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Santé

Infertilité au Sénégal : jusqu’à 2,5 millions FCFA pour une FIV, un coût qui pénalise les couples

Rédigé par leral.net le Samedi 17 Octobre 2026 à 17:15 |

Au Sénégal, le coût élevé de l’assistance médicale à la procréation constitue un obstacle pour de nombreux couples confrontés à l’infertilité. Face à cette situation, les autorités sanitaires annoncent la mise en place d’un premier centre public dédié à la procréation médicalement assistée, avec des structures secondaires dans les régions.


Le coût des traitements contre l’infertilité demeure un frein majeur à l’accès aux soins au Sénégal. Selon le Professeur Philippe Moreira, gynécologue-obstétricien à l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye, une tentative de fécondation in vitro (FIV) avec micro-injection peut coûter jusqu’à 2,5 millions de FCFA. Les médicaments nécessaires au traitement peuvent, à eux seuls, représenter près de 800 000 FCFA.

Ces chiffres ont été présentés jeudi 15 octobre 2026, à Dakar, lors d’un atelier de partage consacré à la politique nationale de santé en matière de planification familiale, avec un accent particulier sur l’infertilité et ses conséquences sociales. La rencontre est organisée par l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD), en collaboration avec la Direction de la santé de la mère et de l’enfant (DSME).
D’après le spécialiste, ces dépenses restent difficilement accessibles à de nombreux ménages, d’autant que les assurances et les institutions de prévoyance maladie (IPM) ne couvrent pas ces traitements. À l’hôpital Dalal Jamm, une insémination artificielle est proposée autour de 50 000 FCFA, hors médicaments, dont le coût peut varier entre 100 000 et 150 000 FCFA.
Le Pr Moreira indique que l’infertilité représente entre 12 % et 15 % des consultations en gynécologie. Il rappelle qu’elle ne concerne pas uniquement les femmes et recommande aux couples de consulter après douze mois de rapports sexuels réguliers sans contraception, en l’absence de grossesse.
Les traitements dépendent des causes identifiées et peuvent inclure des médicaments, une intervention chirurgicale, une insémination artificielle ou une fécondation in vitro. Pour améliorer la prise en charge, le spécialiste plaide notamment pour un renforcement des équipements des structures publiques, une meilleure formation du personnel, un accompagnement psychologique et un accès plus large au financement des soins.
L’infertilité, un enjeu de santé et de société
Le directeur de la Santé de la mère et de l’enfant, le Dr Amadou Doucouré, a rappelé que la planification familiale ne se limite pas à la prévention des grossesses non désirées. Elle comprend également la prévention de l’infertilité et la lutte contre les infections sexuellement transmissibles.
Il a aussi attiré l’attention sur les conséquences psychologiques, sociales et économiques de l’infertilité, ainsi que sur la stigmatisation dont les femmes sont fréquemment victimes. De son côté, le président de l’AJSPD, Eugène Kaly, a souligné le rôle des médias dans la sensibilisation du public et la nécessité de privilégier une information fiable, sans titres sensationnels.
L’association prévoit d’ailleurs de mener, en 2027, plusieurs activités de sensibilisation dans différentes régions du pays. Le coordonnateur de la cellule de communication du ministère de la Santé, le Dr Amadou Sow, a également insisté sur l’importance de diffuser des informations vérifiées pour lutter contre la désinformation.
Un premier centre public de procréation médicalement assistée annoncé
Face aux difficultés d’accès aux traitements, le Dr Amadou Doucouré a annoncé la mise en place du premier centre de procréation médicalement assistée (PMA) au Sénégal, accompagné de structures secondaires dans les régions.
Des professionnels de santé ont déjà bénéficié de formations dans ce domaine. À l’hôpital Dalal Jamm, certaines prestations, notamment les analyses spermatiques et l’insémination artificielle, sont déjà disponibles.
Toutefois, le développement de l’offre publique reste conditionné au renforcement des infrastructures et des équipements, en particulier pour permettre la réalisation de fécondations in vitro avec micro-injection. L’objectif est de contribuer à une meilleure prise en charge de l’infertilité et de réduire les obstacles financiers auxquels sont confrontés les couples.




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