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Traite internationale de migrants: La police de Tambacounda fait tomber le maitre coranique B. Sow, le cerveau du réseau

Les policiers du commissariat de Tambacounda viennent d’arrêter le cerveau d’un réseau de trafiquants de migrants disséminés dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Le gang a réussi à faire voyager beaucoup d’étrangers qui ont transité par le Sénégal, pour rejoindre l’Espagne, la France et le Maroc.


Rédigé par leral.net le Vendredi 9 Avril 2021 à 10:06 | | 0 commentaire(s)|

Traite internationale de migrants: La police de Tambacounda fait tomber le maitre coranique B. Sow, le cerveau du réseau
Le 1er avril dernier, en fin de matinée, quatre individus dont deux Maliens et un Ivoirien, se sont présentés au bureau des passeports de Tambacounda pour se faire confectionner des passeports, dans le but de rejoindre l’Europe.

Sauf que sur les extraits de naissance qu’ils ont présentés pour la confection des documents, il y a des noms sénégalais, alors qu’ils ont des accents étrangers. Ce qui a plus ou moins intrigué l’agent. Pour en avoir le cœur net, il leur a posé quelques questions. Ses doutes se sont confirmés, vu qu’ils avaient tous des accents étrangers et ne connaissaient rien du pays.

Discrètement, l’homme de tenue a saisi les limiers du Commissariat central de Tambacounda, pour tirer cette affaire au clair.

Ayant senti le coup venir, le cerveau de la bande, en la personne de B. Sow, a pris la fuite. Mais dans la précipitation, il a laissé son téléphone portable sur les lieux. Les hommes du commissaire Diédhiou ont arrêté les trois étrangers, avant de les acheminer dans leurs locaux pour les besoins de l’enquête.

Devant les enquêteurs, ils ont été dans l’impossibilité de donner des indications prouvant qu’ils sont nés au Sénégal. Ils étaient même dans l’incapacité de dire où se trouve exactement la commune de Médina Gounass, où ils disent avoir vu le jour. Puis, sentant que les carottes étaient cuites, ils ont décidé de coopérer.

Selon nos interlocuteurs, ils ont dit être partis du Mali et de la Côte d’Ivoire. Que le faussaire se nomme B. Sow. C’est lui qui les a aidés à quitter Dakar, la veille. Ils ont révélé les sommes versées. Elles varient entre 150 000 et 250 000 FCfa.

Les étrangers ont aussi expliqué pourquoi ils ont quitté Dakar pour Tambacounda. Le sieur Sow leur disait qu’il est agent au Commissariat central de Tambacounda et qu’il lui serait très facile de leur trouver les documents de voyage, vu qu’il est connu dans la zone. Ainsi, sur les extraits de naissance qu’il leur a fournis, figurent les noms de Amadou Kane (un Ivoirien qui a refusé de donner son vrai nom), Amadou Sall (un Malien qui s’appelle en fait Amadou Keïta) et Fatoumata Sow (une Malienne, de son vrai nom Aïcha Bangoura) qui, dans le faux extrait, est présentée comme la fille de B. Sow.

Ainsi, pour lui mettre la main dessus, les limiers ont exploité son téléphone. Les enquêteurs ont appris qu’il échange avec beaucoup de personnes établies dans toute l’Afrique de l’Ouest. Qu’il est agent recruteur établi au Sénégal dans cette affaire.

En effet, grâce aux services d’un opérateur de téléphonie mobile, ils se sont rendu compte qu’il a changé de puce, une heure avant son arrivée au bureau des passeports. C’était sans doute pour brouiller les pistes.

Mais, confient nos sources, les enquêteurs ont requis que sa nouvelle puce soit bloquée. Le 2 avril dernier, il s’est rendu à l’agence pour la réactiver. C’est en ce moment que les hommes du commissaire Diédhiou, le boss du Commissariat central de Tambacounda, sont entrés en jeu pour l’interpeller.

Lors de son audition, B. Sow a été obligé de tout avouer, vu les preuves accablantes que détiennent les enquêteurs. Maitre coranique, d’après nos informations, il a soutenu qu’il est dans ce business, depuis quelques mois. Qu’il ne peut donner le chiffre du nombre de personnes qu’il a fait voyager vers l’Espagne, le Maroc et la France.

Par contre, il a révélé qu’il travaille avec des personnes qui sont établies en Guinée, au Mali et en Côte d’Ivoire. Il reçoit sa part de l’argent, une fois qu’il finit de confectionner de faux extraits de naissance sénégalais.

Au terme de leur période de garde-à-vue, les trois étrangers et le maitre coranique ont été déférés au parquet de Tambacounda. Ils sont poursuivis pour fraude documentaire, traite de personnes, migration irrégulière organisée et usurpation de fonction, entre autres délits.





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