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Commission d’enquête parlementaire sur le Conseil constitutionnel: Jour de vérité entre pro-Macky et pro-Amadou Bâ

La guerre à laquelle se livrent deux camps rivaux au sein de l’Alliance pour la République (APR) et qui se prolonge jusqu’à l’Assemblée nationale, donnera, à coup sûr, aujourd’hui, son verdict. Pro-Macky et pro-Amadou Bâ se sont livrés à une première bataille par communiqués interposés. Désormais, au sein du parti présidentiel, pro-Macky et pro-Amadou Bâ sont engagés dans un conflit à mort.


Rédigé par leral.net le Mercredi 31 Janvier 2024 à 11:55 | | 0 commentaire(s)|

Commission d’enquête parlementaire sur le Conseil constitutionnel: Jour de vérité entre pro-Macky et pro-Amadou Bâ
La rivalité est désormais sur la place publique. Et ce sont les deux communiqués rendus publics par l’APR, qui en annoncent la couleur. Juste après la sortie des 24 députés libéraux demandant la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur les conditions dans lesquelles Karim Wade a été écarté de la Présidentielle du 25 février prochain, le Secrétariat exécutif national (SEN) a réagi, demandant « aux députés membres du groupe parlementaire de BBY, de rester attentifs à l’initiative du PDS pour la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire, aux fins d’être édifiés sur la non validation de la candidature de leur leader ».

Le SEN va plus loin, en appelant à la « mise en place d’un front uni pour la République ». Ce communiqué qui a surpris plus d’un, prenait nettement parti pour le Parti démocratique sénégalais (PDS). Pourtant, les mots du communiqué du PDS demandant la mise en place de la commission d’enquête parlementaire, étaient trop durs.

D'après "Point Actu", les camarades de Karim Wade qui appellent leurs militants à se mobiliser pour se battre, accusent des juges du Conseil constitutionnel, de « corruption » et de « conflits d’intérêts » et disent que pour cette dernière raison, les membres du Conseil constitutionnel en cause auraient dû démissionner. Mais à deux jours de la plénière de l’Assemblée nationale portant sur la mise sur pied de la commission d’enquête, le même SEN qui avait mis de l’eau de l’eau dans le moulin du PDS, appelle « au respect des principes fondamentaux des institutions, de la séparation des pouvoirs et réitère au Président Macky Sall, son engagement déterminé ainsi que son soutien sans faille dans sa mission de garantir la sécurité, la stabilité et la préservation de la République ».

C’est à croire qu’au-delà des deux communiqués, deux APR s’affrontent. D’ailleurs, un cacique de l’APR qui a requis l’anonymat, a clairement affiché sa position. Dans les réseaux sociaux, il appelle les députés de la majorité à se garder de se mêler de cette initiative des libéraux. Le ramollissement n’est pas, d’ailleurs, du seul camp présidentiel. Les libéraux qui avaient au départ justifié leur demande de mise en place d’une commission d’enquête, ont subtilement retiré le terme « corruption » de l’exposé des motifs, se cantonnant uniquement aux « conflits d’intérêts » et aux problèmes nés du contrôle des parrainages. Donnent-ils par là, une porte de sortie aux députés de la majorité qui voulaient voter la résolution ?

Une chose est sûre, si cette résolution passe, les dégâts pourraient énormes sur les rapports entre le pouvoir et les institutions, notamment celle judiciaire. D’ailleurs, le Conseil constitutionnel a annoncé la couleur, affirmant qu’il continuerait sa mission. L’Union des magistrats du Sénégal a, quant à elle, fustigé, cette démarche tendant à fragiliser la justice.

Aujourd’hui, on sera également, sans doute, édifié l’attitude définitive des députés de Yewwi et de Taxawu, dont les représentants à la commission des Lois avaient voté oui. On saura aussi le niveau de mainmise du chef de l’Etat sur cette situation pré-électorale, à l’allure totalement inédite.

Ousmane Wade