conditions d’une cohabitation pacifique et d’un vivre-ensemble entre populations voisines, outiller davantage les forces de défense et de sécurité afin que les frontières soient mieux sécurisées et de sorte qu’elles puissent déceler les signaux faibles vers la radicalisation des populations locales».

Dans la série de recommandations, figurent le renforcement de la coopération avec les partenaires internationaux, la formation des leaders religieux, l’organisation de l’exploitation de l’or, la lutte contre le chômage et la marginalisation des jeunes et des femmes.

Il y a également lieu de «prendre en considération la nature changeante de la menace terroriste, avec les nouvelles stratégies des groupes passant par la construction d’alliances progressives avec les populations locales, par le biais d’actions humanitaires ou en pourvoyant des services sociaux de base, là où l’Etat semble absent».




Le Quotidien


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