leral.net | S'informer en temps réel

Kédougou : une opération policière libère des victimes d'exploitation sexuelle et de travail forcé


Rédigé par leral.net le Jeudi 23 Juillet 2026 à 13:06 | | 0 commentaire(s)|

L’Antenne régionale de Kédougou de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a déféré, le 22 juillet 2026, deux individu(e)s au parquet du Tribunal de Grande Instance de Kédougou. Ces derniers sont poursuivis pour association de malfaiteurs, ouverture et exploitation d’un débit de boissons sans autorisation administrative, proxénétisme, traite de personnes par exploitation sexuelle et par le travail, ainsi que complicité de traite.

Les faits remontent au 20 juillet 2026. Alertée par une source anonyme, l’antenne régionale de la DNLT est informée de la présence d'une jeune fille d'origine nigériane, victime d’un réseau d'exploitation, dans le quartier de Lafia (Kédougou).

L'investigation initiale révèle un schéma criminel bien rodé :
La passeuse principale (basée à Kharakhéna) : A organisé le voyage clandestin de la victime depuis le Nigéria vers le Sénégal. Elle lui a imposé une dette fictive de 1 000 000 FCFA au titre des prétendu(e)s frais de transport. La complice/exploitante (basée à Lafia) : Propriétaire d’un bar clandestin flanqué de trois chambres attenantes, elle a pris en charge la victime transférée depuis Kharakhéna pour l’assujettir à la prostitution forcée.

Les gains issus de la prostitution étaient collectés par l'exploitante de Lafia, qui prélevait au passage un loyer mensuel de 30 000 FCFA, avant de retransférer le surplus à la passeuse de Kharakhéna via Mobile Money, en remboursement de la prétendue dette.

Forts de ces éléments, les agents de la DNLT ont immédiatement déclenché une opération d'intervention en deux étapes :
Première phase à Lafia : Les enquêteurs se sont rendus au domicile/bar de la première suspecte. Ils ont procédé à son interpellation ainsi qu'à la mise en sécurité de la jeune victime. Après notification de leurs droits (notamment le droit à l'assistance d'un avocat), la suspecte a été auditionnée. Elle a reconnu les faits, avouant percevoir une commission sur l'activité prostitutionnelle de la victime et transférer les fonds à sa complice de Kharakhéna. Elle s'est ensuite dite disposée à guider les forces de l'ordre.

Seconde phase à Kharakhéna : Grâce à cette coopération, les agents ont investi le domicile/restaurant de la tête du réseau. L'intervention a permis d'interpeller la passeuse principale ainsi que d'identifier une seconde victime de nationalité étrangère.

Conduite au siège du service et interrogée sous le régime de la garde à vue, la mise en cause principale a reconnu l'intégralité des faits sans ambages :
Sur la première victime : Elle a confirmé lui avoir réclamé la somme d'un million de FCFA. Elle avait déjà réussi à lui extorquer 700 000 FCFA (expédiés en partie à sa famille au Nigéria et utilisés pour ses besoins personnels), le reliquat s'élevant à 300 000 FCFA.

Soumise à une exploitation particulièrement violente, cette victime subissait une double peine sous prétexte d'amortir ses frais de voyage. Elle était contrainte à un travail forcé et non rémunéré dans le restaurant de 07h00 à 20h00, avant d'être forcée de se prostituer la nuit venue.

À l'issue des gardes à vue et de la clôture de la procédure d'enquête préliminaire, l'ensemble des mis en cause a été présenté devant l'autorité judiciaire pour l'engagement des poursuites pénale.

La Police est et reste mobilisée pour vous protéger et invite ainsi la population à contacter gratuitement le 800 00 17 00 pour toute information utile.

Mame Fatou Kebe