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Mon cri de cœur (par Coumba Kane Sall)

Fondatrice du groupe scolaire La Pointe des Almadies, je me rends à mon lieu de travail tous les matins pour remplir ma mission, avec passion et intérêt :


Rédigé par leral.net le Mardi 6 Avril 2021 à 14:27 | | 3 commentaire(s)|

Mon cri de cœur (par Coumba Kane Sall)
• Une mission d’enseignante
• Une mission d’éducatrice
• Une mission d’encadrement
• Une mission de protectrice et de lanceuse d’alertes.

Nous devons avoir à l’esprit que le futur de notre nation dépend en grande partie de l’éducation que nous donnons à nos enfants et petits-enfants, car comme disait Marie Curie, « vous ne pouvez pas espérer construire un monde meilleur sans améliorer les individus ».

L’Éducation doit donner à l’enfant les codes pour la vie en société, avec des règles basées sur le respect, la discipline, la tolérance, la courtoisie, entre autres.

L’Éducation à l’africaine que nous connaissions n’était pas seulement dévolue aux parents, mais la société toute entière avait son rôle à jouer.

En tant qu’institution scolaire, nous venons en complément de cette éducation que reçoivent les enfants, en les instruisant, c’est-à-dire en leur apprenant à lire, écrire, compter, bien parler mais aussi, en leur apportant des connaissances en sciences, histoire, géographie, langues, etc.

Notre mission dans la formation quotidienne de ces jeunes âmes se termine au son de cloche, qui annonce la fin des cours, pour passer le témoin à la Société qui prend le relais.

Mon propos, dans la suite de ce texte, est un cri de cœur, un cri de colère contre toutes les agressions en général et plus particulièrement celles verbales et visuelles que les enfants que nous formons, subissent à longueur de temps, dès leur sortie de l’école.

Les événements douloureux que nous venons de vivre ces dernières semaines, ont encore accentué cette violence que nous avions déjà constatée depuis un certain temps.

En cela, je m’indigne au plus haut point, sur le fait que des responsables ou pseudo responsables se donnent la liberté dans des émissions de grande écoute, d’utiliser un langage cru, voire obscène, pour exprimer leurs idées. C’est d’autant plus révoltant que rares sont les personnes qui s’en offusquent.

J’interpelle les médias sur leur rôle dans l’éducation de nos enfants.
De manière récurrente, certains médias, au nom de la course à l’audience ou au buzz, font la promotion de la médiocrité et des contre-valeurs.

Ces médias concourent à pervertir l’esprit des enfants, en donnant la parole à des personnes sans aucune retenue, mais encore à d’autres dont le passé peu glorieux ne plaide pas en leur faveur et qui sont loin d’être de bons exemples.

S’il est vérifié que c’est en affichant des titres racoleurs ou en utilisant des termes choquants voire vulgaires qu’on attire l’attention du lecteur ou du téléspectateur, alors je pourrais dire en toute détresse, que nous avons failli dans la formation et dans l’éducation de toute une frange de la population.

J’invite les groupes de presse à bien choisir leurs invités, à nous présenter des personnes qui savent écouter, qui savent répondre avec des arguments ; en d’autres termes, des personnes qui savent ce qu’est un débat respectueux. Aristote disait : « Seul un esprit éduqué peut comprendre une pensée différente de la sienne sans la cautionner pour autant. »

J’exhorte les médias à revoir leur grille de programmes dont la majeure partie n’apporte aucune plus-value ni dans l’éducation, ni dans l’instruction des enfants.

Sur les plateaux télé, l’école et les enfants devraient avoir leur place à travers des émissions d’éducation civique, de morale, de culture générale, de contrôle de connaissances, des émissions sur le patrimoine culturel sénégalais et au sens large, Africain, etc.

J’attire votre attention sur les dommages que certains programmes peuvent causer et sur la manière dont des émissions télé peuvent saper les efforts que parents et écoles font à longueur d’année, pour l’éducation et l’instruction des jeunes.

J’attire l’attention des enseignants sur leur image et sur le comportement qui doit être le leur à l’école, dans les médias et dans la vie de tous les jours.

J’interpelle les parents sur la portée du langage qu’ils utilisent devant leurs enfants et je les invite à plus de responsabilité. L’enfant reproduit les choses par imitation, d’où la nécessité de lui montrer les bons exemples.

J’attire aussi leur attention sur les mots, expressions voire insultes que pourrait utiliser le personnel de maison et que les enfants pourraient répéter sans en mesurer la gravité.

J’attire enfin leur attention sur un fait avéré : l’accès à internet, notamment à travers les écrans tactiles, est une porte privilégiée sur le monde de la perversion.

Nous devons être conscients que nous sommes les seuls artisans dans la construction de notre société de demain, mais nous en sommes aussi les potentiels destructeurs.

Si nous voulons une société meilleure, une société de valeurs, nous devons alors, dès aujourd’hui, offrir aux enfants des repères puissants afin qu’ils puissent s’en inspirer.

Notre rôle d’Éducateurs n’aurait aucune raison d’être, si notre détresse et notre cri de cœur n’étaient pas entendus par nos différents partenaires.

Nelson Mandela disait : « L’Éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. »

J’invite donc tous les Sénégalais à une prise de conscience collective face à toutes ces dérives, dont les principales victimes sont, sans aucun doute, ces enfants qui sont appelés à être nos futurs dirigeants.





Coumba Kane Sall

Inspectrice de l’enseignement à la retraite
Fondatrice du groupe scolaire la Pointe des Almadies



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