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Alassane Guèye, un surdoué des planches et de l’écriture dramatique

Rédigé par leral.net le Lundi 13 Janvier 2020 à 12:43 | | 0 commentaire(s)|

Alassane Guèye est un artiste-comédien talentueux, metteur en scène, scénariste et réalisateur chevronné, il est l’auteur de plusieurs téléfilms à succès.


Alassane Guèye, un surdoué des planches et de l’écriture dramatique
Petit de taille, mais grand par ses œuvres, Alassane Guèye, 33 ans, est un artiste-comédien au talent pluriel. A 18 ans, il s’essayait déjà sur les planches avec la troupe Soleil Levant Junior créée par Aziz Niane alias El Hadji Gora. Sollicité lors d’un week-end culturel, Alassane regroupe des apprentis-comédiens du quartier Diakhao Kanda à Thiès-Nord, dont Meless, feu Kader, Oumou Kaïry, pour une prestation qui fera date. La petite troupe se plaît au jeu et voit grand. Mais l’ardeur sera vite réfrénée. Le manager Aziz Niane, parti en France pour le Bercy 2005, prend la clé des champs. Le Soleil Levant junior sombre.

«J’aime relever les défis»

Des aînés dans le métier tentent sans succès de faire rejouer la troupe. Alioune Aïdara qui avait décelé du talent chez les comédiens en herbe, leur propose d’intégrer la troupe «Royou kaye» en 2005. «Je peux dire que c’est avec Royou kaye que j’ai commencé à écrire des scénarii. Alioune Aïdara m’avait responsabilisé. Et je tenais à relever le défi», signale-t-il, confiant avoir senti la nécessité de se former.

Il intègre le Grand Théâtre où, il sera managé par Seyba Traoré, Mamadou Diop, Ibrahima Mbaye Sopé, Amadou Mbaye, Ibrahima Mbaye Thié, entre autres grands noms de la culture. Le Thiessois Abdoulaye Diakhaté des Beaux Arts le coopte au projet culturel Le Pont entre le Sénégal et la Suisse et il approfondit ses connaissances, en formation avec des Belges sur les techniques d’écriture de films. Passionné, Alassane Guèye profite de l’encadrement de Patrick Mohr, metteur en scène suisse, sur de nouvelles techniques théâtrales, avec l’utilisation des ombres, des marionnettes etc…

Alassane est d’ailleurs allé à deux reprises en Suisse, où il a incarné des rôles principaux. «J’aime apprendre. Et dans le monde du théâtre, il faut toujours renouveler ses connaissances. L’improvisation tue le talent», confie celui qui a fui les bancs après avoir échoué au Baccalauréat et qui a fait une formation en Bureautique, comptabilité et informatique.

«Des problèmes sociaux m’ont fait arrêter les études. J’ai opté pour le théâtre. Ibrahima Mbaye Sopé, Seyba Traoré, Alioune Aïdara, Jules Niane, Matar Diouf m’ont toujours dit que je pouvais être un bon metteur en scène. D’ailleurs, ils m’ont inculqué cet esprit de créativité. Je me vois mal produire des choses insipides», souligne-t-il. A la quête perpétuelle de performance, Alassane, metteur en scène de la série «Mbettel», veut toujours maintenir sauf l’honneur de ses formateurs. «Mbettel est un travail de groupe. Mais, j’ai eu l’idée, défini les rôles et créé les familles. Badou Ndiaye, Ndiambé Sène, Abdoulaye Diouf y ont apporté leurs touches. La réussite de Mbettel, ce n’est ni Alassane Guèye, ni Samba Diaw (les deux scénaristes), mais c’est le travail de groupe», renseigne-t-il.

Dignité et Regret, de nouvelles séries qui vont accrocher

Alassane Guèye travaille d’arrache-pied sur ces nouvelles séries. «J’ai fait Solution, Appartement 2 avec Ndèye Ndiaye et Fatou Kiné. Je travaille avec Aziz Niane (El Hadji Gora) sur Tour de famille. Je suis aussi en train de tourner la quatrième saison de Mbettel. C’est Samba Diaw qui a écrit la série. Je ne fais qu’y apporter ma touche. J’ai personnellement écrit Dignité et Regret», apprend l’artiste sur ces deux dernières séries qui passeront en janvier à la Rts ou à la Tfm. Ces séries jouées par Combé, Magniouck entre autres, vont à coup sûr, susciter l’adhésion des téléspectateurs.

Alassane Guèye ne va pas trop loin pour chercher ses thèmes. C’est juste des faits du quotidien des Sénégalais. Ce qui importe pour lui, c’est que les téléspectateurs parviennent à apprendre de ce qu’il y a de bien et de mauvais dans la société.

Homme de son époque, il dit approuver les journées de nettoiement lancées par le Président Macky Sall. «J’entends certains dire que cette idée ne va pas prospérer. C’est le mal au Sénégal. Si chacun reste dans son salon, les choses ne vont pas bouger. Mais si tout le monde rejoint le Président Sall dans la rue avec son balai, le pays sera propre. Les Sénégalais ont ce fatalisme de l’échec dans leur tête. C’est notre rôle de sensibiliser les populations pour appuyer telles initiatives», explique-t-il.


«Mon premier cachet c’était 1 500 FCFA»

Le jeune scénariste est tout heureux de constater que le monde des planches est devenu une grande industrie. Aujourd’hui, l’Art nourrit le comédien. Alou lui, vit de son art qui lui a tout donné et même une épouse (Ndèye Ndiaye). L’homme qui a pu construire sa propre maison grâce au théâtre n’envie personne. Et tout comme Combé, Mélass (Vieux), Maniouck, Guèye Téranga, il échappe à cette image galvaudée de l’artiste misérable. Alassane Guèye se fait même sélectif et refuse de jouer n’importe où ou n’importe quoi.

Des 1 500 francs, cachet de ses débuts aux 6 millions de FCFA avec ses partenaires suisses, il aune bien le chemin parcouru. «Aujourd’hui, des gens m’appellent de partout pour que je les recrute. Ils me disent qu’ils veulent aider leurs mères», dira-t-il.

Alassane Guèye qui vient d’avoir son premier enfant avec l’artiste-comédienne Ndèye Ndiaye a donné le nom de Serigne Saliou Mbacké à son fils. Sachant dissocier sa vie d’artiste de celle de père de famille, l’époux comblé n’est pas polygame du tout. Le jeune scénariste qui rêver de faire carrière dans le cinéma, veut gagner de grands prix, voyager plus, découvrir d’autres formes de théâtre.

Ousmane Sy, artiste-comédien de la troupe «Royou Kaye», salue le pragmatisme de son camarade : «Alassane est très talentueux et généreux dans l’effort. Quand il écrit des scénarii, il me demande toujours mon avis», confie-t-il.

Jules Dramé, président de l’Association des artistes-comédiens de Thiès (Arco), pense qu’Alassane a de l’avenir. «Je l’ai connu tout jeune. Mais il a beaucoup travaillé pour arriver à ce stade. Sérieux, discipliné, il a le sens de l’écoute. Il faut reconnaître qu’il a un don. C’est pourquoi même ses aînés le sollicitent pour des conseils», dira-t-il.




IGFM



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