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Sénégal : Entrée en vigueur d'un durcissement législatif historique contre l'homosexualité

DAKAR – Le cadre juridique sénégalais franchit un seuil inédit en matière de mœurs. Ce mardi 31 mars 2026, la loi n° 2026-08, modifiant l’article 319 du Code pénal, est officiellement devenue exécutoire. Promulgué par le président de la République après son adoption par l’Assemblée nationale le 11 mars dernier, ce texte redéfinit et durcit considérablement la répression des actes dits « contre nature ».


Rédigé par leral.net le Mardi 31 Mars 2026 à 23:05 | | 0 commentaire(s)|

Sénégal : Entrée en vigueur d'un durcissement législatif historique contre l'homosexualité
L’initiative, portée politiquement par le Premier ministre Ousmane Sonko, marque une rupture par la précision de ses termes. Là où l’ancienne législation restait parfois sujette à interprétation, le nouveau texte dispose désormais de manière explicite que constitue un acte contre nature « tout acte sexuel ou à caractère sexuel entre deux personnes de même sexe ». Cette définition englobe également les actes de nécrophilie et de zoophilie.
Un régime de sanctions sans précédent

Le législateur sénégalais a opté pour une politique de fermeté absolue. Les peines de prison pour les contrevenants sont désormais fixées dans une fourchette allant de 5 à 10 ans d’enfermement, assorties d’amendes pouvant atteindre 10 millions de francs CFA (environ 15 000 euros).

La loi se veut particulièrement rigoureuse dès lors que des mineurs sont impliqués. Dans de tels cas, le juge a l’obligation de prononcer la peine maximale. De plus, toute flexibilité judiciaire est écartée : le texte interdit formellement le prononcé du sursis ou la réduction de la peine en dessous du minimum légal.
Vers une criminalisation de la « promotion »

Au-delà de l'acte lui-même, la grande innovation de cette réforme réside dans la répression de « l’apologie ». Toute représentation publique ou activité tendant à promouvoir l'homosexualité, la bisexualité ou la transsexualité est désormais passible de 3 à 7 ans de prison.

Cette mesure cible directement le militantisme et le soutien logistique. Quiconque finance ou appuie délibérément une structure ou une manifestation liée à ces thématiques s’expose aux mêmes sanctions pénales, ainsi qu'à une privation de ses droits civiques pour une durée de dix ans.
Protection contre les dérives

Afin de prévenir une instabilité sociale liée à des accusations sans fondement, les autorités ont introduit un article punissant les dénonciations abusives. Toute personne ayant dénoncé de mauvaise foi un prétendu acte contre nature s'expose à une peine de 2 à 5 ans de prison.

Ce durcissement législatif s’inscrit dans une volonté affichée par les autorités de Dakar de protéger la « moralité publique » et de renforcer la souveraineté juridique du pays face aux pressions internationales. Publiée au Journal officiel le 30 mars, la loi est désormais appliquée sur l'ensemble du territoire national.