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Apr: Les frondeurs répliquent

Avis de tempête sur les côtes beige-marron. Une houle de contestation charriée par des frondeurs et pas des moindres, menace dangereusement de s'abattre sur la formation présidentielle à la stabilité précaire. Après l'ouragan Moustapha Diakhaté-Sory Kaba qui a fait vaciller les intentions inavouées de Macky Sall de briguer un troisième mandat, le cyclone Cissé Lô menace de tout ravager sur son passage. Des nuages sombres et menaçants se profilent à l'horizon…2024.
Seneweb


Rédigé par leral.net le Lundi 9 Décembre 2019 à 15:43 | | 0 commentaire(s)|

Apr: Les frondeurs répliquent
Difficile de minimiser la fronde, cette fois-ci. Le retentissant coup de boutoir de Moustapha Cissé Lô ne souffre d'aucune ambiguïté et trahit un profond malaise interne, longtemps camouflé. Bouillant comme à son habitude, Cissé Lô a encore fait feu de tout bois au sein de sa propre formation politique. Le tempétueux vice-président de l'Assemblée nationale a laissé éclater sa colère en plein examen de budget à l'hémicycle, le 3 décembre dernier.

Isolé, frustré par le manque de reconnaissance de Macky Sall vis-à-vis de ses compagnons de la ‘'première heure'', il menace de faire un grand déballage et ne perdra pas de temps pour joindre l'acte à la parole. L'avant-goût est donné le lendemain même. El Pistolero vide son chargeur dans les colonnes du journal "L'Observateur" : Macky Sall, son futur adversaire à la mairie de Dakar, le ministre Diouf Sarr et son ancien rival à la course pour le contrôle du perchoir de l'Assemblée nationale, Moustapha Niasse…tout le monde est criblé.

La fronde interne des frustrés

Fidèle parmi les fidèles de l'ancien président de l'Assemblée nationale pendant les dures périodes de conquête du pouvoir, Cissé Lô reproche à Macky Sall sa propension à promouvoir "transhumants" et "alliés de dernière minute", au détriment de ceux qui étaient là avant même le choix de l'acronyme Apr, ceux qui avaient été chassés de l'Assemblée nationale au même moment que lui en 2008.

"Macky Sall n'est pas mon père, il ne m'a pas acheté. Il a abandonné tous ceux qui ont combattu à ses côtés dans l'opposition et a confié les postes de responsabilité aux transhumants. Tous ceux qui dirigent aujourd'hui les institutions, sont des transhumants ou soi-disant alliés. Moi, Me Alioune Badara Cissé, Mbaye Ndiaye et Mahmoud Saleh ne gérons que des restes. Sa façon de nous rendre la pièce de notre monnaie, c'est refuser de nous recevoir", tempête-t-il.

À propos de Moustapha Niasse, son ancien rival qui semble lui faire de l'ombre, le premier vice-président de l'Assemblée est très incisif. "Je me suis battu contre Moustapha Niasse et Cie, qui avaient comme dessein d'annihiler la candidature de Macky Sall dans leur option pour une candidature unique. Un vieux qui doit prendre sa retraite depuis longtemps, mais qui refuse de se retirer de la vie politique pour son amour insatiable de l'argent. Il est la cause de tous les maux du pays. Des personnes âgées de plus de 60 ans qui cherchent toujours des mandats électifs, c'est cela le mal du pays. Je les défie", peste-t-il.

Une sortie qui en dit long sur le climat délétère sur fond de frustration d'apéristes authentiques, qui règne dans la mouvance présidentielle. Et les réactions rageuses d'Ibrahima Fall, Djibril War et d'autres responsables qualifiant Lô de "fou à interner", semblent rajouter de l'huile à la braise.

ABC-Diakhaté, même attitude, même destin

Avant lui, d'autres barons Apéristes authentiques frustrés comme Alioune Badara Cissé et Moustapha Diakhaté, ont mené une fronde interne. Tombé en disgrâce, écarté du gouvernement et casé dans la pénombre de la médiature de la République, Alioune Badara Cissé, qui fut à un moment, le numéro 2 du parti, multiplie les sorties incendiaires contre le régime de Macky Sall, mais sa critique sur les dernières élections législatives soulève l'ire de ses frères de parti.

"Ce qui s'était passé au mois de juillet lors des élections législatives, tout le monde sait que c'est anormal. Les cartes d'électeurs étaient introuvables. Le gouvernement a le devoir de résoudre ce problème, parce que c'est inadmissible", soutient ABC qui estime être dans son rôle de médiateur et de citoyen. Suffisant pour s'attirer les foudres de ses "frères" de l'Apr, qui lui demandent d'assumer ses positions en démissionnant.

"Sénégal debout", un mouvement interne anti-Macky

Le même sort a été réservé à l'autre rebelle, Moustapha Diakhaté. Ses positions en porte-à-faux de celles du régime, avaient fini d'installer le malaise au cabinet présidentiel où il siégeait en tant que ministre-conseiller. Mais, il finira par payer cash à l'instar de Sory Kaba, sa défiance. Pour avoir osé exprimer sa position contre un éventuel 3e mandat, le décret de limogeage est tombé comme un couperet sur la tête de Diakhaté.

Ces responsables ne sont que la partie visible de l'iceberg. En effet, d'autres frustrés de l'Apr (ministres, cadres, Dg) se sont ligués au sein du mouvement "Sénégal debout", un front anti-Macky né des flancs de l'Apr. Ils comptent, selon "Walfadjiri Quotidien", dresser une liste parallèle en perspective des prochaines élections locales.

Les prochaines joutes électorales (Locales, Législatives et présidentielle) s'annoncent d'ores et déjà pénible, car les risques de frictions internes sont évidents.



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