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Crash de l’hélico de l’armée: Le film de la catastrophe raconté par le pêcheur Madou Diarra, témoin oculaire


Rédigé par leral.net le Vendredi 16 Mars 2018 à 10:21 | | 0 commentaire(s)|


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L’hélicoptère de transport de l'Armée de type Mi-17, immatriculé 6WHTA, s'est écrasé mercredi vers 19 heures près de Missirah (dans la zone des Mangroves), région de Fatick. Le crash a fait 8 morts et 12 blessés dont 3 dans un état grave. L’appareil qui avait à son bord 20 personnes dont 4 membres de l’équipage, revenait de Ziguinchor, pour une mission sociale. Témoin oculaire, le pêcheur Madou Diarra, originaire de Missirah rembobine pour "L'Observateur", le film de la catastrophe.

"Comme d’habitude, j’étais parti seul à la pêche, après la prière de 17 heures, quand la marée a commencé à remonter. Tout se passait bien. Le delta et ses mangroves étaient paisibles comme d’habitude, jusqu’au coucher du soleil. Quand la nuit est tombée, j’ai commencé à étaler mes filets. C’est le début d’une soirée de pêche. Soudain, j’ai aperçu dans les airs, l’appareil faire des rotations comme s’il était perdu dans un trou d’air. Le pilote ne semblait plus en avoir le contrôle. Ça valsait dans toutes les directions, avant que le vrombissement du moteur ne s’arrête. Et brusquement, un bruit assourdissant a retenti, ameutant tout le village.

Après cela, un calme plat est revenu. On entend mais on ne voit plus rien. Automatiquement, j’ai dirigé ma pirogue vers le lieu du crash. Mais, je n’ai rien vu. J’ai pensé au début, que l’appareil était tombé à l’eau. J’ai fait le tour sans rien voir. C’est par la suite que je me suis rapproché de la mangrove et suis descendu de la pirogue. C’est là que j’ai entendu des cris de détresse. Il y avait une femme qui criait très fort. Comme il faisait sombre, j’ai allumé la torche de mon téléphone portable pour retrouver l’épave. Je me suis faufilé dans la mangrove pour arriver au lieu où l’appareil a crashé.

Ensuite, j’ai fait le tour de l’appareil, seul la porte de derrière était ouverte. J’ai constaté que quatre personnes étaient assises, les autres ne bougeaient pas. Je suis monté à bord de l’appareil pour faire signe aux autres. Mais il était impossible d’accéder dans la mangrove. J’ai ainsi alerté une autre pirogue pour faire dire aux villageois d’apporter des coupe-coupe et autres instruments pour pouvoir accéder à la mangrove. Il faisait nuit et c’est dans l’obscurité, avec des torches, qu’on a secouru toutes les victimes avant l’arrivée de l’armée, de la gendarmerie, des sapeurs-pompiers et des agents des Eaux et Forêts. Tout le village s’est mobilisé pour apporter assistance aux blessés. C’est la première fois de ma vie que j’assiste à une telle catastrophe. J’avais vraiment peur, car certains étaient presque écrabouillés. J'étais sous le choc."