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Au nom du Sénégal éternel : L’impératif de la grandeur


Rédigé par leral.net le Lundi 16 Février 2026 à 16:52 | | 0 commentaire(s)|

“Monsieur le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye,

L’Histoire est une horloge qui ne s’arrête jamais, mais il est des heures où son tic-tac résonne avec une gravité particulière. Nous vivons l’une de ces heures.

Notre cher Sénégal, cette terre de paradoxes sublimes, traverse une époque charnière. Il y a peu, nous avons communié dans l’allégresse d’une victoire continentale, unis sous le drapeau vert-jaune-rouge, oubliant nos différences le temps d’un sacre. Aujourd’hui, nous sommes réunis dans la douleur, le cœur meurtri par la disparition tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ. Entre ces deux extrêmes, la joie et le deuil, bat le cœur fragile de notre Nation.

C’est précisément dans cet interstice, entre la clameur des stades et le silence des cimetières, que se joue le destin d’un peuple. C’est là que l’homme d’État doit s’élever au-dessus de l’homme politique.

Monsieur le Président, incarner l’unité nationale n’est pas un vain mot ; c’est un sacerdoce. C’est la capacité de regarder au-delà des blessures d’hier pour sculpter le visage de demain.

Le monde nous observe. Une rumeur, devenue clameur, parcourt les chancelleries de New York à Addis-Abeba : le nom d’un fils du Sénégal, votre prédécesseur Macky Sall, est sur toutes les lèvres, pour occuper la charge suprême de Secrétaire général des Nations-Unies.

Face à cette éventualité, la question n’est pas de savoir qui a tort ou qui a raison dans nos querelles intestines. La question, la seule qui vaille, celle qui traversera les âges, est la suivante : Qu’est-ce que le Sénégal a à gagner ? Et qu’avons-nous à perdre ?

Deux ans après cette alternance historique de mars 2024, saluée par le monde entier comme une « exception sénégalaise », le destin vous offre, Monsieur le Président, l’opportunité de parachever cette œuvre de grandeur. Souvenons-nous de cette passation de pouvoir, de cette loi d’amnistie qui a ouvert les portes de la liberté et du Palais. Ce fut un moment de dépassement.

Aujourd’hui, l’Histoire réclame un nouveau dépassement, encore plus audacieux

Si Macky Sall accède au trône de verre de Manhattan, ce n’est pas le triomphe d’un parti, ni la revanche d’un clan. C’est le Sénégal qui s’installe à la tête du monde. C’est le drapeau de la Téranga qui flottera plus haut que tous les autres. C’est l’Afrique, berceau de l’humanité, qui reprend ses droits dans le concert des nations, portée par une voix sénégalaise.

Que gagnerions-nous à l’entraver ? La satisfaction éphémère d’une rancune assouvie ? Le monde ne comprendrait pas que le Sénégal, terre de Senghor et de Cheikh Anta Diop, soit le propre fossoyeur de ses ambitions mondiales. Si les grandes puissances, de l'Orient à l'Occident, voient en lui l'homme de la situation pour sa diplomatie et son expérience, serions-nous les seuls à lui dénier ce talent, au nom de la politique intérieure ?

Monsieur le Président,

Le véritable pouvoir est magnanime. Il est temps de briser les chaînes du ressentiment. En soutenant cette candidature, vous ne réhabilitez pas un adversaire, vous grandissez le Sénégal. Vous montrez à la jeunesse, celle qui pleure Abdoulaye Bâ et celle qui rêve d'avenir, que la République est une famille où, malgré les divergences, on se hisse la courte échelle pour atteindre les sommets.

Imaginez l'image : un Président en exercice portant la candidature de son prédécesseur au nom de l'intérêt supérieur de la Nation. Ce serait là votre plus belle victoire diplomatique, une leçon d'élégance démocratique administrée à l'univers.

Il ne s'agit plus de Macky Sall. Il ne s'agit plus de Pastef ou de l'APR. Il s'agit de cette lumière particulière qui émane de notre pays. Ne laissons pas les ombres du passé obscurcir l'éclat de notre destin commun.

Au nom de ce Sénégal qui nous dépasse tous, ayons l’audace de la grandeur.”





Talla Sylla

Ousseynou Wade