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Dimanche 6 Septembre 2020

Impacté de la Covid 19/ Fin de l'Ordonnance Présidentielle: Les services des Impôts avec des ATD, bloquent les comptes des hôteliers, le Ministre du tourisme aphone


Les hôteliers du Sénégal traversent une phase de crise avec des Avis à Tiers Détenteur (ATD) « insensés » et des blocages de comptes bancaires. Se rapprochant d’un Bureau de Recouvrement de la DGID pour une main levée, il a été découvert que les services fiscaux ne tiennent compte d’aucune ordonnance du Chef de l’Etat ou arrêté Ministériel, relatif aux mesures d’allègement fiscal, liées à la pandémie de la COVID19. Ces services ont reçu l’ordre de recouvrer sans délai et sans distinction de secteur d’activité, tous les impôts dus par les entreprises sénégalaises depuis le début de la pandémie, jusqu’à ce jour. Incroyable !



Les services de recouvrement de la Direction générale des Impôts et des domaines est en train de sévir sans considération aucune dans le secteur hôtelier, impacté par la situation de la Covid 19. Acculés par les services des Impôts, considérés malheureusement, d’être dans leur rôle par rapport aux mesures prises, arrivées à expiration. Ces hôteliers, conscients de la singularité de leur secteur, devant être traité comme tel. Face à ce couperet, ils regrettent l’absence de soutien ou de réaction du Ministre du Tourisme, devant être leur protecteur. « Aucune réaction ou compassion de notre Ministre de tutelle », regrette-t-on.

Refusant de se faire pendre en plein jour, ces hôteliers comptent se défendre. Etant conscients que l’union fait la force, ils demandent à leurs collègue d’éviter d’essayer de régler de manière singulière ce problème. De facto, ils s’organisent pour initier des actions collectives, via des syndicats professionnels au niveau des Ministres, concernés afin de faire fléchir l’autorité. Avec l’argument de la situation de Covid 19 et les dettes de l’Etat envers eux, suite à la réquisition des réceptifs, ils projettent de saisir leur Ministre de tutelle. Même s’ils n’ont pas un très grand espoir de son engagement à leur côté. Restant d’avis que le tourisme était en 1ère ligne, ils signalent que le CNP est prêt à les accompagner comme il le fait depuis le début à chaque audience avec le Ministre des finances et du Budget.

« Devant les graves difficultés que nous vivons, nous ne devons pas baisser les bras. Les ATD s’abattent sur nous de façon insensée et incompréhensible. Pourtant une réunion qui s’était tenue au Ministère des finances avec une délégation du bureau du CNP, un des promoteurs hôteliers avait reposé le problème des impôts, en particulier l’IS pour les impactés du secteur du tourisme. Le Ministre ADD avait répondu que c’était prorogé jusqu’en octobre et vu la persistance de la crise, ce serait même envisageable de reporter en 2021 », se rappelle-t-on. Suite à cette assurance du Ministre sans écrit, ce même responsable avait pris la peine d’attirer l’attention d’un certain Hamidou Diop. Après 4 semaines, il avait écrit vainement, une lettre de rappel au ministre sur cette situation.


Des ATD infligés indifféremment aux entreprises

Relatif aux ATD, ils estiment que l’Administration fiscale est en train d’infliger indifféremment aux entreprises, y compris celles du secteur fortement non impactées de la COVID19. Ces victimes, découvre-t-on, se plaignent du fait que le pire est que le même ATD est envoyé à toutes leurs banques qui débitent la même somme, chiffrée à plusieurs dizaines de millions de FCfa dans les comptes. Un acte qui bloque du coup leur fonctionnement.

Ainsi, ces entreprises hôtelières qui se débattent pour survivre et maintenir les emplois risquent de fermer de manière définitive leurs portes. Pour éviter ce scénario moribond, il urge que leur patronat se rapproche du Ministère des Finances pour demander la main levée immédiate de ces ATD. Le mieux, considère-t-on, serait de négocier un différé de paiement de tous les impôts dus par ces entreprises, jusqu’à la reprise effectives des activités. « Les services de recouvrement des Impôts, en particulier celui du CME, ont lancé des ATD, bloquant sur les comptes des contribuables de manière indifférenciée. Que le secteur soit impacté ou pas. Il faut donc agir en urgence auprès de la DGID pour stopper les opérations. Sinon, ce seraient le coup de grâce pour certains d'entre nous », se plaignent-ils.

