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La ‘’Tamkharite’’, fête de la bienfaisance et de la générosité

La ‘’Tamkharite’’ est le nom donné à la Achoura qui correspond au dixième jour du mois de Mouharram (premier mois du calendrier lunaire islamique). Fête de la bienfaisance et de la générosité envers la famille, les parents, les orphelins et les déshérités.


Rédigé par leral.net le Vendredi 29 Septembre 2017 à 13:45 commentaire(s)|


Jour de jeûne facultatif, la ‘’tamkharite’’ célébrait, à l’origine, la libération des enfants d’Israël de l’oppression de Pharaon ainsi que le repentir d’Adam chassé du Paradis, le salut de Noé, d’Abraham et de Moïse sauvé des eaux du Nil, comme la sortie de Jonas du poisson.

La ‘’tamkharite’’ qui marque le début de l’année musulmane, est une occasion de prières avec ferveur, de festin avec le « Thiéré bassi » mais aussi et surtout, de carnaval avec le ‘’tadiabone’’ qui constitue un grand moment d’évasion.

Cette fête est essentiellement culturelle à travers les pratiques inspirées des us et coutumes du prophète Mohamed (Psl).

Il est recommandé à l’occasion de cette fête, de se maquiller le contour des yeux avec du khôl, de rendre visite aux orphelins et aux malades, de couper ses ongles… Autant de pratiques qui renvoient à la solidarité, au partage et à la compassion.

A côté de cet aspect coutumier, il y a un autre aspect très important pour les femmes à savoir la préparation du «Thiéré bassi salté», plat recommandé à cette fin. Ce délicieux plat à base de couscous de mil est enrichi de petites boulettes de viande, de raisins secs, de haricots blancs… avec une sauce tomate à la viande.

On tue des bœufs dans les quartiers et chaque famille prend sa part, pour préparer un bon couscous. Ce repas qui doit être prêt le plus tôt possible (celui qui mangerait le premier recevra les bienfaits de Dieu) est distribué en partie, aux voisins et amis.

Il est recommandé durant ce festin de manger autant que l’on peut. En fait, selon la coutume, celui qui ne s’est pas rassasié en cette occasion, ne le sera jamais pour le restant de la nouvelle année qui pointe. La gourmandise est de fait, érigée en principe. Une façon d’aiguiser les appétits et d’inciter les gens à se donner à cœur joie au «Thiéré ».

Les membres de la famille dans chaque concession mangent au milieu de la maison. Après le repas, on fait un tas de sable là où était posé le bol. A tour de rôle chaque membre de la famille soulève le bol qu’il laisse tomber plusieurs fois sur le tas de sable en formulant ses souhaits. Après cela, une poignée de couscous est posée sur le bol qui reste renversé.

Le lendemain matin, le couscous est mélangé avec de l’eau, une bague en argent et une pierre noire. Toute la famille doit se laver la figure avec ce mélange ; cela permet selon la tradition, de ne pas avoir la conjonctivite durant toute l’année nouvelle. On évite aussi que le couscous touche aux nouveau-nés, car cela leur donnerait des boutons sur le corps.

Le ‘’tadiabone’’

Les jeunes, pour leur part, mettent plus l’accent sur une autre dimension de la tradition bien de chez nous, le « tadiabone ». Les garçons se déguisent en filles et les filles en garçons. Ils parcourent les rues en chantant et en dansant, font le tour des maisons pour demander des étrennes et reçoivent en contrepartie, des denrées ou de l’argent.

C’est une nuit bien longue où tout le monde s’amuse comme des fous. Mais souvent, des esprits malintentionnés en profitent pour chaparder.

Après une soirée remplie, c’est la matinée des prières dans les mosquées et certaines maisons. Des versets sont prononcés par les imams et répétés en chœur par les fidèles. Ces versets chassent le mauvais sort, implorent le pardon et procurent une longévité.

En définitive, le nouvel an musulman qui est une occasion pour passer un bon moment en famille, porte l’empreinte de grandes festivités mais aussi et surtout, d’une période d’émulation dans la préparation du « thiéré bassi saleté ». Le carnaval ou encore « tadiabone », pour sa part, constitue sans doute un patrimoine à la fois riche et humoristique, qui se perpétue de génération en génération.



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