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Entretien exclusif - Abdoulaye Diouf Sarr: « Macky Sall n’a jamais rechigné pour des faveurs à accorder à la jeunesse »

De la gestion de la pandémie a l’embellie du système sanitaire, le chef du département de la Santé et de l’Action sociale se félicite des résultats obtenus et de la mise à niveau technique et opérationnelle. Abdoulaye Diouf Sarr, qui ne bombe pas le torse, ne crache cependant pas sur la trajectoire heureuse de lutte contre la Covid-19, avec la tendance à la baisse et une bonne conduite de la campagne de vaccination. Le ministre de la Santé, appréciant les fortes mesures prises par le chef de l’Etat pour abréger la souffrance des jeunes, estime que le chef de l’Etat, MackySall, a toujours mis en avant cette frange de la population et des efforts colossaux ont été faits pour la prise en charge de cette couche de la population. Dans cet entretien accordé à "Kritik", le ministre et non moins Maire de Yoff ne zappe pas la politique mais Diouf Sarr prend de la hauteur et préfère se concentrer sur les urgences de l’heure.


Rédigé par leral.net le Vendredi 9 Avril 2021 à 16:38 | | 0 commentaire(s)|

Monsieur le Ministre, au lendemain de la Journée mondiale de la Santé, comment se porte le secteur, surtout avec l’épreuve que nous traversons avec la pandémie du Coronavirus ?

Rendons grâce à Dieu et prions à ce jour pour que nos malades, nos familles, ceux-là impactés par la pandémie, s’en sortent et que, dans l’ensemble, les populations continuent de maintenir la tendance pour profiter au maximum des services de soins. C’est vrai que la Journée mondiale dédiée à la santé est un prétexte, chaque année, pour faire la revue des programmes déroulés et du coup, projeter nos efforts vers des perspectives, pour in fine, atteindre les objectifs assignés par le chef de l’Etat, dans la quête éternelle de qualité de soins et d’amélioration du plateau médical.

A ce niveau, les efforts consentis par l’Etat ont fourni des résultats qui nous valent des satisfactions. Mais la plus grande satisfaction de ma part,c’est l’engagement sans faille du personnel de Santé à tous les échelons. A ces vaillants citoyens qui, plus d’un an durant, sont au front nuit et jour, contre la Covid-19, je leur décerne la palme d’honneur exhortant néanmoins à ce que les efforts soient maintenus pour tourner la page de la pandémie.

La riposte contre le virus a permis d’améliorer l’offre et le plateau médical. Quelles sont les poches de résistance pour avoir un système de santé performant à tous les niveaux ?

A chaque chose, malheur est bon. Si le renforcement du dispositif sanitaire et la mise à niveau des structures de Santé ont toujours été érigés en priorité dans notre politique, la volonté politique du chef de l’Etat, nous a permis, cette année singulièrement, de faire des pas de géant dans l’équipement et le relèvement du plateau. Les hôpitaux phares de Fann et de Dalal Diamm ont été équipés avec des machines de dernière génération et plusieurs pathologies sont désormais prises en charge correctement dans nos hôpitaux.

Le même effort de mise à niveau technique s’est opéré sur le plan national et avec la Covid-19, la riposte prenant en charge plusieurs structures habilitées, a été accompagnée en termes d’intrants et d’équipements et certaines régions de l’Intérieur du pays ont vu leurs plateaux médicaux équipés et remis à neuf ou rénovés entièrement. D’ici quelques jours, quatre nouveaux hôpitaux seront inaugurés par le Président Macky Sall à Sédhiou, Kédougou, Kaffrine et Touba. Jamais, dans l’histoire du Sénégal, un Chef d’Etat n’a eu à inaugurer, durant son magistère, autant d’hôpitaux. En plus du renforcement du plateau technique avec l’affectation de ressources humaines spécialisées, ces hôpitaux flambant neufs ont été dotés d’équipements de pointe comme des scanners, des équipements de bloc opératoire, des laboratoires, etc…

La campagne de vaccination bat son plein et les populations y adhèrent. Mais, nous sommes toujours dans la quête de nouveaux vaccins. Où en êtes-vous pour l’acquisition de nouvelles doses ?

