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Vendredi 2 Août 2019

Accusée d'avoir brulé la fille de son logeur: La femme du surveillant de prison écope de 3 mois de prison


Fatoumata Traoré est la femme du surveillant de prison Boubacar Darry. Elle est accusée par son logeur, Amadou Baïlo Diallo, d’avoir levé la main sur son fils, I. Diallo et d’avoir brûlé le doigt d’A. Diallo, âgée de 3 ans. A la barre, elle a nié les faits. Toutefois, elle a été reconnue coupable par le tribunal, qui l’a condamnée à trois mois de prison assortis du sursis.



Accusée d'avoir brulé la fille de son logeur: La femme du surveillant de prison écope de 3 mois de prison
Le plaignant Amadou Baïlo Diallo, logeur de la famille du surveillant de prison, a assigné cette dernière à la barre du tribunal de Pikine – Guédiawaye. Il accuse la dame Fatoumata Traoré d’avoir donné des coups à son fils, I. Diallo, en même temps que d’avoir brûlé un doigt de sa fille, âgée seulement de trois ans.

« Mon fils est venu se plaindre que Fatoumata Traoré l’avait menacé de le tuer. Je lui ai dit d’aller dans la cour située à l’arrière de leur chambre, pour jouer avec ses amis. Je me suis mis à l’observer depuis ma boutique et effectivement, il s’est exécuté. C’est ainsi que j’ai aperçu Fatoumata Traoré sortir de sa chambre avec un pilon, pour aller en direction des enfants. De là où j’étais, je n’ai pas pu voir ce qui se passait. Mais mon fils m’a dit qu’elle lui avait asséné le coup de pilon sur le corps. Je l’ai amené à l’hôpital. Muni d’un certificat médical, j’ai décidé de porter plainte à la gendarmerie de Keur Massar » a raconté le plaignant à la barre.

Sur la brûlure au doigt de la petite A. D, le plaignant a expliqué que celle-ci a l’habitude de jouer avec ses enfants dans sa chambre et qu’elle lui avait interdit d’y entrer. Un jour, A. D est sortie de la chambre en criant que Fatoumata Traoré a mis son doigt sur le feu de l’encensoir.

Interrogé par le président du tribunal, le jeune I. Diallo a révélé les circonstances dans lesquelles la dame lui aurait donné des coups de pilon.

A la barre, Fatoumata Traoré, dépeinte comme une femme belliqueuse, s’est défendue. « A chaque fois que je passais devant le jeune I. Diallo, il me lançait des invectives et insultes. Une fois je m’en suis ouverte à mon mari qui est allé parler à son père, en vain. Le jour des faits, I. Diallo est entré dans ma chambre et m’a menacé. Je lui ai alors demandé de sortir. Ce qu’il a refusé de faire. J’ai alors pris le pilon pour l’obliger à sortir », a-t-elle martelé.


Le témoin, le surveillant Boubacar Darry, mari de la prévenue, a tenté de fournir des explications qui, apparemment, n’étaient pas conformes avec les faits. Il sera à plusieurs reprises, recadré par le Président du tribunal avant que ce dernier ne le menace pour le calmer. Finalement, Boubacar Darry reviendra à de meilleurs sentiments.

L’avocat de la partie civile, Me Thioye, a jugé l’affaire déplorable. « Nous avons des faits attestés par des témoins et un certificat médical. La prévenue est une reprise de justice, son mari, un surveillant de prison, s’est vite amouraché d’elle. Cette femme a des pulsions criminelles. Elle a des antécédents de violence. Elle souffre, elle est malade. Mon client dit que ses enfants ont peur d’aller dans sa chambre, car elle a brûlé le doigt d’un enfant innocent. Mon client a subi des menaces de la part de son mari. Il a fallu que je porte plainte devant le procureur. Mes clients sont des personnes vulnérables,, car étant des mineurs, les toucher de manière corporelle est un crime », a plaidé Me Makhfouss Thioye, avant de solliciter des dommages et intérêts d’un montant de 500 mille FCFa.

Madame le procureur Coura Mbissane a requis contre la prévenue, deux ans de prison dont deux mois ferme.

Bien évidemment, son confrère de la défense a pris son contrepied. « Aucun élément de droit n’a été rapporté. Aucune preuve que ma cliente est belliqueuse n’a aussi été apportée. La famille Diallo est à l’origine de tout. Leur logeur est allé jusqu’à couper le robinet, empêchant la dame de faire le linge. Il a rendu la cohabitation difficile. Il y a eu provocation et c’est la bande d’I.D qui a provoqué ma cliente. Ils sont allés jusque dans sa chambre (…), elle doit bénéficier de l’article 309 », a plaidé la robe noire.

Le tribunal, après avoir délibéré, a reconnu la dame Fatoumata Traoré coupable des faits qui lui sont reprochés et l’a condamnée à verser 60 mille FCFa de dommages et intérêts au plaignant. Ce, en plus de la peine de trois mois avec sursis qui lui a été infligée.



Le Témoin



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