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Touba – Idy critique le régime et traite Macky Sall de «ngaaka»


Rédigé par leral.net le Samedi 10 Mars 2018 à 15:52 | | 0 commentaire(s)|

Après plus de 40 minutes, seul dans le mausolée de Khadimou Rassoul, Idrissa Seck est sorti hier de la Grande mosquée de Touba comme dopé par son «aparté» avec le fondateur du Mouridisme. Face à la presse, le leader de Rewmi, après son «ziar » au Khalife général, Serigne Mountakha Ibn Serigne Bassirou et à son guide et ami Serigne Moussa Mbacké Nawel, a vivement critiqué le régime. Interpellé sur l’état de la démocratie au Sénégal, le sit-in avorté de l’opposition, ses projets pour Touba et enfin sur l’Eurobond, Idy, le ton railleur, est allé jusqu’à qualifier le Président Sall de «Ngaaka» (naïf). Un nouveau qualificatif qui s’ajoute à celui de «Thiouné» (incapable) qu’il avait déjà servi au patron de l’Apr.

Objet du séjour à Touba ? «Je suis venu faire mon ziar au Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké et à mon guide, ami et frère, Serigne Moussa Mbacké Nawel, a dit le président du parti Rewmi à Touba. Je suis également heureux d’être accueilli par un autre frère, Galass Kaltoum, qui m’accompagne dans ces différentes visites, pour recueillir des prières et aussi visiter les mausolées des défunts khalifes de Serigne Touba», s’est félicité Idrissa Seck.

L’ancien Premier ministre dit éprouver une grande satisfaction d’être en ces lieux de recueillement, de réflexion intense sur les besoins des populations. Sur un autre registre, l’ancien maire de Thiès confie : "certains me disaient, en particulier pour les dialyses, que l’hôpital de Touba n’accueillait que sept personnes par jour, alors qu’il y avait sur la liste d’attente plus de 300 personnes. Compte tenu de l’importance de l’agglomération de Touba, je pense qu’une telle situation mérite d’être traitée et regardée de très près. Il y a d’autres préoccupations que les populations nous ont exprimées, notamment les stocks d’arachides non écoulés", poursuit M. Seck.

"A l’occasion de ces 10 jours, j’ai l’intention de terminer ma réflexion sur les programmes prioritaires que j’entends conduire à Touba. Dans trois ans, à peu près sur une période de 9 à 10 ans, le Magal aura lieu en plein hivernage. Si nous ne prenons pas des dispositions pour l’assainissement de Touba, de l’entrée de Mbacké à l’entrée de Touba, nous pourrions être appelés à faire face à des difficultés importantes, prévient-il."Quand vous observez simplement l’agitation et la panique du camp adverse, c’est un bon indicateur pour mesurer eux, qui connaissent l’apport de Gallass Kaltoum. Depuis une vingtaine d’années qu’il accompagne Macky Sall, (ce dernier: ndlr) lui, a une claire conscience de ce qu’il a perdu et j’espère qu’il l’a définitivement perdu. Je comprends sa panique", attaque le président du parti Rewmi.

Démocratie au Sénégal ? «L’état de notre démocratie est tellement délabré que rien ne nous surprend plus du régime de Macky Sall. Lorsque son ministre de l’Intérieur avoue en public, être là pour manipuler le dispositif électoral en vue de son élection au premier tour, toutes les populations doivent se dresser contre une telle forfaiture. Il faut qu’il soit clair pour Macky Sall et son régime, que nous ne les laisserons pas faire n’importe quoi, martèle-t-il, rappelant que Macky Sall a hérité d’un Sénégal de stabilité et de paix, qu’il devra laisser comme tel. Sa volonté de s’accrocher au pouvoir, qui le conduit à des comportements dictatoriaux, ne passera pas. Il faut qu’il en soit convaincu », souligne-t-il.

1184 milliards Eurobond ? «Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que la signature du Sénégal n’est pas bonne. Au contraire, ceux qui prêtent, savent pertinemment ce qu’ils font. Ils savent que le Sénégal est un pays stable. Ils savent que le Sénégal est un pays promis à un brillant avenir. Mais naturellement, le Président Macky Sall, dans sa volonté de saupoudrage et d’accélération de chantiers comme le Pudc etc., qui sont mal en point, est pressé de lever des fonds et d’accepter n’importe quelle condition, fulmine le chef de file des Rewmistes. Comme le marché international est en situation de surliquidité et que les titres publics sont garantis, les gens prêtent sans absolument aucune difficulté. Mais pour les 8 à 9 mois qui lui restent, il n’aura pas le temps de consommer ces prêts, relève Idrissa Seck. Le problème est : à quelle condition le Sénégal va-t-il emprunter, avec les taux qu’on doit lui imposer ? Les bailleurs de fonds savent leur opportunité de placement sur certains domaines et si la rentabilité qu’ils doivent avoir, va diminuer, comme 1% de taux. S’ils voient un «Ngaaka» qui leur dit qu’il peut payer 6% ou 4,5%, ils vont accepter, renseigne-t-il.

La marche de l'opposition? "C’est une obligation de libérer les opposants arrêtés lors de la marche. Ce sont ceux qui violent la Constitution qu’on devait arrêter, parce qu’elle a consacré le droit à la marche. Avant-hier, le médiateur de la République a précisé que la marche est une chose déjà autorisée par la Constitution, c’est consacré, il suffit de faire une déclaration. Cela prouve tout simplement que le pouvoir est affolé", estime-t-il.

Nouvel Hôpital et Illa Touba etc.? «Il était prévu la construction d’un nouvel hôpital hors de la ville de Touba. Personnellement, j’avais une autre idée, selon laquelle la structure de santé ne devait pas être mise loin des habitations. Il y a des espaces à l’intérieur de la ville qu’on pouvait transformer en hôpital, à moindre coût, fait-il savoir. Sur le deuxième point, j’ai une idée sur l’autoroute à «pillage». Parce que ce que Macky Sall fait n’est pas une autoroute à péage. Parce que tout simplement, sa gestion a été confiée aux étrangers. Il y a suffisamment d’hommes d’affaires nationaux dans la communauté mouride qui pouvaient investir dans l’autoroute à péage, a encore dit Idrissa Seck.»





L’Observateur



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