Leral.net | S'informer en temps réel
Radio

Les grandes radios FM de Dakar aujourd'hui : panorama d'un paysage très disputé


Tournez le bouton d'un poste à Dakar et vous tomberez, en quelques centimètres de cadran, sur une vingtaine de stations. Journaux en wolof, débats politiques, musique mbalax, prêches, radios internationales : le paysage FM de la capitale est l'un des plus fournis d'Afrique de l'Ouest. Voici les principales stations, telles qu'elles figurent dans la liste officielle des médias reconnus par le ministère de la Communication en février 2025, et ce qui fait la personnalité de chacune.

Le service public : la RTS

La Radiodiffusion Télévision Sénégalaise, héritière de Radio Sénégal, reste l'ossature du paysage. Sa Chaîne nationale s'appuie sur un réseau public d'émetteurs et de stations régionales qui lui assure une couverture de l'ensemble du territoire. Radio Sénégal International, sur 92.5 à Dakar, s'adresse plutôt à un public urbain et francophone, avec une grille tournée vers l'actualité et la culture. Les stations régionales de la RTS, de Saint-Louis à Ziguinchor, émettent largement en langues nationales et gardent une audience forte hors de la capitale.

Sud FM, la pionnière

Première radio privée du pays, Sud FM émet depuis le 1er juillet 1994. Née du groupe Sud Communication, éditeur du quotidien Sud, elle a longtemps incarné la radio d'information et de débat, en français et en wolof, et dispose de relais FM dans les principales villes. Elle a formé une grande partie des journalistes radio de la génération suivante, aujourd'hui dispersés dans les autres groupes.

RFM et Zik FM, les grosses audiences

Deux stations dominent les mesures d'audience à Dakar depuis plusieurs années. RFM, la Radio Futurs Médias, appartient au Groupe Futurs Médias, qui édite aussi la télévision TFM et le quotidien L'Observateur. Généraliste, elle mêle information, sport, religion et divertissement, en français et en wolof, et couvre Thiès, Saint-Louis, Ziguinchor ou Tambacounda. Zik FM, créée en 2008 par le groupe D-Média, se présente comme une radio urbaine de proximité et a bâti son succès sur ses matinales et ses émissions de société en wolof. D'après l'étude Médiamétrie réalisée dans le Grand Dakar à l'automne 2021, ces deux stations cumulaient à elles seules près de 70 % de l'audience radio de l'agglomération, devant Lamp Fall FM, Sud FM et RFI. C'est la seule mesure indépendante publiée récemment ; elle ne concerne que Dakar et date de plusieurs années, ce qui invite à la prudence.

Les radios de groupe : Walf, iRadio, les autres

Le groupe Walfadjri, l'un des plus anciens groupes de presse privés, exploite Walf FM à côté de sa télévision et de son quotidien, avec une ligne éditoriale volontiers frondeuse et une forte présence du wolof. iRadio, lancée le 18 octobre 2018 sur le 90.3, l'ancienne fréquence de Nostalgie Dakar, est la radio du groupe E-Media Invest, qui possède aussi la chaîne iTV ; elle a fait de l'information le pivot de sa grille. On trouve encore dans la liste officielle Sen Radio, adossée à Sen TV, Vibe Radio, Trade FM, Best FM, Carrefour FM ou Fréquence Teranga, ainsi que les radios du groupe Mourchid Communication et Radio Espérance FM Dakar, sur 95.2.

Les voix religieuses et internationales

Une particularité dakaroise est le poids des radios confessionnelles. Lamp Fall FM, liée à la communauté mouride, figure parmi les stations les plus écoutées de la capitale, et plusieurs radios rattachées à des familles religieuses ou à des mouvements comme les Moustarchidines ont leur public fidèle. À côté, les radios internationales occupent des fréquences pleines : RFI, la BBC, la Voix de l'Amérique et Radio Chine Internationale figurent toutes dans la liste des 30 radios commerciales reconnues, signe de l'importance stratégique de Dakar pour les diffuseurs étrangers.

À retenir

Le paysage FM de Dakar se lit comme celui des groupes de presse : presque chaque grande radio est adossée à une télévision et souvent à un journal. C'est ce qui explique sa vitalité, mais aussi sa fragilité, car la santé d'une station dépend de celle de tout son groupe. Pour l'auditeur, en revanche, le résultat est une offre rare : en wolof comme en français, du service public à la radio confrérique, il y a une voix pour chacun.

Photo : Joy Agyepong / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)