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À Linguère, le diw-nior transforme le lait caillé en ressource économique pour les femmes du Ferlo

Un savoir-faire ancestral peul valorisé malgré la sécheresse et la transhumance

Dans la zone du Ferlo, à Linguère, des femmes peules transforment depuis des générations le lait caillé en une huile appelée diw-nior. Ce savoir-faire, transmis de mère en fille, s'est mué en source de revenus dans un contexte marqué par la sécheresse et le manque d'infrastructures.


Rédigé par leral.net le Samedi 5 Septembre 2026 à 18:45 | | 0 commentaire(s)|

Dans la région de Linguère, au cœur du Ferlo, une pratique séculaire continue de rythmer le quotidien des femmes peules. Le beurre issu du lait caillé y est transformé en une huile particulière, le diw-nior, dont la fabrication repose sur un savoir-faire transmis de génération en génération, selon Le Soleil.
Ce produit, longtemps cantonné à un usage domestique, occupe aujourd'hui une place centrale dans l'économie de nombreux foyers de la zone. Les femmes qui le fabriquent y voient un moyen de valoriser le lait pastoral, ressource abondante mais souvent insuffisamment exploitée dans cette partie du pays où l'élevage demeure une activité dominante.
Un savoir-faire ancestral face aux contraintes du terrain La fabrication du diw-nior s'inscrit dans un contexte particulièrement difficile. Le Ferlo est régulièrement confronté à la sécheresse, qui affecte directement la disponibilité du lait et donc la matière première nécessaire à cette transformation. À cela s'ajoute la transhumance, qui éloigne périodiquement les troupeaux et perturbe les cycles de production.
Le manque d'infrastructures adaptées constitue également un frein majeur, d'après les informations rapportées par Le Soleil. Les femmes qui s'adonnent à cette activité doivent composer avec des moyens limités, sans équipements modernes pour faciliter la collecte, la conservation ou la transformation du lait caillé en huile.
De la cuisine aux cosmétiques, une filière qui se diversifie Malgré ces obstacles, les usages du diw-nior tendent à se diversifier. Traditionnellement utilisée dans la cuisine locale, cette huile trouve désormais des applications dans le domaine des cosmétiques, élargissant ainsi ses débouchés potentiels au-delà du cercle familial ou villageois.
Cette diversification représente, selon Le Soleil, une opportunité pour les femmes du Ferlo de consolider leur autonomie économique. En valorisant un produit issu directement de leur activité pastorale, elles cherchent à transformer un savoir-faire ancestral en véritable filière génératrice de revenus, capable de résister aux aléas climatiques et logistiques qui pèsent sur la région.
Une autonomie économique en construction L'enjeu, pour ces femmes, dépasse la simple transformation du lait. Il s'agit de faire reconnaître la valeur d'un travail souvent invisibilisé, tout en s'appuyant sur les ressources locales pour bâtir une activité économique durable. Le diw-nior devient ainsi le symbole d'une résilience face aux difficultés structurelles du pastoralisme dans le Ferlo.
Les femmes peules de Linguère poursuivent donc leurs efforts pour préserver cette filière, entre transmission d'un patrimoine culinaire et adaptation aux réalités économiques contemporaines, dans une région où l'élevage reste, malgré tout, une source essentielle de subsistance.

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