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Bignona-Balinghor, plus de 20 ans dans l’obscurité: Les populations crient leur mal-vivre

Lendemain de Tabaski pas du tout réjouissant. Des populations de Balinghor, chef-lieu de la commune éponyme, ont mal digéré leur lendemain de Tabaski. La faute à une non électrification de certains quartiers de cette localité. Une situation qui remonte à plusieurs décennies et qui a poussé ces populations à sortir de leur mutisme légendaire, pour battre le macadam jeudi dernier.


Rédigé par leral.net le Dimanche 25 Juillet 2021 à 09:36 | | 1 commentaire(s)|

Bignona-Balinghor, plus de 20 ans dans l’obscurité:  Les populations crient leur mal-vivre
La colère des populations de Balinghor était bien réelle. C’est une foule dense qui a marché dans les ruelles des quartiers de Kabaline, Kaour et Dianack jusqu’au portail de la mairie de Balinghor. Des jeunes, femmes, notables, personnes du 3e âge, armés de lampes à pétrole, munis de brassards rouges et des bandeaux rouges sur la tête, ont ainsi battu le macadam.

Des pancartes, symboles de leurs revendications et sur lesquelles on pouvait lire «Un siècle sans électricité, nous sommes fatigués», «Nous avons aussi droit aux privilèges du courant», «Non à l’injustice», «24 ans dans l’obscurité, trop, c’est trop» ; «L’obscurité nous pourrit la vie», etc.

Tous étaient donc mobilisés pour exiger tout bonnement, l’électrification des quartiers Kabaline, Kaour et Dianack, exclus, selon eux, du processus d’électrification de leur localité, car jadis classés comme des forêts. Une exigence portée d’ailleurs par le Comité de lutte pour l’électrification des quartiers précités.

Dans un mémorandum lu de manière symbolique devant la presse à la mairie de Balinghor, ces populations ont du coup exprimé leur ras-le-bol et le mal-vivre des populations, conséquences directes de la non-électrification de leurs quartiers.

«Nos femmes utilisent des lampes tempêtes pour aller accoucher au poste de santé. Nos produits pourrissent quand ils ne sont pas simplement jetés comme des ordures gênantes. Dès la tombée de la nuit, la peur gagne les esprits», liste Bacary Diémé, au nom du Comité de lutte des quartiers.

Au nom de cette structure, M. Diémé a en outre pointé du doigt, les projets de développement dont la mise en place nécessite l’électricité et qui sont toujours gardés dans les tiroirs, les jeunes que l’Etat cherche à fixer sur place pour le développement endogène et qui n’y croient plus, leurs quartiers qui se meurent à petit feu nonobstant des richesses et potentialités humaines et économiques, le banditisme et autres maux aux conséquences encore insoupçonnées, toutes ces frustrations qui sont la résultante de ce mal-vivre qui minent la possibilité d’une cohésion durable, gage d’un développement global véritable, entre autres.

Autant de plaintes et complaintes, un mécontentement généralisé contre ce qu’ils qualifient d’injustice sociale et qui a également poussé El Hadji Ibrahima Coly, Lansana et Ibrahima Diémé, à solliciter du président de la République Macky Sall, l’électrification de la totalité de leurs quartiers.

«Il y va de notre survie et de l’intérêt du Sénégal tout entier», insistent les responsables du Comité de lutte.
Le Quotidien


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