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Thiès : un guérisseur condamné à 10 ans de réclusion pour viol lors d’un « bain mystique »

Le guérisseur G. Diop a été fixé sur son sort ce mardi 12 mai par la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Thiès. Il a été reconnu coupable de viol et de charlatanisme sur une jeune femme identifiée sous les initiales K. Tine, et condamné à 10 ans de réclusion criminelle.


Rédigé par leral.net le Mercredi 13 Mai 2026 à 10:14 | | 0 commentaire(s)|

Les faits se seraient déroulés à Tatène Sérère, dans la commune de Notto Diobass.

Un « bain mystique » à l’origine de l’affaire

Selon les éléments du dossier, l’affaire a débuté le 5 juin 2023 lorsque la victime a déposé plainte auprès de la Section de recherches de Thiès. Souffrant de troubles qualifiés de « crises mystiques (farou rab) » depuis 2019, elle s’était rendue chez le tradipraticien G. Diop sur recommandation d’un proche.

Lors de sa seconde visite, accompagnée de membres de sa famille, le guérisseur lui aurait proposé un « bain mystique » dans un espace isolé appelé « khambe ». C’est dans ce contexte que les faits dénoncés auraient eu lieu.

Le récit de la victime et les éléments médicaux

La victime a déclaré que le guérisseur l’aurait agressée sexuellement lors du bain, provoquant une perte de connaissance. À son réveil, elle aurait constaté des douleurs et des saignements.

Un certificat médical versé au dossier a confirmé la présence d’une déchirure hyménéale récente avec saignement au contact, corroborant les accusations.

Des versions contradictoires de l’accusé

Au cours de la procédure, le mis en cause a livré plusieurs versions. Lors de l’enquête, il a d’abord nié les faits, avant d’admettre devant le juge d’instruction une pénétration forcée. À l’audience, il est finalement revenu sur ses déclarations, niant toute relation sexuelle et affirmant que la victime se lavait seule.

Une condamnation malgré le pardon de la victime

Bien que la victime ait exprimé son pardon à travers une lettre de désistement, le ministère public a estimé que les faits étaient établis. Le procureur avait requis 15 ans de réclusion criminelle.

La défense, assurée notamment par Mes Ayi, Faty et Gomis, a plaidé l’acquittement en soulevant des incohérences dans le dossier, mais le tribunal n’a pas retenu ces arguments et a confirmé la culpabilité du prévenu.