Bras de fer entre l’Etat et les populations de Dodel : La gendarmerie convoque une personne âgée de 94 ans


Rédigé par leral.net le Jeudi 28 Septembre 2017 à 17:34 | | 0 commentaire(s)|

Dans son bras de fer qui l’oppose aux populations de l’lle à Morphil impactée par le projet des Marocains, l’Etat est passé à la vitesse supérieure hier, en convoquant à la gendarmerie de Ndioum, l’un des plus farouches opposants audit projet.

Il s’agit, en l’occurrence de Thierno Mamadou Sidiki Sakho, âgé de 94 ans, habitant à Sinthiou Dangdé, personne morale respectée par les populations locales. En effet ,ce dernier a déféré à la convocation de la gendarmerie sous bonne escorte de centaines de personnes, qui ont tenu ainsi à exprimer leur courroux face à ce qu’elles considèrent comme une expropriation de leurs terres.

Il faut dire que la stratégie de Mamadou Sidiki Sakho s’est avérée payante, en lieu et place d’un déplacement direct à Ndioum, ce dernier a tenu à passer par plusieurs localités au prix parfois, d’une traversée du fleuve pour rallier les populations à sa cause. Il aura gain de cause, puisqu’une vingtaine de voitures l’ont escorté sur plus de 60 km et les personnes n’ayant pu trouver de place dans les véhicules, ont pris des charrettes. La délégation était composée de toutes les couches sociales issues des villages de Démette, Ndombosse, Belithioy etc.

C’est vers 13h50 que le Viel homme est arrivé dans les locaux de la gendarmerie de Ndioum. Son face-à-face avec le patron des lieux durera environ vingt minutes. A sa sortie du bureau du commandant de la brigade et sous les ovations d’une grande foule massée devant les grilles de la gendarmerie, Mamadou Sidiki Sakho a tenu à faire une déclaration. Selon lui, personne n’est contre l’exploitation des terres qu’ils ont héritées de leurs ancêtres mais cela doit se faire dans les règles de l’art.

« Rien ne peut se faire en matière d’aménagement du territoire sans concertation avec les populations bénéficiaires. Quiconque tente de le faire chez nous sans notre consentement et notre adhésion, risque sa vie. C’est dire que nous ne nous opposons pas à l’exploitation des terres, seulement nous exigeons que nos intérêts soient pris en compte », a expliqué Sidiki Sakho.

Ce dernier est d’avis que si aménagement il doit y avoir, il faut qu’il soit à l’image de ceux qui sont faits dans le Fouta où c’est l’Etat qui en est le seul promoteur, car c’est le plus sûr moyen de préserver les intérêts des populations, notamment par la création d’emplois pour les jeunes. Or avec le bail offert aux Marocains pour exploiter les terres de l’ile à Morphil, Mamadou Sidiki Sakho pense, plutôt, a un retour à la colonisation.



WalfQuotidien