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Campagne Législatives 2017

Cartes biométriques, 47 bulletins, récépissés : les polémiques d'organisation de 2017

Rédigé par leral.net le Mercredi 16 Septembre 2026 à 10:00 |

Les législatives du 30 juillet 2017 ont été validées et leurs résultats n'ont fait l'objet d'aucun recours retenu. Mais leur préparation a été l'une des plus discutées de l'histoire électorale récente du Sénégal. Trois sujets ont cristallisé le débat : la nouvelle carte d'électeur biométrique, le nombre inédit de bulletins et la décision de dernière minute du Conseil constitutionnel. Retour factuel sur ces épisodes.

La carte biométrique CEDEAO en retard

Le Sénégal avait engagé, avant le scrutin, la refonte de son fichier électoral et le remplacement des anciennes cartes par une carte d'identité biométrique aux normes de la CEDEAO, servant aussi de carte d'électeur. Le contrat, d'un montant d'environ 50 milliards de francs CFA selon Jeune Afrique, avait été confié à la société malaisienne Iris Corporation Berhad pour dix millions de cartes sur dix ans.

Le problème est venu du calendrier. Le nombre d'inscrits, plus de 6 millions, a dépassé les prévisions initiales, et la production comme la distribution ont pris du retard. À quelques jours du vote, environ 70 % des cartes avaient été distribuées et près de 800 000 n'avaient pas pu être éditées, toujours selon la même source. Des files d'attente devant les commissions de distribution et des électeurs sans carte ont alimenté la tension entre le ministère de l'Intérieur et l'opposition.

La décision du Conseil constitutionnel

Le 26 juillet 2017, à quatre jours du scrutin, le Conseil constitutionnel a rendu sa décision n° 8-2017. Elle a autorisé les électeurs n'ayant pas reçu leur nouvelle carte à voter avec leur ancienne carte d'électeur, leur carte d'identité ou leur passeport, à condition de présenter le récépissé d'inscription sur les listes électorales. L'objectif affiché était d'éviter que des centaines de milliers d'inscrits ne soient privés de vote.

Cette mesure a été rejetée par plusieurs coalitions d'opposition, qui y voyaient un risque de fraude. La coalition Wattu Senegaal a dénoncé, dans un communiqué cité par Jeune Afrique, une « confusion entretenue à dessein pour priver une partie importante des Sénégalais de leur droit de vote ». Le pouvoir, de son côté, a défendu une décision destinée à garantir la participation du plus grand nombre. Le jour du vote, le ministère de l'Intérieur a par ailleurs interdit la circulation entre régions pour des raisons de sécurité, ce qui a été également contesté.

47 listes, et autant de bulletins

Le second casse-tête tenait au nombre de listes. Avec 47 candidatures validées, le principe du bulletin unique par liste impliquait que chaque électeur reçoive 47 bulletins avant d'entrer dans l'isoloir, ce qui posait des problèmes d'impression, de transport et de temps de vote. Le Code électoral a été modifié en urgence pour permettre à l'électeur de ne prendre qu'un minimum de cinq bulletins, une solution de compromis qui a elle-même fait débat, certaines listes craignant d'être désavantagées.

Ces difficultés ont été relevées par les missions d'observation, dont celle de l'Union africaine, qui ont fait état d'ouvertures tardives de bureaux et de retards dans l'acheminement du matériel, tout en considérant que le scrutin s'était globalement déroulé dans le calme.

À retenir

Le débat de 2017 a laissé des traces. Il a nourri, dans les années suivantes, les discussions sur l'audit du fichier électoral, sur le parrainage introduit en 2018 pour limiter le nombre de candidatures, et sur la distribution des cartes avant chaque scrutin. Les législatives de 2022, avec huit listes seulement, et celles de 2024, avec 41 listes, ont montré que la question du nombre de candidatures restait posée. Comprendre 2017, c'est comprendre pourquoi l'organisation matérielle des élections est devenue un sujet politique à part entière au Sénégal.

Photo : Photowalk / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)




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