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Manque d’engrais, insuffisance de semences, pause pluviométrique, insectes ravageurs…: Des paysans prédisent de très mauvaises récoltes

Des acteurs du monde rural parlent d’ores et déjà d’échec de cette saison agricole. Selon eux, en plus du manque persistant d’engrais qui a affaibli les cultures, au point qu’une bonne partie des récoltes est perdue avant d’arriver à terme, la pause pluviométrique aggrave la situation des paysans. Il s’y ajoute l’insuffisance des semences décriée en début de saison. Ces agriculteurs prédisent de très mauvais rendements, synonymes d’installation de la faim en zone rurale. Pis, s’étant endettés pour l’achat d’intrants, ils se demandent avec angoisse comment vont-ils bien pouvoir solder leurs dettes. "Le Témoin"


Rédigé par leral.net le Mardi 5 Octobre 2021 à 12:57 | | 0 commentaire(s)|

Manque d’engrais, insuffisance de semences, pause pluviométrique, insectes ravageurs…: Des paysans prédisent de très mauvaises récoltes
Cette saison agricole s’annonce mal, très mal même pour les paysans du bassin arachidier. En effet, dès le début de celle-ci, il avait décrié le manque de semences et d’engrais, c’est-à-dire des intrants indispensables pour réaliser de bonnes cultures. Comme si cela ne suffisait pas, il y avait eu des spéculations autour de l’arachide, qui avaient conduit à la baisse du prix du Kg de la graine, faussant le calcul des pauvres agriculteurs.

Lesquels prévoyaient, comme chaque année, d’utiliser l’argent issu de la vente de leurs graines, pour acheter des aliments complémentaires et de l’engrais. Pour couronner le tout, non seulement la pluie a tardé à tomber mais encore les précipitations n’ont pas été à la hauteur des espèrances, puisque notre pays fait face à une pause pluviométrique dont on ne sait pas quand est-ce qu’elle prendra fin.

Tous ces facteurs font que le monde rural se trouve dans un gouffre profond, selon des acteurs ruraux, qui prédisent d’ailleurs une très mauvaise récolte. Selon le secrétaire général du Syndicat national des cultivateurs, éleveurs et maraîchers, Tamsir Ndiaye, ce qui a été le plus dur à supporter, c’est l’inexistence de l’engrais, surtout celui destiné à la culture du maïs.

Pour lui, c’est une catastrophe quand on sait que le maïs est une culture dont dépendent des milliers de ménages dans le monde rural et même dans les grandes villes. Dès lors, estime-t-il, « les autorités auraient dû prendre des dispositions sûres avant que l’on en arrive à une crise alimentaire dans les zones rurales du bassin arachidier car, avec la pause pluviométrique et ce manque d’engrais, nous allons vers un très faible rendement agricole ».

30 % des cultures ont pourri avant même les récoltes finales

La situation est d’autant plus catastrophique que, selon le patron dudit syndicat, les départements de Kaolack, Kaffrine, Nioro et même de Tambacounda, sont confrontés à une incertitude par rapport aux prochaines récoltes.

En effet, d’après lui, la plupart des graines d’arachides, de mil et de maïs ont été perdues après avoir été semées faute d’engrais. Face à cela, Tamsir Ndiaye explique que beaucoup de paysans ont été obligés de semer à nouveau, alors que la pluie ne tombe presque plus, ce qui est très défavorable, surtout pour le mil qui a besoin d’une bonne quantité d’eau pour tenir et mûrir.

Bref, d’après notre interlocuteur, aussi bien pour l’arachide, pour le mil que pour le maïs, les récoltes ne seront pas à la hauteur des attentes des agriculteurs. L’engrais étant devenu presque invisible sur le marché, le sac de 50 kg, lorsqu’on parvient à en trouver, se vend à 17 mille francs Cfa, ce qui est hors de portée de la plupart des ruraux.

Selon le Syndicat national des paysans du Sénégal, par la voix de son secrétaire général, Tamsir Ndiaye, le pire serait à venir, en ce sens que les paysans avaient contracté des dettes auprès des banques pour acheter des intrants. Et du moment que les récoltes sont parties pour être très faibles, bonjour les problèmes car, les structures financières ne leur feront pas cadeau. Pour ce qui est d’une éventuelle aide devant venir des autorités, Tamsir Ndiaye dit ne « rien espérer des gouvernants, qui ne sont brillants que dans la politique politicienne ».

Revenant sur les dégâts enregistrés cette année dans le secteur agricole, celui qui est surnommé « l’homme de Dinguiraye » martèle que « plus de 30 % des récoltes sont perdues car, avec le manque d’engrais pour les cultures, une bonne partie des semis a pourri ».

Ce n’est pas tout à l’en croire puisque, prédit-il, le monde rural va souffrir de faim en raison des mauvaises récoltes attendues. « C’est un échec », conclut-il. D’autres paysans, en plus des manquements dénoncés par le secrétaire général du Syndicat national des cultivateurs, éleveurs et maraîchers, font état de la présence d’insectes ravageurs qui dévorent les cultures affaiblies par le manque d’engrais.



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