C’est un engament résolu de son Excellence Monsieur le Président Macky Sall qui, dès le début, a estimé que nous devons d’abord compter sur nos propres efforts, nos moyens et notre stratégie pour acquérir des doses supplémentaires en dehors de l’initiative Covax. C’est d’ailleurs cette vision d’anticipation qui nous a permis de lancer la campagne sans attendre l’initiative internationale cordonnée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui, espérons-le, livrera ses doses en cette fin de mois ou au plus tard, en début Mai. Nous ne nous arrêterons pas en si bon chemin et nous travaillons en ce moment, conformément aux instructions du Chef de l’Etat, pour l’acquisition du candidat « Johnson & Johnson ».

Pour ce qui est de la campagne nationale de vaccination, touchons du bois. Nous avons atteint un seuil intéressant, qui tourne autour de 310 000 personnes vaccinées et, sur le terrain, la demande est pressante au niveau de certaines structures qui accueillent, quelques fois, plus de personnes que prévu. Les dernières remontées officielles font état d’un rush dans certaines régions avec la fin des préjugés sur le vaccin. Tout compte fait, nous sommes sur une trajectoire satisfaisante, qu’il va falloir maintenir et au besoin, renforcer. Et pour cela, les techniciens sont en alerte et au niveau de la pharmacovigilance, les clignotants sont au vert et le Comité de gestion ne dort pas sur ses lauriers.

« Je suis parfaitement en phase avec les camarades qui s’activent sur le terrain »

Des syndicats de santé menacent de secouer le secteur car, l’Etat ne respecte pas les accords signés et plusieurs griefs sont soulevés par les praticiens portant sur leur protection, les accords d’établissement…

La question sociale et syndicale est comme un serpent de mer qui revient à chaque ressac de la vague de gestion du secteur dans notre pays. Les partenaires sociaux sont tout aussi dans la riposte que le gouvernement, pour dire que le climat pacifié nous a facilités, jusque-là, la gestion saine de la pandémie. Je peux comprendre les doléances brandies, mais le ministère est ouvert et les plages de concertation restent d’actualité pour poser tous les problèmes et chercher à les solutionner, dans la mesure du possible.

Sur le plan politique, c’est l’offensive au niveau de l’Apr et, à l’exception des responsables de Dakar, tous les ténors montent au créneau. Vous êtes moins visible ces derniers temps…

C’est vrai qu’on est absorbé en tant que capitaine de la riposte sanitaire mais nous sommes parfaitement en phase avec les camarades qui s’activent sur le terrain. Personnellement, les charges actuelles au niveau du département de la Santé ne permettent aucun répit sur le plan professionnel et je puis vous assurer que c’est un rythme infernal, une pression constante mais aussi des attentes. A titre de pilote du secteur, je ne peux déserter les hôpitaux pour les militants et c’est pour réussir la charge que le Président Macky Sall m’a confiée, que je me concentre exclusivement sur la question, pour maintenir le cap de la riposte et la mobilisation du corps médical. Maintenant, l’heure arrivera, quand vraiment la pandémie sera un mauvais souvenir, pour savoir qui pèse quoi.

Le débat est agité sur le report des Locales. Qu’est-ce qui fonde la position du pouvoir pour le recul des dates prévues courant 2021 ?

Vous savez, avec cette pandémie, c’est le calendrier mondial qui a été bouleversé et pour des pays à revenus moyens comme les nôtres, avec l’effet surprise, l’impact a été tel que plusieurs programmes politiques, économiques et éducatifs ont été perturbés. Pour ce qui est du report des élections locales, c’est un mauvais procès qu’on fait au pouvoir. On ne peut vouloir une chose et son contraire. C’est l’opposition, dans une volonté nihiliste, qui a posé le débat sur l’audit et le toilettage du fichier électoral comme des préalables à toute échéance électorale. Le chef de l’Etat, dans sa volonté maintes fois réaffirmée d’appeler au dialogue, a satisfait à cette demande et le dialogue politique s’est approprié la question. Attendons de voir ce qui sortira du travail des experts, mais je ne suis pas de ceux qui soutiennent que c’est le pouvoir qui force la main à la classe politique. C’est l’opposition qui est tombée dans son propre jeu.

