Leral.net - S'informer en temps réel

Khadiyatoulah Fall : la prochaine DPG doit privilégier la crédibilité sur l'éloquence

Dans une tribune publiée par Le Soleil, l'auteur appelle le Premier ministre à clarifier le cap, les responsabilités et les conditions de l'action publique

Rédigé par leral.net le Samedi 5 Septembre 2026 à 11:06 | | 0 commentaire(s)|

Alors que le Sénégal traverse des tensions politiques, des contraintes économiques et une urgence sociale, la prochaine Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre est attendue comme un moment charnière. Dans une tribune publiée par Le Soleil, l'universitaire Khadiyatoulah Fall estime que cet exercice, traditionnellement perçu comme un temps fort d'éloquence politique, devra désormais répondre à une exigence plus forte : celle de la crédibilité.


La Déclaration de politique générale (DPG) est un rendez-vous institutionnel attendu, au cours duquel le chef du gouvernement expose devant les représentants de la nation les grandes orientations de son action. Dans une tribune publiée par Le Soleil, Khadiyatoulah Fall revient sur les enjeux de cet exercice, qu'il replace dans le contexte actuel du Sénégal, marqué selon lui par des tensions politiques, des contraintes économiques et une urgence sociale.
L'auteur rappelle que la DPG est souvent perçue comme un grand moment d'éloquence politique, où le Premier ministre doit exposer un cap, rassurer les citoyens et mobiliser les forces vives autour d'un projet commun. Cette dimension oratoire, historiquement centrale dans ce type d'exercice, resterait toutefois insuffisante face aux défis actuels du pays, selon la tribune.
Une exigence de lisibilité Selon Khadiyatoulah Fall, la parole du Premier ministre devra permettre de rendre lisibles trois éléments essentiels : le cap fixé pour l'action gouvernementale, les responsabilités qui incombent aux différents acteurs, et les conditions concrètes dans lesquelles cette action pourra être mise en œuvre. Cette exigence de clarté dépasserait, toujours d'après l'auteur, le simple registre de la conviction rhétorique pour s'inscrire dans une logique de résultats vérifiables.
La tribune souligne ainsi un glissement dans les attentes formulées à l'égard de cet exercice : il ne s'agirait plus seulement de convaincre par le discours, mais de poser les bases d'une action publique dont la mise en œuvre pourra être suivie et évaluée par les citoyens.
Un contexte national sous tension Le contexte dans lequel s'inscrit cette réflexion n'est pas anodin. L'auteur évoque des tensions politiques persistantes, des contraintes économiques qui pèsent sur les marges de manœuvre de l'État, ainsi qu'une urgence sociale qui touche une partie de la population. Ces éléments, pris ensemble, formeraient le cadre dans lequel la prochaine DPG devra être prononcée et reçue.
Dans cette perspective, la crédibilité de la parole gouvernementale apparaîtrait comme une condition presque plus déterminante que la capacité à convaincre dans l'instant. Un discours jugé habile mais déconnecté des réalités vécues par les citoyens risquerait, selon cette analyse, de ne pas produire l'adhésion recherchée.
L'art de convaincre face à l'obligation de résultats Le titre même de la tribune, qui oppose « l'art de convaincre » à « l'obligation de crédibilité », résume la tension que l'auteur entend mettre en lumière. D'un côté, la tradition rhétorique de la DPG, qui valorise la capacité du Premier ministre à porter un discours mobilisateur. De l'autre, une exigence nouvelle, dictée par le contexte, qui impose que ce discours soit adossé à des engagements clairs et vérifiables.
Cette contribution s'inscrit dans le débat plus large sur la manière dont la parole publique doit évoluer pour répondre aux attentes citoyennes, dans un environnement où la confiance envers les institutions constitue un enjeu central de la vie politique nationale.