Leral.net - S'informer en temps réel

Afrique du Sud: des survivants du massacre de Sharpeville saisissent la justice

Soixante-six ans après les faits, un groupe de victimes réclame réparation

Rédigé par leral.net le Samedi 5 Septembre 2026 à 07:56 | | 0 commentaire(s)|

Dans le township de Sharpeville, la mémoire du massacre perpétré par la police sud-africaine en 1960 reste vive. Plusieurs décennies après les faits, un groupe de victimes ou d'ayants droit se tourne vers les tribunaux pour demander justice.


Le 21 mars 1960, la police du régime de l'apartheid ouvrait le feu sur des manifestants pacifiques rassemblés dans le township de Sharpeville, en Afrique du Sud. Ces habitants protestaient contre la loi obligeant les populations noires à porter en permanence un passeport intérieur, symbole du système ségrégationniste alors en vigueur. Selon les bilans établis à l'époque, au moins 69 personnes avaient perdu la vie ce jour-là, un chiffre que des chercheurs estiment aujourd'hui encore plus élevé.
Ce massacre est resté gravé dans l'histoire du pays comme l'un des épisodes les plus sombres de la répression menée contre les opposants à l'apartheid. Il avait d'ailleurs suscité une vague d'indignation internationale et contribué à isoler davantage le régime sud-africain sur la scène mondiale.
Une action en justice tardive Selon RFI, 66 ans après les faits, un petit groupe d'anciens manifestants ou de leurs proches a décidé de se tourner vers la justice sud-africaine. Leur objectif est d'obtenir une reconnaissance officielle des préjudices subis ainsi qu'une réparation, malgré le temps écoulé depuis le drame.
Cette démarche judiciaire intervient alors que de nombreuses familles de victimes affirment avoir attendu pendant des décennies une prise en charge adéquate de la part des autorités, que ce soit sur le plan matériel, psychologique ou symbolique.
Un contentieux mémoriel encore vif Le massacre de Sharpeville occupe une place particulière dans la mémoire collective sud-africaine. Il est notamment commémoré chaque 21 mars, date devenue depuis la fin de l'apartheid la Journée des droits de l'homme en Afrique du Sud.
Pour les plaignants cités par RFI, cette procédure judiciaire vise à mettre en lumière les responsabilités de l'État dans la répression de 1960 et à rappeler que les souffrances endurées par les familles des victimes n'ont, selon elles, jamais été pleinement reconnues ni réparées.
L'issue de cette action en justice pourrait avoir une portée symbolique importante, plusieurs décennies après la chute du régime de l'apartheid, alors que la question des réparations liées aux crimes commis durant cette période continue de faire débat en Afrique du Sud.