Timidité de la fréquentation des hôtels

Ailleurs, il a été constaté qu’étant en fin de l'Ordonnance Présidentielle, la situation de reprise des activités montre partout, une certaine timidité, en termes de fréquentation. Des échanges sur la situation sociale de ces établissements ont été faits le 26 Août 2020 dernier, pour mieux prendre en compte leurs préoccupations face à cette crise qui persiste.

A retenir que la résilience du tourisme grâce à la clientèle locale et, au plan de l’Aspt a été évoqué. De tous temps, les hôtels en dehors de Dakar, travaillent sur la Petite Côte avec la clientèle locale sur les vacances d’été, sur les week end durant l’année et sur les vacances intermédiaires.

Seulement, cette clientèle, dit-on, est habituellement complétée par la diaspora et les touristes. Cette année, de mi-mars à fin juin, les hôtels étaient fermés. Donc, ils ont fait 0 FCfa de chiffre d’affaires avec des charges fixes très importantes.

De fin juin à ce jour, seulement 25% des volumes de l’an passé sont réalisés dans les hôtels dits de loisirs. La clientèle résidente, reconnaît-on, est revenue dans les hôtels. Mais, les week end uniquement et pas tout le monde. Certains de ces clients ont toujours peur.
Etant en récession, les hôteliers constatent que le segment séminaire est quasi à l’arrêt. Et, de plus en plus les entreprises utilisent les systèmes de vidéo conférences. La diaspora n’est pas venue.

Alors les hôtels ne peuvent plus commercialiser toutes leurs chambres afin de garantir à la clientèle une distanciation. Concernant, les hôtels d’affaires ou de ville, hormis les restaurants qui recommencent timidement à fonctionner, les chambres ne se louent qu’à des compagnies aériennes qui se font rares.

Avec le Coronavirus, le tourisme mondial chiffre ses pertes à 320 milliards de dollars

Selon le baromètre publié par l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), la pandémie de coronavirus a provoqué des pertes de 320 milliards de dollars pour le tourisme mondial de janvier à mai 2020. "C'est plus du triple des pertes enregistrées au niveau des recettes du tourisme international pendant la crise économique mondiale de 2009", a-t-il estimé.

De janvier à mai, le nombre des touristes internationaux a chuté de 56% par rapport à la même période en 2019, ce qui représente 300 millions de visiteurs en moins. Malgré le lent redémarrage du tourisme, notamment dans l'hémisphère nord, "l'indice de confiance établi par l'OMT affiche des plus bas historiques", peut-on lire dans le communiqué.

Parmi les principaux risques encourus par le secteur, l'OMT cite "la recrudescence du virus et le risque de nouveaux confinements", ainsi que la situation de la Chine et des Etats-Unis, "au point mort". Alors que ces pays sont habituellement grands pourvoyeurs de touristes.

Début mai, l'OMT prévoyait une chute de 60 à 80% du nombre des touristes internationaux pour l'année 2020, avec des pertes pouvant atteindre au total 910 à 1.200 milliards de dollars. L'agence craint "la mise en danger de 100 à 120 millions d'emplois directs dans le tourisme".

Pas de retour de trafic aérien au niveau d’avant crise avant 2024

Le trafic aérien mondial ne retrouvera pas son niveau d’avant crise avant 2024, en raison des incertitudes sur les ouvertures des frontières qui pèsent sur les voyages internationaux.

« Nous estimons maintenant que le niveau de trafic de 2009 ne sera pas atteint avant 2024. Soit un an plus tard que ce que nous avions prévu précédemment », a déclara le responsable financier de l’Iata, Brian Pearce. Il a évoqué un rétablissement du trafic plus lent que prévu en mai et juin. Et, les incertitudes demeurent sur la levée des restrictions aux frontières.

Les hôteliers, laissés à eux-mêmes, dénoncent le mutisme du Ministre du Tourisme devant cette situation de matraquage économique. Ils estiment que l’opération de recouvrement déclenché avec des Avis à tiers détenteur, est une manière de les obliger à baisser les rideaux. Puisque, sans activité ni possibilité de recouvrer à leurs dettes, il serait difficile pour eux, de répondre aux exigences fiscales.

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