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Drôle de séance du Conseil municipal : Une camionnette de policiers et un minibus de lutteurs pour une délibération

Jamais de mémoire de Lougatois, une réunion de Conseil municipal n’a été aussi tumultueuse dans son organisation. Ce matin du 29 février 2020 restera dans les annales. Dès 8 heures, une camionnette remplie de policiers en béret rouge était stationnée devant la porte de la mairie, en plus d’un minibus rempli de lutteurs ou de gorilles. Dans la cour menant à la salle de délibération, on se croirait en état de siège. Les policiers commençaient à filtrer les entrées sous l’œil du chef de protocole du ministère que dirige le ministre-maire, tandis que les gros bras étaient postés à l’étage, à l’intérieur de la salle de délibération et sa devanture.


Rédigé par leral.net le Jeudi 5 Mars 2020 à 21:32 | | 0 commentaire(s)|

Mis au parfum du filtrage devant la porte d’entrée, les conseillers municipaux Amar Thiam, Birahim Tall et Ibrahima Diop sont venus parler au responsable de la police pour s’enquérir de la situation. Ce dernier leur répondit avoir reçu des ordres.

Malgré leur insistance en expliquant qu’il s’agissait d’une séance à caractère public, le responsable de la police dont il faut saluer la capacité d’écoute, expliqua qu’il ne pouvait rien faire à cause des ordres reçus. N’eut été l’intervention du Secrétaire général Madické Dieng, qui a câblé l’autorité administrative pour laisser le public accéder à la salle de délibération la situation aurait pu dégénérer.

De quoi avait peur le maire de Louga qui en un moment donné de la réunion, a voulu terminer la séance à huis-clos alors que ses partisans étaient plus nombreux et s’invitaient même aux débats quand l’autre camp avait la parole ?

Les « amazones » de Moustapha Diop étaient toutes habillées de la même tenue, donnant à cette séance solennelle un caractère de meeting politique, avec des sifflets et des quolibets lancés aux conseillers de l’opposition pendant leur prise de parole. Plus grave, c’est le maire qui a créé tout ce désordre car un de ses partisans, Souleymane Jules Diop en l’occurrence et comme toujours, a dit des vérités sur les réalisations de l’APR à Louga.

Moustapha Diop qui s’est toujours approprié ces réalisations, a vu rouge et n’a pas manqué de taxer Souleymane d’opportuniste, car ce dernier lui aurait demandé de quoi changer le moteur de son véhicule sans succès. Souleymane ne s’est pas laissé faire et s’est défoulé à volonté sur le maire. Cette maladresse, il faut le signaler, est indigne de la part du maire car, même si cela était avéré, il s’agissait d’une affaire privée entre eux qui n’intéresse ni ne concerne le Conseil municipal. Il a fallu l’intervention de Ismaïla Mbengue Fall pour sauver la situation, car les nerfs étaient tendus.

Mais, profitant de la confusion Ismaïla a voulu répondre aux questions posées par des conseillers municipaux, ce qui a irrité ces derniers qui ne se sont pas laissés faire. C’est ainsi que l’adoption du procès-verbal du conseil précédent, premier point de l’ordre du jour, a pris une heure trente de bataille de procédure à cause de la non fidélité du PV.

Le deuxième point était relatif au vote de l’autorisation spéciale de recettes et de dépenses pour la gestion 2020, qui a fini demontrer le caractère informel et irresponsable de cette équipe municipale. La préoccupation majeure des nouveaux quartiers est d’avoir des postes de santé comme il a été souligné par des conseillers des deux camps, là où la commission des finances a opté pour la réalisation d’espaces verts à hauteur de cinquante millions.

L’adoption du plan d’aménagement du boulevard Abdou Diouf a tenu la salle en haleine. Après la présentation du projet en imagerie HD, les partisans du maire ont commencé à jubiler oubliant le caractère sérieux de cette question qui a connu beaucoup de vices de formes. Le maire avait sauté cette étape importante quand il disait qu’il y avait une délibération municipale et que la convention a été approuvée par le préfet, alors qu’il n’en a rien été. Le déroulement du débat a montré que tout ce qui a été dit avant était du faux, perpétré par les autorités municipale et administrative.

