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Après la grève du SAEMS, le CUSEMS prend le relais: L’école replonge dans la crise après deux ans d’accalmie

Après une pause revendicative de deux ans à cause de la pandémie de Covid-19, les syndicats d’enseignants ont mis fin au délai de grâce qu’ils avaient accordé au gouvernement. Ils ont renoué avec les grèves pour, disent-ils, la revalorisation de la fonction enseignante.


Rédigé par leral.net le Vendredi 3 Décembre 2021 à 15:52 | | 0 commentaire(s)|

Après la grève du SAEMS, le CUSEMS prend le relais: L’école replonge dans la crise après deux ans d’accalmie
Le Saemss (Syndicat autonome des enseignants du Moyen / Secondaire du Sénégal), qui invite à une action commune avec toutes les organisations syndicales du G7 (Groupe des 7 syndicats les plus représentatifs du secteur de l’Education), va suivre le Cusems (Cadre unitaire des syndicats d’enseignants du Moyen-Secondaire), qui avait ouvert la voie, avec un débrayage mercredi dernier, suivi d’une grève totale le jeudi.

Deux années sans faire de grève ! Ce, pour cause de pandémie de covid-19. On peut dire que les enseignants avaient hâte d’en découdre avec le Gouvernement, pour la satisfaction de leurs revendications.

Un Gouvernement qui n’a pas su profiter de cette longue accalmie sur le front syndical pour satisfaire certaines revendications et, ainsi, pacifier définitivement le front scolaire.

La pandémie commençant à refluer, les perturbations scolaires ont donc redémarré. Et c’est le Cusems qui vient d’ouvrir les hostilités en observant une journée de grève mercredi dernier, précédée d’un débrayage le mardi. Le même plan d’action va être reconduit, mercredi et jeudi prochains, par leurs camarades du Saemss, qui déplorent «l’immobilisme» des autorités sur le point relatif surtout à la dématérialisation des actes et procédures de la Fonction publique, pour mettre fin aux lenteurs administratives et assurer une amélioration considérable du déroulement de la carrière de l’enseignant, ainsi que la mise en place d’un système de rémunération « juste et équitable ».

S’agissant toujours des accords avec le gouvernement, le secrétaire général du Saemss, Saourou Sène, déplore aussi le fait qu’il y ait des points qui ne bougent pas selon lui. Notamment la question du corps des administrateurs scolaires, celles concernant le système de rémunération des agents de l’Etat, la position de mise en stage. Ce même si, reconnait-il, les solutions de ces dernières questions sont programmées.

C’est la raison pour laquelle, et pour alerter l’opinion et en particulier, le gouvernement, les syndicalistes du Saemss ont décidé de déclencher un plan d’actions à partir de mercredi, par un débrayage suivi d’une grève totale le jeudi, emboîtant ainsi le pas au Cusems, qui était en grève mercredi passé après avoir débrayé la veille.

Enormes sacrifices consentis par les enseignants

Abdoulaye Ndoye, secrétaire général du Cusems, qui revient sur les motifs de leur mot d’ordre de grève, rappelle d’abord que les enseignants ont consenti «d’énormes sacrifices» durant l’année académique 2020- 2021 et qu’ils ont payé un lourd tribut dans cette pandémie, surtout en termes de pertes en vies humaines.

A l’en croire, en effet, ses camarades avaient tenu les classes «malgré eux» et en pleine pandémie, au moment où le pays faisait face à une explosion des contaminations et des décès. Il déplore surtout la perte de «beaucoup d’enseignants qui, malheureusement, dit-il, avaient chopé le virus de Covid-19». Hélas, regrette-t-il, l’effort fourni par ceux-là que le chef de l’Etat appelle les «soldats du savoir», n’a pas été «récompensé» par le Gouvernement. Lequel aurait tout simplement rangé aux oubliettes les revendications des enseignants. Abdoulaye Ndoye rappelle que «c’est en avril 2018, cela fait trois ans et six mois, que nous avions signé un protocole d’accord avec le gouvernement ! Ce qui montre le patriotisme des enseignants.

Aujourd’hui, nos revendications portent d’abord sur le système de rémunération. C’est une nécessité, car on est victimes d’une surimposition sur les salaires et les rappels. On demande la fin de la surimposition parce que c’est une injustice faite aux enseignants. Il y a aussi la question de la formation diplômante pour la mise en position de stage. Ce sont au moins 3000 enseignants qui attendent.

Il y a également le régime indemnitaire. Le paiement des indemnités du Bac n’est toujours pas effectif dans certaines régions. Sans compter les lenteurs administratives qui restent encore des points à satisfaire. Ce qui bloque la carrière des enseignants. Un enseignant qui quitte son lieu de travail situé à 200 kilomètres, libère ses élèves, pour aller faire le pied de grue au ministère juste pour un acte, c’est inadmissible. Pour la signature des actes, il a même fallu que le G7 réagisse pour que ça soit fait
».

Selon M. Ndoye la solution à tout cela aujourd’hui, c’est la dématérialisation des actes et procédures car, dit-il, «après trois ans et 6 mois de monitoring, le temps du monitoring est dépassé».

Encore que, comme le souligne le secrétariat permanent du Saemss dans un communiqué, «l’évaluation des différentes rencontres de monitoring tenues avec les ministres concernés par la mise en œuvre des accords, ne rassure guère car la méthode « Fast track » tant prônée, n’a pas permis d’obtenir des résultats probants trois ans après la signature du protocole».





Le Témoin


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