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Macky Sall: "J'ai demandé au président Barrow de nous soutenir pour la recherche de paix en Casamance, ce qu'il a accepté"


Rédigé par leral.net le Vendredi 3 Mars 2017 à 08:31 | | 0 commentaire(s)|

Le président gambien est arrivé à Dakar pour une visite officielle jusqu'à samedi au Sénégal, sa première à l'étranger depuis sa prise de fonctions.

Le Sénégal et la Gambie ont décidé jeudi de relancer leurs relations, notamment pour favoriser la paix et lutter contre les trafics dans le Sud du Sénégal, à l'occasion de la visite à Dakar du nouveau Président gambien Adama Barrow

La visite du président gambien vise à donner "un nouveau départ" à notre coopération pour "un niveau de relations jamais atteint", a déclaré le chef de l'Etat sénégalais Macky Sall, lors d'une conférence de presse commune avec M. Barrow, quelques heures après son arrivée.

"J'ai demandé au président Barrow de nous soutenir pour la recherche de paix en Casamance, dans le sud du Sénégal, "ce qu'il a accepté", a affirmé M. Sall. "Les trafics, de bois, de drogue, qui causent l'insécurité, nous y mettrons un terme" pour notamment "éviter la destruction de la forêt casamançaise", a-t-il ajouté.

Dakar et Banjul vers "un niveau de relations jamais atteint"

La Casamance, séparée du nord du Sénégal par la Gambie, est confrontée à une rébellion indépendantiste depuis 1982 et subit en outre, une déforestation à cause notamment de trafiquants de bois qui viennent de Gambie.

J'ai demandé au président Barrow de nous soutenir pour la recherche de paix" en Casamance, dans le sud du Sénégal, "ce qu'il a accepté"

 

Dakar a été à la pointe des pressions diplomatiques et surtout militaires de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour contraindre le prédécesseur de M. Barrow, Yahya Jammeh, à lui céder le pouvoir.

M. Jammeh, ayant dirigé la Gambie d'une main de fer plus de 22 ans, avait refusé six semaines durant d'admettre sa défaite à l'élection présidentielle du 1er décembre 2016.

Par crainte pour sa sécurité et à la demande de la Cedeao, Adama Barrow avait été accueilli le 15 janvier à Dakar, où il a prêté serment à l'ambassade gambienne quatre jours plus tard. Il a regagné Banjul le 26 janvier.

Durant sa présidence, Yahya Jammeh a été accusé par des officiels et la population sénégalais de soutenir la rébellion sénégalaise.

"La paix en Gambie est la paix au Sénégal. La paix au Sénégal est la paix en Gambie. Naturellement, nous trouverons un accord en matière de sécurité", a affirmé M. Barrow.

La paix en Gambie est la paix au Sénégal. La paix au Sénégal est la paix en Gambie. Naturellement, nous trouverons un accord en matière de sécurité"

"Nous n'allons plus accepter que la fraude (sur le bois) continue. Tout doit se faire dans les règles", a-t-il ajouté, affirmant que la Gambie et le Sénégal étaient "deux pays jumeaux".

Les deux chefs d'Etat se sont également engagés à finir la construction du pont sur le fleuve Gambie, un projet vieux de plusieurs décennies.

A l'exception de sa façade Atlantique, la Gambie, ex-colonie britannique de moins de deux millions d'habitants, est totalement enclavée dans le Sénégal, ex-colonie française de près de 15 millions d'habitants.

Les Etats gambien et sénégalais ont toujours eu des relations compliquées mais leurs habitants ont en commun des langues, des origines ethniques et familiales, des relations professionnelles et commerciales.

"Cette visite marque la nouvelle dynamique des relations entre les deux pays, suite au changement intervenu en Gambie", avait affirmé la présidence sénégalaise dans un communiqué diffusé, mercredi soir.