Concernant les composantes du plan d’aménagement, aucune réponse n’a été donnée sur les questions posées. Ensuite, le plan du parc à loisirs a été présenté par le promoteur comme l’exige la loi et ce qu’à toujours réclamé le collectif « Aar boulevard Abdou Diouf ». Sur ce volet, rien de nouveau à part la présentation d’images en 4D du promoteur qui se croyait en terrain conquis. Ce dernier a poussé le bouchon jusqu’à insulter l’intelligence des Lougatois, en lançant avec arrogance aux conseillers municipaux : « Je n’ai pas affaire à vous, j’ai affaire au boss, je suis un talibé de Cheikh Ibra Fall ! », ignorant que ces conseillers municipaux représentent les populations.

Les Lougatois s’attendaient pourtant à une présentation détaillée sur le plan financier et technique. Tels que : Quelles sont les normes de sécurité des aires de jeux ? Car, pour de tels projets, il faut s’assurer d’une manière générale et avec responsabilité que les équipements mis à la disposition des habitants ne présentent aucun danger pour eux. La mise en sécurité de ces équipements passe notamment par le respect des normes qui en encadrent leur conception et leur réalisation.

Les matériels utilisés pour les enfants, quel que soit leur lieu d’implantation, doivent répondre à des normes générales de sécurité(durée de vie des matériaux, absence de pointes, d’arêtes saillantes, de surfaces rugueuses etc.) et, s’agissant des toboggans, équipements rotatifs ou balançoires, il y a des normes spécifiques à respecter. Par ailleurs, le promoteur affirme qu’aucun manège n’est prévu dans son projet, ce qui appelle de la circonspection auprès des populations. Car si un manège n’est pas prévu, pourquoi lui accorderait-on une surface aussi importante de 6000 m2 ?

Le plus étonnant est que lorsque la question relative au coût du projet lui a été posée, il a affirmé n’en avoir aucune idée « pour le moment », alors que le maire avait fini de dire à tout le monde que le coût est de 50.000.000 Francs Cfa. Lorsque nous avons annoncé ce montant, le promoteur a rétorqué que ceux qui l’avancent ne savent pas ce qu’ils disent. Parlant de la durée de l’installation, il dira qu’il avait prévu le mois de juillet mais vu le retard il va revoir son planning ce qui veut dire que ce projet ne verra pas le jour avant 2021.

Les partisans du maire qui crient victoire savent-ils que ce n’est que le début du processus ? Quel est l’avis des services techniques, celle de la protection civile, sans compter les nombreuses questions restées sans suite.

Nelson Mandela ne disait-il pas : « Dans une compétition, je ne perds jamais, soit je gagne soit j’apprends ».

Le conseil municipal dans son entièreté doit savoir que le plus difficile vient de commencer, aussi les conseillers doivent-ils laisser de côté l’esprit partisan et travailler ensemble dans ce dossier sans occulter aucun point concernant sa réalisation. A l’échelle nationale, nous avons vu tous ces montages montrés avec faste comme « fast track » et qui au finish, ont du mal à être réalisés.
Quant au maire de Louga il gagnerait à redonner aux réunions du conseil municipal toute la solennité requise. Ses laudateurs et ses gorilles n’ont pas de place derrière le présidium. Il faut également éviter de magnifier sa fierté parce que le promoteur est de la même appartenance sociale, ce qui peut provoquer des frustrations pour les autres couches sociales ou même confrériques et religieuses.

Quand le maire disait que Louga ne méritait pas ce Conseil municipal, il ne savait pas que cela le rattraperait. Posez la question relative à la dernière session du conseil municipal et vous constaterez le dégoût des populations lougatoises qui ont honte de leur Conseil municipal. Ce qui pose le problème de la majorité mécanique qui ne vote que pour le désir du prince et non des populations qui les ont élus.






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