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Mercredi 31 Mars 2010

COMMISSION ROGATOIRE DANS L’AF: FAIRE KATOUCHA NIANE : Le juge Français traque les clefs du meurtre à Dakar


À Mes Ousmane Sèye et Khaly Niang, le juge Français en charge de l’instruction de la plainte contre X pour homicide volontaire déposée par la famille de feue Katoucha Niane, a annoncé qu’il allait, comme ils le demandent, envoyer une commission rogatoire sur Dakar. Ce, pour l’audition de témoins clefs cités par les avocats dans une requête. À la demande du juge, les avocats ont formalisé cette requête hier.



COMMISSION ROGATOIRE DANS L’AF: FAIRE KATOUCHA NIANE : Le juge Français traque les clefs du meurtre à Dakar
Comme nous l’annoncions en exclusivité, les conseils de feue Katoucha Niane étaient hier, 30 mars, devant le juge Courroye, chargé de l’instruction de la plainte contre X déposée par la famille de la défunte top model. Si la famille n’a pas pu faire le déplacement, il n’en demeure pas moins que Mes Ousmane Sèye et Khaly Niang ont eu un long face-à-face avec le magistrat instructeur. Selon des sources autorisées, le juge a annoncé aux deux conseils qu’il allait, comme ils le demandaient, envoyer une commission rogatoire auprès du doyen des juges du tribunal hors classe de Dakar, Mahawa Sémou Diouf. Un déplacement qui lui permettra d’entendre des témoins établis dans la capitale sénégalaise et cités par les avocats de la famille Niane.

Lors de la même rencontre, Mes Ousmane Sèye et Khaly Niang ont demandé au juge, après l’avoir remercié, de faire reprendre l’enquête préliminaire, d’entendre le médecin légiste qui a effectué l’autopsie du corps et d’entendre à nouveau le compagnon de feue Katoucha ainsi que son fils. En ouvrant une information judiciaire contre X pour homicide volontaire, le parquet de Paris, comme il l’a soutenu dans son réquisitoire de saisine, est convaincu que Katoucha Niane a été tuée. À charge donc pour le magistrat instructeur d’identifier X.
Me Ousmane Sèye : « Nous avons cité devant le juge Courroye ceux que nous suspectons d’être derrière le meurtre… »

Joint hier au téléphone depuis Paris, Me Ousmane Sèye confirme cette annonce du juge d’effectuer une commission rogatoire à Dakar et explique : « Devant le juge, nous avons cité ceux que nous suspectons, sur la base d’indices graves et concordants, d’être derrière le meurtre de Katoucha. Notre forte conviction, qui est celle du parquet, est qu’elle a été assassinée. Dans cette affaire, nous avons l’impression qu’on tente de nous cacher quelque chose. Mais aujourd’hui que le dossier est relancé, il est clair que ces tentatives ont échoué. Le ciel va se dégager car en plus des témoins que nous avons cités, des amis de Katoucha se sont manifestés à nous pour pouvoir témoigner devant le juge. Je vais comme ça au Canada pour une conférence mais je dois revenir sur Paris pour une réunion avec Me Rolland Dumas qui n’a pas assisté à l’entretien avec le juge ». Les demandes des avocats sont consignées, réitérées hier devant le juge, et sont contenues dans une requête obtenue en exclusivité par L’As, qui en avait d’ailleurs révélé quelques éléments.

Sous le numéro 6452/08/NF, la requête avance que certains témoins dont Laurent et Dorian Cotte (Ndlr : le compagnon de Katoucha et son fils) qui vivaient avec Katoucha dans la péniche, n’ont pas été entendus sur les raisons de leur absence la nuit du drame et les jours précédents. Aussi, au point 2 de la requête, les avocats demandent-ils au magistrat instructeur d’« entendre à nouveau Laurent et Dorian Cotte pour savoir où et avec qui ils étaient du 31 janvier au 04 février 2008 ». Une demande formulée encore verbalement hier devant le juge parisien.

Après cette demande, une autre personne, jusque-là non citée dans le dossier, fait son apparition : Jonathan Wardovoir, voisin de Katoucha Niane. La requête renseigne : « Monsieur Wardovoir Jonathan, voisin de Katoucha n’a pas tout dit. Il a entendu cette dernière s’écrier : « j’ai froid, j’ai froid » au point qu’il est sorti de sa péniche à 2 heures du matin. Il devait s’agir de cris d’angoisse et de peur, sinon, il ne serait pas sorti ».

Le document poursuit : « Madame Katoucha Niane portait un manteau ce soir-là. Si elle avait froid, on a dû enlever le manteau et c’est quelqu’un qui la connaît bien qui a pu l’enlever ». Aussi, la requête demande-t-elle au juge, en son point 3, d’« entendre Wardovoir sur ces points ». Avant d’ajouter : « Les amis de Katoucha qui ont dîné avec elle n’ont pas tout dit ». En effet, comme le mentionne le rapport de la police, le jour des faits, Katoucha et ses amis ont dîné au restaurant « Les Cotes ». D’ailleurs, le personnel a été entendu le 11 février 2008 par la police. De leur témoignage, il ressort qu’à un moment de la soirée, Katoucha Niane, qui avait des maux de ventre, avait demandé un verre d’eau pour prendre des comprimés. En tout, la requête demande au juge d’« entendre ses amis sur le manteau de Katoucha et comment le taxi a pu accéder à la péniche pour la déposer ». Fait assez bizarre, le manteau n’a pas été retrouvé sur la victime mais sur le bord de la péniche, tout comme le sac qu’elle tenait le jour des faits. Et là, la requête souligne un fait intéressant : « Le sac de Katoucha (a) passé la nuit sur la péniche alors qu’il pleuvait très fort ». Comme on l’a déjà révélé, c’est seulement deux jours après les faits, que ce « sac » a été ramassé par Dorian, le fils du compagnon de Katoucha. Détail important : « Pourquoi les papiers et chéquiers n’étaient pas mouillés ? », se demandent les avocats qui trouvent là une raison pour le juge « d’entendre Dorian ».

Si le juge annonce une commission rogatoire, c’est surtout pour entendre la voyante de Katoucha . En effet, Katoucha a appelé la veille du drame sa voyante pour lui dire qu’X (Ndlr : nous nous gardons de citer son nom pour ne pas gêner l’instruction) voulait attenter à sa vie ». Il se trouve que « X » fait partie du proche entourage de Katoucha Niane. Dans leur requête, les avocats se gardent de citer le nom de la voyante sénégalaise de Katoucha, pour « la protéger ». Outre cette voyante, la requête demande au juge, toujours dans le cadre d’une éventuelle commission rogatoire à Dakar, d’entendre un ressortissant étranger établi à Dakar. Ce dernier, selon la requête, n’a pas apprécié que Katoucha, à la veille de son départ pour Paris après des vacances au Sénégal, l’ait dénoncé à la police pour « trafic de drogue.

Cheikh Mbacké GUISSE l'asquotidien
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