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Macky Sall ou les ruptures et paradigmes d’une nouvelle gouvernance


Rédigé par leral.net le Mardi 19 Septembre 2017 à 08:54 | | 0 commentaire(s)|

Au lendemain de sa retentissante victoire du 25 mars 2012, le Président Macky Sall nouvellement élu, a hérité d’un pays, où tout est urgence. Un pays aux institutions en déliquescence pour cause de fragilité d’un système malmené par des interventions intempestives sur la Constitution.

Un tripatouillage qui a atteint son paroxysme le 23 Juin 2011, avec le forcing parlementaire pour l’instauration de la vice-présidence et l’élection du Président de la République avec 25% des suffrages exprimés. En 2012, lorsque le Président Macky Sall prêtait serment, la situation économique du Sé- négal était caractérisée par : - un taux de croissance morose du PIB à 3,5 % - un déficit budgétaire à hauteur de 7,4% du PIB - un ralentissement de l’activité industrielle exacerbé par des contre-performances - une hausse de l’encours de la dette évalué à 3.076 milliards - une régression de 12 places dans le classement du Doing Business confortant le dé- faut d’attractivité de notre environnement des affaires.


Ce passif socio-économique lourd, marqué par un déficit de trésorerie de 149,492 milliards au mois d’avril 2012, imposait de profondes ruptures dans la nouvelle gouvernance du pays. A l’occasion de sa première adresse officielle à la Nation, le 03 avril 2012, le Président Macky Sall exposait la tonalité de la rupture. « Cette occasion historique constitue pour nous tous, un nouveau départ pour une nouvelle ère de ruptures en profondeur dans la manière de gérer l’Etat au plan institutionnel et économique». L’option du Président Macky Sall était très claire : « servir et non se servir ».

Le nouveau paradigme de gouvernance proposé par le Chef de l’Etat s’articulait autour d’une formule : « Gouverner autrement ». C’est-à-dire, «bannir les passe-droits, le favoritisme et le trafic d’influence ; mettre l’intérêt public au-dessus de toute autre considération et traiter tous les citoyens avec la même dignité et le même respect. En outre, l’Etat et ses démembrements devraient réduire leur train de vie tout en restant performants. Ainsi, afin de rationaliser nos dépenses budgétaires, éviter la dispersion de nos faibles moyens et revenir à l’orthodoxie administrative, j’ai décidé de ramener au strict minimum nécessaire la pléthore des Agences».


Ce modèle de rupture était guidé par un souci permanent de «transparence et de responsabilité dans la gestion vertueuse des affaires publiques ». Une innovation de taille confortée par la décision du Président Macky Sall de mettre à sa charge «l’obligation de dresser les comptes de la Nation et d’éclairer l’opinion sur l’état des lieux». Cette posture présidentielle devait restituer aux organes de vérification et de contrôle de l’Etat, la plénitude de leurs attributions. «Dans le même sens, l’assainissement de l’environnement des affaires et la lutte contre la corruption et la concussion me tiennent particulièrement à cœur.

A tous ceux qui assument une part de responsabilité dans la gestion des deniers public, je tiens à préciser que je ne protégerai personne. Je dis bien personne ! J’engage fermement le Gouvernement à ne point déroger à cette règle». Le Président Macky Sall venait de donner un sacré coup à la gangrène de l’impunité face à l’ampleur des attentes exprimées par les populations au soir du 25 mars 2012, en matière d’éducation, de formation professionnelle et d’emploi.


Les urgences étaient nombreuses et les attentes pressantes. «Il y avait urgence, dans nos villes et nos banlieues, de lutter contre le chômage, les inondations, l’insécurité et la paupérisation ; dans le monde rural à prendre en charge les besoins en matière d’infrastructures, d’accès à l’eau potable, à l’électricité et aux services sociaux de base. Il y avait urgence à agir dans les secteurs de la pêche et de la santé publique. Enfin, il y avait urgence à agir pour la prise en charge de la demande sociale, par la réduction des prix des denrées de première nécessité ; notamment le riz, le sucre et l’huile».

Des mesures hardies ont été énoncées le 12 Avril 2012, lors de la 1ère réunion du Conseil des ministres. Sous le sceau de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption, le Président Macky Sall a annoncé la mise en place d’un groupe de travail chargé « d’évaluer l’existant et de formuler des propositions de réaménagement des textes législatifs et réglementaires ainsi que des mesures permettant aux institutions chargées de la lutte contre la corruption, le détournement de biens publics, le recel de biens publics ou l’enrichissement illicite, de remplir pleinement et sans entrave leurs missions ».


Et concomitamment, il a été décidé «l’identification urgente des transactions, marchés, actes et décisions administratifs nécessitant le déclenchement d’inspections et d’audits». A cet effet, le Président Macky Sall s’est voulu clair : « Il ne s’agit pas de l’audit d’un régime, mais celui d’une gestion » Cette volonté de rupture du Président Macky Sall n’était pas un simple slogan, comme il l’a rappelé dans les colonnes du Magazine Jeune Afrique. «C’est un comportement, celui que les dirigeants de ce pays doivent adopter. Humilité, sobriété et rigueur doivent régir notre action politique.

Je vous assure qu’il s’agit bien là d’une rupture profonde, avec les pratiques en vigueur sous mon prédécesseur… Avec moi, tout va changer». Le premier acte posé par le Président Macky Sall a été sa déclaration de patrimoine, suivie de celle de tous les ministres et des présidents d’institutions. Le Président Macky Sall s’est voulu formel : «les Sénégalais ont réclamé une gouvernance plus vertueuse, plus éthique. Nous avons l’obligation de rendre des comptes, de réduire le train de vie et les dé- penses naguère somptuaires de l’Etat ».


Ainsi, au-delà de la réduction du gouvernement à vingt-cinq (25) membres, le Président Macky Sall a engagé d’autres mesures fortes : - la vente du second avion de la présidence - La suppression de plus de 60 agences et directions nationales - l’abrogation de la convention de concession passée entre l’Etat du Sénégal et la société MTL Infrastructures et Services S.A. portant sur les appels entrants Par ailleurs, dans un souci de rationalité administrative, il a instruit le Gouvernement a procéder à d’importantes mesures : • suppression des voyages en première classe pour toutes les autorités publiques • limitation stricte des missions à l’extérieur

• recensement exhaustif du parc automobile de l’Etat et restitution des véhicules détenus de manière irrégulière • inventaire exhaustif des locaux conventionnés par l’Etat et résiliation des contrats pour ceux occupés irrégulièrement • recensement des immeubles appartenant à l’Etat et établissement de la situation de leur occupation, en vue de leur attribution dans des conditions régulières et transparentes • inventaire des immeubles de l’Etat cédés dans des conditions irrégulières ou de non transparence


• résiliation de toutes les lignes téléphoniques utilisées par des non ayants-droits • rationalisation de la gestion des lignes télé- phoniques dans l’Administration, avec la mise en place de restrictions pour les bénéficiaires et la définition de plafonds pour les abonnements • rationalisation des contrats spéciaux • mise en œuvre d’opérations de contrôle des effectifs des personnels de l’Administration publique. • l’état des lieux sur les conditions d’octroi des terres à des privés. L’ampleur de la tâche commandait la nécessité d’une nouvelle dynamique programmatique pour conduire ces changements afin de dégager le nouveau profil socio-économique du Sénégal, sous la seconde alternance. 
 



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