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Espagne : 500 000 migrants seront régularisés

La régularisation extraordinaire annoncée en Espagne le 27 janvier 2026, lors du Conseil des ministres, constitue une étape déterminante dans l’évolution de la politique migratoire du pays.


Rédigé par leral.net le Lundi 9 Février 2026 à 00:55 | | 0 commentaire(s)|

Cette décision intervient dans un contexte où les migrants jouent un rôle important dans de nombreux secteurs de l’économie espagnole, notamment l’agriculture, le bâtiment, les services et la restauration entre autres.

Selon les chiffres communiqués par les autorités, plus de 500 000 personnes seraient concernées par cette mesure, ce qui en fait la plus importante opération de ce type menée depuis plus de 20 ans, et la plus significative depuis celle de 2005.

La communauté sénégalaise établie en Espagne est directement concernée, de nombreux compatriotes vivant et travaillant sur le territoire depuis plusieurs années, souvent sans statut administratif régulier, malgré une intégration sociale et professionnelle bien réelle.

Dans ce cadre, la possession d’un passeport en cours de validité est indispensable pour accomplir toutes les formalités auprès des autorités espagnoles.

Conscient de cette situation et désireux de faciliter l’accès aux services consulaires, le Consul général du Sénégal à Madrid, Mamadou Lô, a rapproché l’administration consulaire des ressortissants sénégalais en déployant des équipes mobiles dans les zones à forte concentration sénégalaise.

Cette mission consulaire débutera son périple insulaire le 13 février 2026 à Fuerteventura, au Palais des Congrès, se poursuivra à Las Palmas les 14 et 15 courant, avant de s’achever les 16 et 17 février à Tenerife, permettant ainsi un accès direct aux services consulaires dans l’ensemble des îles Canaries.

Cette mesure ouvre des perspectives importantes pour les bénéficiaires, en leur offrant un titre de séjour légal assorti d’une autorisation de travail, l’accès à la sécurité sociale, aux soins de santé, à la formation et à une meilleure protection contre les abus et le travail non déclaré.

Pour les Sénégalais résidant en Espagne, elle constitue également une opportunité de stabilisation familiale, de régularisation des enfants scolarisés ou vivant sur le territoire, et d’amélioration durable des conditions de vie, tout en renforçant les relations économiques et sociales entre l’Espagne et le Sénégal.

Les autorités espagnoles justifient cette initiative par des considérations économiques, sociales et démographiques, dans une situation marquée par le vieillissement de la population et les besoins croissants de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs vitaux.

Cette opération résulte également d’une mobilisation citoyenne sans précédent, portée par de nombreuses associations et soutenue par plus de 700 000 signatures dans le cadre d’une initiative législative populaire présentée au Parlement espagnol.

Les conditions d’accès incluent la preuve d’une présence effective en Espagne pendant au moins cinq mois avant le 31 décembre 2025, l’absence de casier judiciaire et, selon les situations, un certain niveau d’ancrage social, familial ou professionnel.

Le processus s’étalera sur plusieurs mois, avec le dépôt des dossiers auprès des administrations compétentes et l’accompagnement des associations et organisations sociales pour faciliter l’accès à l’information et aux services.
Sur le plan politique, la mesure a suscité des réactions diverses : les formations progressistes, telles que le PSOE, Sumar et Podemos, y voient une réponse pragmatique et humaine, tandis que le Parti populaire (PP) et Vox, parmi les plus en vue, mettent en avant les risques liés à la gestion des flux migratoires, à la sécurité juridique et à l’impact sur les politiques d’intégration. Pour ces deux partis, cette initiative apparaît comme un effet d’annonce aux conséquences difficiles à évaluer.

Malgré ces divergences, de nombreux spécialistes estiment que cette régularisation contribuera à réduire l’économie informelle, à améliorer les conditions de travail et à renforcer la cohésion sociale.

En définitive, cette régularisation marque un tournant décisif dans la prise en compte de la réalité vécue par des centaines de milliers de personnes déjà pleinement intégrées et actives au sein de la société espagnole. Il s’agit de la plus vaste opération menée depuis plus de deux décennies, ouvrant ainsi une nouvelle phase axée sur l’intégration durable, la stabilité sociale et le rôle positif des migrations dans le développement économique et social du Royaume, de Sa Majesté Felipe VI.

MOMAR DIENG DIOP / ESPAGNE

Ousseynou Wade