leral.net | S'informer en temps réel
Mardi 13 Janvier 2026

Affaire Tahirou Sarr : Les détails de la mainlevée du mandat de dépôt ordonnée par le PJF


Le Pool judiciaire financier a ordonné, le 7 janvier 2026, la mainlevée du mandat de dépôt visant l’homme d’affaires Seydou Sarr, dit « Tahirou », poursuivi pour association de malfaiteurs, escroquerie portant sur des deniers publics et blanchiment de capitaux, pour un montant estimé à plus de 91 milliards de francs CFA.



La décision figure dans l’ordonnance n°5-2026 rendue par Idrissa Diarra, président du collège des juges d’instruction financiers du tribunal de grande instance hors classe de Dakar, à la suite de l’examen d’une requête introduite par la défense, rapporte Seneweb qui donne l’information.

Incarcéré depuis le 28 février 2025, Seydou Sarr avait sollicité, le 19 décembre 2025, la mainlevée de son mandat de dépôt ainsi qu’une mise en liberté provisoire. Cette demande a été formulée par ses avocats, notamment Me Boubacar Wade, Me Boubacar Koita, la SCP Guedel Ndiaye et associés, Me Seydou Diagne et Me Aly Fall.

Dans leur requête, les conseils de l’inculpé ont soutenu que les fonds perçus du Trésor public, d’un montant cumulé de 91,6 milliards de francs CFA, proviendraient de procédures régulières, fondées sur des décisions de justice exécutoires et des conventions de cession de créances. Ils ont également affirmé que l’État du Sénégal serait débiteur de Seydou Sarr ou de ses entités, dont SOFICO Holding, à hauteur d’au moins 105 milliards de francs CFA.

La défense a par ailleurs versé au dossier plusieurs bons de commande relatifs à l’acquisition de véhicules destinés à l’État, assortis de preuves de livraisons validées par la Direction du matériel et du transit administratif (DMTA) ainsi que par l’Agent judiciaire de l’État.

Ces éléments ont conduit le juge d’instruction à estimer que les contestations soulevées présentaient un caractère sérieux, conformément aux exigences de l’article 140 du Code de procédure pénale, justifiant ainsi la mainlevée du mandat de dépôt.

Le procureur financier s’était opposé à la demande de mise en liberté provisoire, invoquant la poursuite des investigations, notamment une expertise en cours et la nécessité d’auditionner certains responsables de la Direction de la comptabilité publique et du Trésor. À titre subsidiaire, le parquet avait requis une assignation à résidence sous surveillance électronique. L’Agent judiciaire de l’État, bien que régulièrement notifié, n’a pas formulé d’observations.

Estimant les conditions légales réunies, le juge Idrissa Diarra a ordonné la mise en liberté de Seydou Sarr sous contrôle judiciaire strict. Celui-ci est notamment soumis à l’interdiction de quitter le territoire national sans autorisation, à la remise de ses passeports au greffe, à l’interdiction d’effectuer des opérations bancaires autres que celles liées aux charges courantes du ménage, ainsi qu’à l’interdiction de toute communication publique sur l’affaire et de tout contact avec les coïnculpés ou les témoins.

Le magistrat a rappelé que toute violation de ces mesures pourrait entraîner une arrestation immédiate, suivie d’une assignation à résidence sous surveillance électronique ou d’un nouveau mandat de dépôt.

Ousseynou Wade






Publicité