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Son immeuble de 518 millions cfa exproprié et démoli, Mar Diop déballe : "Ce que le Président Macky Sall m'a dit (...) J'ai été dépossédé de force de mon bien par le Préfet Ibrahima Sakho, Ousseynou Guèye (...) Le même terrain a été rem

Son cas n'en demeure pas moins atypique. Victime d'une expropriation de son immeuble de plus de 900 m2 jadis niché sur Sipres, Mar Diop, plus connu sous le sobriquet de "Bro", brise le silence et déballe sur "ceux qui sont au coeur de cette démolition arbitraire". A la rencontre d'un "self made man", comme il se définit, lequel dit ne réclamer " " que justice, rien que la justice"!


Rédigé par leral.net le Mardi 5 Mai 2015 à 14:02 | | 0 commentaire(s)|

Son immeuble de 518 millions cfa exproprié et démoli, Mar Diop déballe : "Ce que le Président Macky Sall m'a dit (...) J'ai été dépossédé de force de mon bien par le Préfet Ibrahima Sakho, Ousseynou Guèye (...) Le même terrain a été rem
Imposant, il y'avait à côté de son gymnase sur Sipres un parking pour location et vente de véhicules. Son gymnase, réputé à l'époque, était couru par les adeptes de renforcement musculaire. Aussi, trouvait-on "chez Bro" de bons coachs pour le renforcement musculaire, mais également tout l'arsenal pour les mordus de culturisme.
Il acquit cette expérience en Allemagne où il séjourna pendant plus de deux décennies. Entreprenant, "Bro" investit ainsi toutes ses économies sur cette bâtisse. "Entre les véhicules que je louais ou vendais et l'érection de l'immeuble, j'avais investi la bagatelle de 500 millions f cfa", fait savoir Mar Diop, le brin à a fois nostalgique et amer.

"Je tenais, poursuit il, à apporter ma pierre à l'édifice d'un Sénégal émergent, pour reprendre ce terme fort usité ces derniers temps, malheureusement des gens sournois ont réussi à détruire ce projet que je considérais comme un patrimoine national. Je ne devrais pas le dire, mais il m'arrivait de faire dans le social pour mes compatriotes, notamment ceux, sportifs et amateurs, qui sont dans le besoin de s'entraîner, mais dépourvus de moyens ou ceux qui avaient d'autres besoins. Bref j'ai été exproprié de ce projet, qui a été démoli par je ne dirais pas des autorités, mais des affairistes à l'esprit mercantile "

Invité à être plus explicite, il révèle que c'est le célèbre gouverneur Sambou qui lui avait octroyé le terrain de plus de 900 m2. "La seule condition était de valoriser ce terrain, mais à peine le projet érigé que l'ancien Préfet de Dakar, Ibrahima Sakho, escorté par des gros bras, se sont présentés pour tout démolir. Je n'avais que mes yeux pour pleurer. Jusqu'au moment où je vous parle, elles (les autorités) n'ont absolument rien à me reprocher. Peut être le fait que l'on me surnomme Bro (ndlr: un garde du corps de l'ancien Président Wade porte ce même surnom). Ils ont réussi, aidés en cela par certaines organes de presse, à entretenir ce flou dans la tête de certains, en faisant croire que c'est l'autre Bro, garde du corps, qui serait le propriétaire de ce terrain démoli. Un raisonnement spécieux, une manière subtile de dire que cette expropriation suivie de cette démolition entre dans le registre de la traque des biens supposés mal acquis, or que tel n'est pas le cas. J'ai gagné mon argent à la sueur de mon front. Je ne connais même pas Abdoulaye Wade, je ne l'ai jamais rencontré de ma vie (...)"



Une confusion entretenue sur le surnom de Bro

Pour toute réponse au motif de la démolition de son édifice, Mar Diop, étreint par l'émotion, renchérit que "les autorités, notamment l'ancien Préfet dont je vous ai parlé tantôt, avaient expliqué avoir détruit l'imposant bâtiment parce que celui-ci était, selon elles, la cause des inondations dans toute cette zone".

En fait, il a été reproché à Bro d'avoir érigé son complexe sur la canal qui doit évacuer les eaux de pluie. Mais bizarrement, quelques mois après le passage des bulldozers qui ont tout nettoyé aux alentours de l'école née de la coopération sénégalo-japonaise, des ouvriers travaillent jour et nuit sur le site. Et pas pour refaire la canalisation comme l'avaient promis les autorités, mais pour une extension, entre autres construction de tribunes du terrain de l'école contiguë à son désormais ex gymnase.

Et, Bro de préciser : "cette démolition est l'oeuvre de Ousseynou Guèye, directeur du CFPT, appuyé par l'ancien préfet de Dakar devenu gouverneur de Saint-Louis, Ibrahima Sakho".
Il rit sous cape, lorsque nous lui avons demandé s'il n'a pas été exproprié pour utilité publique. "Mon oeil, ces autorités dont je vous ai parlé ont été imprécises, pas clair, notamment sur les travaux à exécuter. Ils ont d'abord parlé de canaux d'évacuation, ils ont encore varié pour parler d'extension de l'école japonaise, etc..."

Ce qui est cocasse dans cette affaire, le même terrain a été cédé à un certain Cheikh Tidiane Gaye, lequel, selon Bro, serait parent d'une grande figure politique du Sénégal.
"J'ai eu à entreprendre des démarches aux fins d'en savoir davantage sur les raisons de cette affaire, mais le maire de la zone (ndlr: Grand Yoff) m'a confirmé que le même terrain a été cédé à un certain Cheikh Tidiane Gaye par un de ses agents de la mairie répondant au nom de Amadou Yoro Barry qui a reçu 800 000 f cfa", se désole, avec amertume, Bro. Non sans dénoncer la violence avec laquelle il a été dépossédé de son terrain avant d'être jeté dans la rue comme un malpropre, "sans aucune indemnité, sans respect pour ma propriété, mais aussi et surtout ma dignité".

A la question de savoir la suite qu'il entend donner à cette affaire, Mar Diop de hausser les épaules avant de lâcher, la mine toute désespérée: "Le dossier est entre les mains de la justice, mais j'interpelle le Président Macky Sall sur ce cas, lui qui a de tous temps prôné une rupture, une gouvernance sobre et vertueuse. S'agissant de cette même affaire, le chef de l'Etat m'avait reçu et m'avait mis en rapport avec le ministre Abdoulaye Daouda Diallo, à l'époque ministre du Budget aux fins de résoudre cette équation. Mais, depuis lors, rien, l'affaire a végété jusqu'à la démolition. Et, pourtant le Président avait donné des instructions fermes, mais rien n'a été fait. Mais enfin!"

La stupeur passée, Bro, qui ne veut "se laisser abattre", a réussi, une année après par on ne sait quelle alchimie, à ériger un gymnase dernier cri sur l'artère dite "deux voies de Liberté 6".

N'empêche, il ne désespère pas que cette affaire connaisse son épilogue, "disons plutôt que justice soit rendue".
Affaire à suivre...





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