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AUJOURD’HUI : 22 mars 1967, Moustapha Lô attente à la vie du président Senghor

Quelques années après le « coup d’Etat » raté de décembre 1962, le Sénégal va vivre un autre épisode sombre de son histoire. Dans un contexte politiquement lourd, le président Senghor sera victime d’une tentative d’assassinat, perpétrée par Moustapha Lô. Cet événement survient le mercredi 22 mars 1967, coïncidant avec la fête de la Tabaski.


Rédigé par leral.net le Dimanche 22 Mars 2020 à 12:57 | | 0 commentaire(s)|

AUJOURD’HUI : 22 mars 1967, Moustapha Lô attente à la vie du président Senghor
Après avoir assisté à la prière de l’Aïd-el-kébir, le 22 mars 1967, le président Senghor qui se dirigeait vers sa voiture, fera face à un jeune homme qui tient un revolver braqué sur lui. Malgré la sécurité qui devait veiller au grain, l’homme du nom de Moustapha Lô, a réussi à se frayer un chemin. Une fois face à Senghor, il se contentera de sortir son arme mais n’aura pas l’occasion de passer à l’acte. L’homme sera finalement maîtrisé et arrêté par les services de l’ordre.

Moustapha Lô ne sera pas le seul qui subira les conséquences de cet attentat raté. La machine judiciaire arrêtera d’autres personnalités suspectées d’avoir joué un rôle dans cette affaire. En attendant son procès, il sera transféré au camp pénal de Liberté V.

Procès et exécution

Le procès de Moustapha Lô va s’ouvrir le 18 juin 1967. Malgré l’intervention des chefs religieux d’alors, Senghor refuse de libérer et veut donner un exemple fort à ses adversaires. Pourtant lors de son procès, Moustapha Lô confessera qu’il sait manier l’arme s’il voulait tuer le président et qu’il voulait « lui donner un avertissement pour lui faire changer de politique ».

Né en 1926 à Kaolack, Moustapha Lô est un arabisant autodidacte décrit comme courtois et mesuré. C’est pourquoi sa famille et ses proches n’ont jamais voulu croire qu’il voulait tuer le président Senghor. Cet ancien secrétaire de l’ambassade du Sénégal en Egypte, cousin de Serigne Cheikh Tidiane Sy Al-Maktoum, sera condamné à la peine capitale.

Son exécution se fera le 27 juin 1967, vers minuit, dans les champs de tir derrière la Cour suprême. Ses suspectés complices écoperont de la prison à perpétuité pour Moustapha Dramé, 10 ans pour Doudou Ndiaye, et 5 ans pour Momar Mbaye. Cette exécution sera en effet la deuxième que le Sénégal aura faite, en application de la peine de mort, après l’exécution au mois de mars de la même année, d’Abdou Faye, meurtrier de député-maire de Mbour, Demba Diop.

Par Ababacar Gaye/SeneNews
kagaye@senenews.com

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