Vous ne pouvez pas vous dérober de la bataille de Dakar. Avez-vous un plan coordonné au niveau du parti pour aller à l’assaut du suffrage des électeurs de la capitale ?

Le moment venu, comme dans tous partis organisés, nous évaluerons en fonction des enjeux pour le parti, mais aussi selon les profils, en notre sein, capables de mener la barque victorieusement. Si maintenant, c’est la volonté du parti, que je monte au créneau, je ne ménagerai aucun effort pour accomplir le vœu de mes camarades si c’est aussi le souhait des électeurs de la capitale.

Et pour la commune de Yoff, allez-vous rempiler ?

Naturellement ! En effet, depuis notre élection à la tête de la municipalité en 2014, nous nous sommes efforcés à solutionner les multiples et diverses doléances des populations. Aujourd’hui, je peux affirmer sans risque de me tromper, que l’équipe municipale a radicalement transformé le visage de la commune de Yoff. Du Quai de Pêche, à la Place Ndieuw en passant par Pencum Yoff, sans oublier le pavage en cours, le Centre d’incubation, etc. et tutti quanti, le bilan est plus qu’élogieux. Toutefois, nos ambitions dépassent de loin ce que nous avons réalisé et ce mandat nous permettra de faire de Yoff, une commune émergente dans le sillage du Sénégal émergent.

Les derniers événements sanglants en marge de l’affaire « Sweet beauté » ont démontré, en dehors d’une frustration de la jeunesse, un ras-le-bol des populations. Quels enseignements en tirez-vous sur le plan local, à Yoff, ou vous êtes l'édile ?

Le Chef de l’Etat a été le premier à lire objectivement, cette vague de colère qui a déferlé sur le pays. Malgré les énormes investissements, la grandeur a fait que le Président MackySall, en père de la Nation, s’est engagé à répondre à la forte demande des jeunes, en créant les conditions d’une grande employabilité. Cette vision inclusive et généreuse doit conduire à un aéropage de projets et programmes, pour absorber le maximum de jeunes dans le monde de l’emploi. Au niveau de la commune de Yoff, cette approche a été le talon d’Achille de la gestion de l’équipe municipale et nous sommes heureux de renforcer les initiatives en cours et d’en profiler d’autres pour accompagner cet engagement de l’Etat à en finir avec cette lancinante question.

Le Chef de l’Etat a décidé d’une enveloppe substantielle, à travers une réaffectation budgétaire pour l’emploi et l’employabilité des jeunes. Ce n’est pas perdu d’avance ?

Plus que les sommes avancées, c’est la volonté manifestée du premier des Sénégalais d’apporter des réponses concrètes, qui augmente l’intérêt de cette initiative. Les services de l’Etat, qui travaillent sur la question, sous la directive éclairée de son Excellence le Président Macky Sall, trouveront les meilleurs ressorts pour la disponibilité des fonds et la faisabilité des grands projets. Aux jeunes de se mettre dans les dispositions pour bénéficier de formations ou de financements et je crois, qu’au bout du compte, c’est notre pays qui y gagne.

Cette question est fondamentale et, depuis son arrivée au pouvoir, le Chef de l’Etat Macky Sall n’a jamais rechigné pour des faveurs à accorder à cette couche de la population. Le contexte exige juste que les procédures soient accélérées et les cibles bien identifiées pour, à travers le pays, impacter le maximum de jeunes et leur permettre d’entrevoir un avenir meilleur avec des outils qui leur permettra de rivaliser avec leurs pairs, à travers le monde.



Kritik

Propos recueillis par El Samba Thiam



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