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Sites d'aide à Gaza - Des experts de l’ONU dénoncent des « disparitions forcées » de Palestiniens affamés par Israël

Rédigé par leral.net le Jeudi 28 Août 2025 à 22:49 | | 0 commentaire(s)|

Sites d'aide à Gaza - Des experts de l’ONU dénoncent des « disparitions forcées » de Palestiniens affamés par Israël

Des experts des droits de l’Homme de l’ONU ont qualifié de « crime odieux » jeudi des informations faisant état de « disparitions forcées » de Palestiniens affamés en quête de nourriture dans des sites de distribution gérés par la Fondation Humanitaire de Gaza.

 

Les sept experts indépendants ont assuré dans une déclaration commune avoir reçu des informations selon lesquelles plusieurs personnes, dont un enfant, avaient disparu après avoir visité des sites de distribution d’aide à Rafah.

 

L’armée israélienne était « directement impliquée dans les disparitions forcées de personnes cherchant de l’aide », ont ajouté les experts, mandatés par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, mais qui ne parlent pas au nom des Nations unies.

 

« Les signalements de disparitions forcées visant des civils affamés cherchant à exercer leur droit fondamental à se nourrir ne sont pas seulement choquants, mais équivalent à de la torture », ont-ils déclaré. « Utiliser la nourriture comme un outil pour mener des disparitions ciblées et massives doit cesser immédiatement », selon eux.

 

De son côté, la Fondation humanitaire de Gaza (GHF) a déclaré jeudi qu’il n’y avait « aucune preuve de disparitions forcées » dans ses sites d’aide dans les territoires palestiniens, après que des experts de l’ONU ont fait état d’informations sur de telles exactions.

 

« Nous opérons dans une zone de guerre où de graves allégations pèsent contre toutes les parties opérant en dehors de nos sites. Mais à l’intérieur des installations de la GHF, il n’y a aucune preuve de disparitions forcées », a déclaré la fondation dans un communiqué à l’AFP.

 

L’ONU a déclaré une famine dans le gouvernorat de Gaza la semaine dernière, accusant l’« obstruction systématique » des livraisons humanitaires par Israël. Israël, qui a accusé le Hamas de piller l’aide fournie par l’ONU, a imposé un blocus total sur Gaza entre mars et mai.

 

Une fois que les restrictions ont commencé à s’assouplir, la GHF, une organisation privée soutenue par Israël et les États-Unis, a été créée pour distribuer l’aide alimentaire, mettant de fait à l’écart les agences de l’ONU.

 

Le bureau des droits de la personne de l’ONU a déclaré la semaine dernière qu’il avait documenté la mort de 1857 Palestiniens cherchant de l’aide depuis fin mai, dont 1021 près des sites du GHF.

 

La bande de Gaza au « point de rupture »

 

La bande de Gaza, où sévit selon l’ONU une famine, est arrivée à un « point de rupture », a déclaré jeudi la cheffe du Programme alimentaire mondial (PAM), Cindy McCain, après une visite sur place.

 

« J’ai rencontré des enfants qui meurent de faim recevant des traitements pour malnutrition grave, et j’ai vu des photos d’eux quand ils étaient en bonne santé. Ils sont méconnaissables », a affirmé la cheffe de cette agence de l’ONU basée à Rome, citée dans un communiqué.

 

« Le désespoir est à son comble et j’en ai été le témoin direct », a-t-elle ajouté.

 

Ces déclarations interviennent alors qu’Israël a intensifié mercredi ses opérations autour de la ville de Gaza malgré la pression internationale pour mettre fin à son offensive, dénonçant les accusations de famine de l’ONU comme « fabriquées de toutes pièces ».

 

Mme McCain s’est rendue à Deir el-Balah, où elle a visité une clinique maintenant en vie des enfants souffrant de malnutrition et a rencontré des mères déplacées qui lui ont raconté leur lutte quotidienne pour survivre. Elle est également allée à Khan Younès.

 

« Nous devons urgemment être en mesure de relancer notre vaste réseau fiable de 200 points de distribution de nourriture à travers la bande de Gaza, des cuisines communautaires et des boulangeries », a-t-elle affirmé. « Il est urgent que les conditions idoines soient en place afin que nous puissions aider les plus vulnérables et sauver des vies ».

 

Outre la bande de Gaza, la cheffe du PAM s’est aussi rendue en Israël, où elle a notamment rencontré le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, et à Ramallah, où elle s’est entretenue avec le premier ministre palestinien Mohammad Mustafa.

 

« Ce dont nous avons besoin, c’est un cessez-le-feu. Mon cœur va aux mères de Gaza, ainsi qu’aux mères des otages israéliens, dont les enfants meurent de faim actuellement. Assez c’est assez », a jugé Mme McCain.

 

Après avoir interdit en mars l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, Israël a autorisé en mai son retour, même si elle est jugée largement insuffisante par les agences humanitaires.

 

Le 22 août, l’ONU a officiellement déclaré la famine dans ce territoire palestinien et en a attribué la responsabilité à Israël, en se fondant sur un rapport du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un organisme mandaté par les Nations unies.

 

Israël, qui a affirmé qu’il n’y avait « pas de famine à Gaza », a exigé mercredi que « l’IPC retire immédiatement son rapport fabriqué de toutes pièces ».

 

Des images de l’AFP montrent quasiment chaque jour des Palestiniens, dont de nombreux enfants, tendant des casseroles vides à des organisations caritatives pour obtenir de la nourriture dans plusieurs secteurs de la bande de Gaza. [Avec AFP]

 



Source : https://www.impact.sn/Sites-d-aide-a-Gaza-Des-expe...