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Députés faussaires, élèves tricheurs: La réputation du Sénégal écornée

Du scandale des faux diplômes du Bac en 2011 en passant par le cas des élèves-maîtres qui avait éclaboussé en 2014, le secteur de l’enseignement, la fuite notée sur certaines épreuves du baccalauréat 2017, les affaires Boughazelli et des «mariages diplomatiques», le faux et la triche progressent au Sénégal. Si tout le monde s’en émeut, les sanctions ne sont malheureusement pas assez dissuasives pour freiner les tricheurs et faussaires et leurs complices, qui portent atteinte à la réputation du pays. "Tribune"


Rédigé par leral.net le Vendredi 10 Septembre 2021 à 10:46 | | 0 commentaire(s)|

Députés faussaires, élèves tricheurs: La réputation du Sénégal écornée
En effet, au Sénégal où la triche et le faux se sont banalisés, les scandales sur le bac et le concours de recrutement des élèves-maîtres sont encore frais dans les mémoires. Falsifier un diplôme, se le faire établir sur la base de faux, tricher à un examen, sont devenus monnaie courante.

On ne sait pas si c’est à cause d’une malhonnêteté intellectuelle généralisée que le faux et la triche connaissent un boom au Sénégal. Mais, force est de constater que les scandales se suivent, avec de plus en plus d’individus qui choisissent la facilité pour passer un examen ou réussir à un concours. Pour rappel, en novembre 2011, l’office du Bac avait été éclaboussé par une histoire de faux diplôme qui avait marqué les esprits.

Entre triche et usage de faux

L’enquête menée tambour battant par la Section de Recherches de la gendarmerie et la Dic a permis de remonter les origines de ce scandale, parti d’une dame nommée Seynabou Diallo qui avait fait appel à Korka Bâ, afin de se faire délivrer un faux diplôme du Bac. Pour motif de cette démarche, Seynabou expliquait aux enquêteurs qu’elle ne voulait pas être la risée de sa famille.

En tout cas, sur la base des relevés des notes d’une élève dénommée Ndèye Ngoné Ndiaye, Mamadou Korka et Seynabou Diallo se présenteront à l’office du Bac où, après constat du faux, l’agent sollicité pour l’établissement du sésame, refusa de le délivrer.

Toutefois, l’enquête permit de découvrir dans la chambre de Mamadou Korka Bâ, trois faux relevés du Bac, 31 extraits de naissance et 24 relevés de notes qui seront saisis comme pièces à conviction. Même si ces deux faussaires de la trempe de M. Bâ et Mme Diallo ont été jetés en prison, ils n’ont pas payé les 550 millions FCfa qui leur ont été réclamés au cours de leur procès par l’Agence judiciaire de l’État.

Pour un autre scandale qui a secoué le secteur de l’enseignement, il s’est passé en juillet 2014, lorsque le ministre de l'Éducation nationale, Serigne Mbaye Thiam prenait un arrêté pour renvoyer des élèves-maîtres. Pour prendre une telle mesure, le ministre révélait que le recrutement des élèves-maîtres en question était entaché d’irrégularités pour 690 d'entre eux, habitant pour la majorité à Saint-Louis, Linguère et Fatick.

Les sanctions en question

L’enquête ouverte sur ce scandale avait abouti à l’arrestation du directeur du Bureau des Examens et Concours et d’un de ses agents. Mais, pendant que la polémique enflait sur cette affaire entre le ministre, les syndicats d’enseignants et les élèves-maîtres, les premiers suspects dont les domiciles ont été perquisitionnés, sont curieusement libérés sans que l’opinion ne soit édifiée sur qui du ministre Thiam ou des élèves avait raison.

Si, comme l’a toujours affirmé Serigne Mbaye Thiam, il y a eu fraude, qui étaient les complices de ces élèves-maîtres ? Y avait-il des commanditaires tapis en haut lieu, qui avaient payé pour faire passer le concours à des proches ?

Tout cela devient mystère avec l’enquête qui n’a pas progressé et pour laquelle les suspects arrêtés ont été libérés. Les récurrentes fuites à l’organisation des examens du Bfem, les cas de triche sur fond de substitution de candidat comme ça été le cas à Diourbel, les nombreux cas de triche partout dans le pays, ont alimenté l’actualité. Chez les députés, Seydina Fall Boughazelli a été arrêté avec des faux billets.

Ce qui lui a valu d’être renvoyé de l’Assemblée nationale et envoyé en prison. Actuellement, ce sont deux autres députés et un maire qui sont cités dans le scandale des «mariages diplomatiques».

À propos de ces passeports qui font débat, l’État du Sénégal ne devrait vraiment pas donner droit aux épouses des députés d’avoir des passeports diplomatiques. En quels nom et qualité ? Dans quel intérêt pour le pays, ces femmes doivent avoir le passeport diplomatique, inaccessible aux enseignants, au personnel de santé, aux policiers, gendarmes et militaires qui sont mieux placés… ?

En tout cas, par rapport à ces usages de faux et de triches, ce sur quoi il y a des interrogations, c’est la suite qui est donnée aux résultats des enquêtes.







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