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Zoom sur la situation économique « catastrophique » du Sénégal à la veille de l’alternance de 2012


Rédigé par leral.net le Vendredi 14 Décembre 2018 à 10:51 | | 0 commentaire(s)|

Zoom sur la situation économique « catastrophique » du Sénégal à la veille de l’alternance de 2012
Le Projet de loi de finances 2019 a été le prétexte pour le régime de Macky Sall, de dresser un tableau très sombre de la situation économique et sociale en 2012 sous le magistère de Me Abdoulaye Wade.
 
« Le passé ici débute en 2012. En 2012, il fallait commencer par réparer une machine économique détériorée par, entre autres : une politique agricole instable ;  des choix d’investissements inappropriés; la confiance en baisse des investisseurs et des partenaires techniques et financiers ; une gabegie budgétaire sans précédent (comme le fait de consacrer plusieurs dizaines de milliards de FCFA à l’organisation d’un festival au moment où tous les clignotants économiques étaient à l’orange voire au rouge).
 
Car, la bonne santé actuelle de l’économie sénégalaise ne doit pas faire oublier la situation économique et sociale, qui était celle du Sénégal à la veille de l’alternance de 2012.
 
6.7% de déficit budgétaire en 2011, 8% en avril 2012
 
Un travail de mémoire est utile, non pas à des fins de stigmatisation, mais, parce que si l’on oublie d’où l’on vient, on perd de vue le chemin parcouru de même que le trajet qu’il reste à accomplir. Et de ce point de vue, le travail de mémoire est facile puisque les chiffres parlent d’eux-mêmes.
 
 Le Sénégal, à la veille de la seconde alternance au sommet de l’Etat, c’était : 1. une croissance économique inférieure à la croissance démographique (1.8% contre 2.8%, en 2011), ce qui entraîne des conséquences particulièrement négatives pour un pays en voie de développement avec des comptes publics en état de dégradation avancé (6.7% de déficit budgétaire en 2011, atteignant même 8% en avril 2012, avec en miroir un solde négatif de 10% du compte courant de la balance des paiements) ; un pouvoir d’achat malmené (par une inflation à 3.4%, au-dessus du plafond communautaire de l’UEMOA), conjugué à une circulation fiduciaire en repli de 0.6% entre 2010 et 2011; 4.
 
Gap de 60 milliards de FCFA sur la subvention des tarifs de l’électricité
 
Une situation financière caractérisée par : - un besoin net de trésorerie de 302.572 milliards de FCFA ; - le doublement de l’encours de la dette publique en moins de 6 ans : 1022.7 milliards de FCFA correspondant à 20% du PIB en 2006, contre 2741.4 milliards de FCFA équivalant à 40% du PIB au 31 mars 2012) ; - un gap de 60 milliards de FCFA sur la subvention des tarifs de l’électricité ;
 
Un FESMAN de détournement d’objectifs
 
Des choix budgétaires irrationnels se traduisant, par exemple, par : - une campagne agricole 2012 totalement dépourvue de couverture budgétaire, l’inexistence d’un programme d’assistance au monde rural alors même que les paysans et leur cheptel subissaient le contrecoup d’une campagne 2011 décevante, dans un contexte de renchérissement des prix des produits alimentaires ; - une ponction de 15 milliards de FCFA sur les crédits d’investissement du Fonds de soutien au secteur de l’énergie, qui ont été réorientés pour payer des arriérés de dettes du Festival mondial des arts nègres (FESMAN) ; - l’épuisement en moins de trois mois de la provision d’un montant de 50.2 milliards de FCFA censée couvrir, pendant douze mois, les évènements budgétaires imprévus. Cette provision avait été notamment utilisée pour des dépenses somptuaires.
 
Un train de vie de l’Etat avec des dépenses onéreuses et improductives
 
 A partir du 1er avril 2012, il a donc fallu réparer ce poumon du système économique national qu’est l’agriculture en fixant des objectifs ambitieux mais raisonnables, en reconstituant le capital semencier, en épongeant les dettes des paysans, en leur distribuant des vivres de soudure, en accélérant la mécanisation de leurs outils de travail, en multipliant les aménagements hydroagricoles, en attirant les capitaux (y compris l’épargne nationale) vers l’agrobusiness, etc.
 
Il fallait réparer la politique budgétaire en réduisant le train de vie de l’Etat, en stoppant les dépenses onéreuses et improductives, en orientant les investissements publics vers les secteurs porteurs de croissance et/ou à fort impact social, en réformant le code général des impôts pour doter le Sénégal d’une fiscalité qui renforce le pouvoir d’achat tout en encourageant l’activité économique, en modernisant les administrations fiscale et douanière pour stimuler les ressources budgétaires, en repensant entièrement la stratégie d’endettement public, etc.



 
Source Projet de loi de Finances 2019



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