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INFLATION DES CACHETS DANS L'ARÈNE: Un expert financier décèle des risques de crise majeure dans deux ans

Rédigé par leral.net le Vendredi 4 Décembre 2009 à 13:51 |

Les acteurs de la lutte s'inquiètent de l'inflation des cachets et de la réticence des responsables du Comité national de gestion (Cng) à tenir compte des sugges­tions et critiques. Cela pourrait déboucher sur une crise majeure dans la lutte, les années à venir, soutient d'ailleurs l'économiste Abdoul Aziz Sané.


INFLATION DES CACHETS DANS L'ARÈNE: Un expert financier décèle des risques de crise majeure dans deux ans
«On assiste à une escalade financière en se demandant où cela peut bien finir», souligne d'emblée Abdoul Aziz Sané, économiste, spé­cialiste des questions sportives. «C'est exacte­ment ce qui s'était passé dans la sphère finan­cière, il y a quelques années. Il y avait des signes évidents de crise et tout le monde les connais­sait. Mais on n'en a pas tenu compte parce que le crédit était facile. Dans le cas de la lutte, les signaux de danger sont là, mais personne ne semble se tracasser à leur sujet», explique l'é­conomiste.

Face à cette analyse, on est en droit de se demander ce qui se passera si cette discipline très prisée au Sénégal s'effondre à cause de cela. Surtout que, sans les nommer, l'écono­miste semble viser les promoteurs, le Comité national de gestion (Cng) de lutte et les man­agers qui ne soucient nullement des critiques des autres composantes de la lutte. Car, il prévient que la crise économique risque d'as­treindre les sponsors à se retirer au fil des saisons.

l'économiste affirme ainsi que «la marge publicitaire ­au Sénégal n'est pas large et les études le prouvent. Vous avez aujourd'hui dans la lutte deux grandes sociétés : Orange et Tigo. Ces dernières ne vont pas mettre chacune plus d'un demi-milliard dans la lutte. Et demain, si l'une d'elles se retirait comme l'ont déjà fait de spon­sors tels que Marlboro, L&M, Shell et récem­ment Axa-Assurances, les Biscuiteries Wehbé et autres, la lutte connaîtrait sa plus grande crise jamais vécue».

L'économiste de dire que cela va aussi pro­fondément toucher les jeunes lutteurs. Et par ricochet, les écuries vont commencer à souffrir de ce manque de combats qui va affecter d'autres lutteurs. «Au final, explique-t-il, si cette inflation ou flambée des cachets a un impact direct sur ce sport de combat, il y a réellement des raisons de s'inquiéter à moyen et long terme. Cela, compte tenu des nom­breuses agressions qui vont suivre dans Dakar et sa banlieue où la quasi-totalité des lutteurs résident».

En guise de conseil, l'expert financier demande au président du Comité national de gestion de lutte de mettre en place des mesures de con­trôle et d'inciter tous les promoteurs à s'aligner sur un barème en fonction des combat et des lutteurs. Cela, pour éviter une crise majeure de la lutte qui se profile à l'horizon. Surtout que la lutte ne tourne qu'autour d'une vingtaine de lutteurs, au moment où plus de six mille (6000) licenciés sont répertoriés.

Mbaye Jacque Diop
Source Le Populaire